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LE QUARTIER DE LA LUMIERE de Inio Asano (Made in)

[ 0 ] 06/06/2009 |

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C’est avec une virginité innocente et inexpérimentée que je me suis risqué à aborder le monde du comics japonais – incarné ici par Inio Asano déjà Publik’-plébiscité (Solanin, Le champ de l’arc en ciel). Une chance inouïe que de se procurer un one shot dans un univers de mangakas pressurés à la vélocité non quantifiable tant elle dépasse les limites du système métrique. Une chance provoquée par un Spécial price remporté sur un website de bonne facture dont j’ai oublié la Publik’dénomination.

Le très jeune Inio (on peut le dire, est de la même année que moi !) nous offre un peu plus de 200 pages structurées sous forme de chapitres tous imbriqués autour d’un quartier dont les tours froides s’érigent en maître. Une construction très originale qui met bas à des jeunes en déperdition ou en quête de self-compréhension. Le jeune Tasuku, abandonné à lui-même, s’adonne à des pratiques amorales à la rétribution probablement dérisoire mais vitale et se lie fatalement à la petite Haruko – perdue et anéantie par un mal mystérieux. On citera aussi le sourire sordide et malformé de Hôichi qui vit avec le oisif castré Satoshi apeuré et reclus avec la très jeune Momoko, muette face à un futur au vide angoissant. D’autres Tokyoites de la jeune génération viennent s’illustrer pour faire circuler l’air du quartier étouffant et transporter un monument de phéromones sensitifs à l’émotion contagieuse.

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Inio Asano couche sur papier une remarquable magie vivante à l’implication interpellante. Le lecteur arrive à palper le malaise émanant de ce quartier baignant dans une lumière divine sous une chaleur démoniaque. Un Tokyo loin des clichés de la modernité écrasante et humanisée au contexte rassurant de la réussite technologique. Personnellement, j’ai senti à travers ces planches une obsession du béton et de la déshumanisation de l’individu comme chez Tsukamoto au cinéma. Une force noire aussi présente qu’anihilante à l’espèce humaine – toujours plus mouvante à l’éthique et l’évolution diformes et surtout antinaturelles.

C.

cool

Au fait, le website de qualité, ça m’est revenu : on l’appelle Publik’Art, allez faire un tour – vous ne risquez pas d’être déçus, ça grouille de bonnes gens !


Commentaires (0)

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  1. avatar E. dit :

    Et ben voilà ! Si tu as aimé ce one shot, tu adoreras Solanin qui est pour moi le meilleur d’inio (en deux tomes par contre).
    Content que ça t’ai plu en tous cas !
    Merci pour la dédicace à Publik’Art :) et pour cette critique au moins aussi torturée que l’oeuvre ;)

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