Le photographe Tiery B. à La Mutualité, à Paris

Du 30 mai au 3 juin 2012
Qui est Tiery B. ?
Tiery B. est né en 1973 dans l’Est de la France.
Après des études de philosophie, il écrit un premier ouvrage (Le Frère préféré – Editions Héloïse d’Ormesson), puis voyage. Ce qui l’amène à la photographie. En simple visiteur d’abord. Mais dès 2000 et jusqu’en 2007, ce travail photographique se substitue à l’écriture. Mieux : il la prolonge. Un album paraît en 2008 aux éditions du Cercle d’art en même temps que se tient sa première exposition à la galerie Pierre-Alain Challier.
Tiery B. amorce alors un journal intime aux traits trompeurs (c’est parfois sous le personnel qu’on découvre le plus impersonnel), avec ses séquences, son découpage quasi cinématographique. Une sorte de cinéma immobile animant des images qui en aucun cas, selon Roland Barthes, ne sauraient en elles-mêmes être vivantes. Des fragments de vie truffés d’indices de voyage – les bonnes photos se faisant aussi bien ici que là-bas -, d’errances, de contemplation, de rencontres fortuites ou plus privilégiées, d’amours importantes mais qui ne sont jamais qu’une tentative vaine d’oubli d’un frère d’élection.
Sa première source d’inspiration : le désir. Les sentiments prennent le pas sur les objets. Il crée un climat plus qu’une histoire. Il invite à un voyage vers l’oubli et incite à la jouissance du présent. D’où un certain érotisme. En tout cas une approche très personnelle et un travail d’artiste qui ne se contente pas de reproduire ce qui existe, de révéler ce qui est, mais le transforme, le sublime. Sans exagération.
Le résultat ? Les photographies de Tiery B. offrent des visions sereines, spontanées, parfois irréelles, voire floues, mais jamais manipulées ni dénaturées par la technique. Des images pensives et silencieuses, sans effets de modernité, qui font mouche et nous touchent. A commencer par l’érotisation du monde vu par Tiery B. Un monde sans doute meilleur, où la frontière entre érotisme et pornographie est mince. Quasi invisible. Sans pour autant choquer ou déranger. L’érotique devient poétique, quand le porno flirte avec le beau.
Absence de frontière aussi entre abstraction et figuratif. Tiery B. refuse de choisir entre les deux. Son seul objectif : parvenir à une esthétique de la vie. Sa démarche prouve que l’intime peut se vivre autant qu’il se représente. Sans fantasme ni frustration. Sans nostalgie non plus. A force de talent, le vif et l’exprimé ne font qu’un.
Categorie: Art Contemporain








