Les 3 Royaumes – John Woo
A l’occasion de la sortie récente du DVD aux magnifiques éditions HK (mais quelque peu onéreuses), on revient sur ce film qui marqua l’histoire du cinéma chinois !
L’Histoire des trois royaumes comme chacun le sait déjà, fait partie du patrimoine Historique de l’Asie comme étant le roman le plus populaire de la littérature chinoise écrit dans le courant du quatorzième siècle. Il conte la fin de la dynastie Han et l’épopée conquérante des trois royaumes ayant coexisté de 220 à 265 : Wu, Shu et Wei. Trois royaumes qui s’affrontèrent sur tous les plans. Guerre de pouvoir qui appela une guerre d’alliances et de désalliances. Les 3 royaumes, c’est donc d’abord un roman qui fait la part belle aux stratèges en cette période de trouble où l’équilibre des forces n’avait pas sa place.
Cette Histoire a fait l’objet de nombreuses adaptations en Asie, notamment au Japon par le biais d’innombrables mangas dont le récent Lord (encore en cours de publication). Elle a longtemps été le scénario rêvé par John Woo, le très célèbre réalisateur chinois (The Killer, Le Syndicat du crime mais aussi Volte-face, Broken Arrow, Mission impossible 2, Windtalkers…) émigré à Hollywood depuis le début des années 90. Et voilà qu’enfin, le réveil du Grand Empire du Milieu associé à la bienveillance du producteur Terence Chang plonge à nouveau « le réalisateur aux colombes » dans ce projet fantasmagorique. La Chine en profitera pour en faire son étendard du septième art: elle montre par là qu’elle peut rivaliser avec les grosses productions hollywoodiennes. Car Les 3 royaumes c’est aussi un record chinois en terme de chiffres avec une production évaluée à quelques 98 millions de dollars (contre les 317 millions de Pirates des Caraïbes 3 le film le plus cher de l’histoire du cinéma). On imagine également le nombre d’entrées en Chine… D’autant que le film est sorti en deux volets de plus de deux heures chacun, contrairement à notre vieux continent…
S’il était déjà écrit, le scénario est très bien adapté. La réalisation ne s’attache qu’à un détail de l’Histoire des 3 royaumes et permet donc de traiter le sujet convenablement. L’erreur aurait été de vouloir mixer le tout. John Woo, spécialiste des scènes d’actions retrouve dans ce film des sensations d’antan en utilisant les bonnes vieilles combines qui ont fait la réputation des films traditionnels asiatiques: j’ai nommé « l’élastique », discret mais omniprésent dans toutes les scènes. Allié au sens du spectacle de John Woo, l’ensemble des scènes, que ce soit les combats ou les temps marqués de calme précédant la tempête, est filmé dans ce pur esprit traditionnel qui donne toute sa dimension à l’histoire. C’est avec beaucoup de plaisir que l’on retrouve un John Woo d’Asie non vicié par l’éloignement qu’il a vécu ces 20 dernières années. La réalisation est donc très bonne dans son ensemble.
Mais côté effets spéciaux, on peut noter quelques défauts (spaciaux cette fois) dans l’incrustation des personnages. Ils apparaissent avec une démarche mécanique où les pas effectués ne correspondent pas au déplacement (ex.: les porte-drapeau dans la configuration de la tortue). Un peu gênant. En tout cas perfectible. Au passage, l’incrustation est assez rare puisqu’elle se contente de combler les manques lors des prises de vue aériennes. Lorsqu’il s’agit d’une scène filmée au sol, ce sont les soldats de l’armée chinoise (un millier) qui ont aidé.
En y repensant d’ailleurs, on peut être surpris de voir à quel point les formations stratégiques adoptées sur le terrain par les soldats (tortue et autres…) sont proches de celles développées par les romains dont l’Empire, alors vieux de trois siècles, coexiste à l’époque des trois royaumes. Le style est différent mais les techniques sont similaires. La mondialisation ne date pas d’hier. John Woo n’en est pas le pionier. Quelle désillusion! Il fallait nécessairement vous mettre au courant de ce scoop.
L’équipe d’acteurs est quant à elle assez mondaine puisque l’on a fait appelle aux plus connus d’entre eux: Tony Leung et Takeshi Kaneshiro pour les principaux. Forcément tous très bons, ils servent le film à merveille, avec beaucoup de crédibilité.
John Woo et toute son équipe ont donc relevé un défi historique (en tout point de vue) avec brio. Un film à grand spectacle comme ils sont rares. La preuve que l’on peut allier grandeur et qualité. Un coup de maître qui fait regretter à tous les occidentaux que le second volet ne soit pas prévu dans les programmes…







Amusant, je n’ai pas été si transporté par ce film, certes gros budget, john woo et compagnie. J’ai trouvé le tout très « classique », où l’intérêt réside essentiellement dans les grandes batailles mais sans plus… A mon grand regret et à ma décharge, la version que j’ai vue était en définition plus qu’hasardeuse et certainement la VF…
Peut-être justement trop dans les effets, avec des acteurs achi connus, mais ça ne m’a pas laissé un souvenir immémorable!