Les Années douces de Jiro Taniguchi, tome 1 (Ecritures/Casterman)
Jiro Taniguchi signe avec Les Années douces un énième manga introspectif de haute qualité. Adapté du roman éponyme de Hiromi Kawakami, auteure littéraire reconnue (notamment pour avoir reçu le prix Tanizaki en 2001 avec ce livre), Les Années douces pose un regard très personnel sur ces instants de vie simples et ponctuels qui adoucissent notre quotidien lorsqu’ils sont partagés, comme un bon repas.
Résumé de l’éditeur :
Dans le café où elle a ses habitudes, une trentenaire, Tsukiko, fait la connaissance d’un homme solitaire et élégant, de plus de trente ans son aîné. Elle réalise qu’elle le connaît : il fut autrefois son professeur de japonais. Elle est célibataire, il est veuf. Complices, ils prennent l’habitude de se revoir dans le même café, au hasard de leur emploi du temps, puis, bientôt, d’improviser des sorties ensemble. Insensiblement, à petites touches légères, une connivence s’établit, puis une véritable affection, et peut être même…
Ce sont ces rencontres que retracent une à une les chapitres des Années douces, chacune comme une histoire à part entière : la cueillette des champignons, les poussins achetés au marché, la fête des fleurs ou les vingt-deux étoiles d’une nuit d’automne. Un récit pudique et délicat, tissé de bonheurs fugaces et d’enchantements saisis au vol : Jirô Taniguchi au meilleur de son art.
Jiro Taniguchi montre une nouvelle fois combien son esprit est à l’affut de ces plus petits moments qui jonchent notre quotidien, où le temps perd toute dimension et où les émotions bâtent la mesure. Car si l’œuvre originelle souligne et décrit sans doute avec brio ces échanges suspendus entre deux êtres qui ne se connaissent pas a priori, on imagine combien la mise en images de tant de sentiments subtiles peut être délicates.
Dans ce premier tome, l’image est une force incroyable. De nombreuses sensations ineffables mais familières surgissent du récit à travers un découpage millimétré, et un grand sens de la mise en scène. L’expérience est vécue à travers une narration subjective (le lecteur est Tsukiko) qui appuie l’introspection à son paroxysme. Taniguchi est un grand spécialiste du genre et agit ici comme un grand observateur des relations humaines, aussi simples soient-elles en apparence.
Certains diront que Taniguchi fait le choix de la sécurité avec un même registre et une prise de risque minime. Mais quand on sait que personne ne peut mieux faire, on ne peut tout de même pas le lui reprocher.





