Les gardiens des enfers, de Alcante et Matteo (Glénat)
Sortie : le 09 juin 2010
Scénariste : Alcante
Dessinateur : Matteo
Prix: 13.00€
Les gardiens des enfers est une BD one shot basée sur une histoire de phare maritime hanté depuis deux évènements dramatiques (faits réels), passés le même jour : le naufrage du Royal Charter et la mort d’un certain Jack Jones, assistant du gardien du phare.
Le récit est glaçant. L’atmosphère glauque. On ressent toute la solitude des personnages, de ce jeune Jack Jones que nous sommes invités à suivre. Le dessin, sombre, accentue avec force les sensations de la lecture. On sent les vents marins fouetter les vagues, ces mêmes vagues qu’on entend s’écraser contre le phare et se disloquer dans les airs. A tel point qu’on aurait presque la peau tiraillée par l’iode ambiante de l’histoire…
Résumé de l’éditeur :
Selon qu’ils soient situés sur la terre ferme, sur une île ou en pleine mer, les gardiens classent les phares en trois catégories : les paradis, les purgatoires et… les enfers ! Situé au Pays de Galles, le phare de South Stack est tellement difficile d’accès qu’il est à ranger sans hésiter dans cette dernière catégorie. Il a de plus encore aujourd’hui la réputation d’être un endroit hanté, parmi les plus terrifiants de Grande-Bretagne !
Basé sur des faits authentiques, Les Gardiens des Enfers nous fait découvrir l’origine de la hantise, une origine qui remonte à la nuit du 25 octobre 1859. Une nuit d’horreur durant laquelle les éléments ne se déchaînèrent pas seulement en mer, mais aussi à l’intérieur du phare ! Une nuit qui scella le destin de son jeune gardien, Jack Jones…
Nulle surprise à découvrir un scénario réussi, éprouvé par un auteur accompli : Alcante, présenté comme le fils spirituel de Jean van Hamme (a coscénarisé avec lui la série Rani, travaillé sur le quatrième épisode de XIII Mystery et scénarisé des séries à succès comme Pandora Box et Jason Brice). L’usage du flashback, pas nécessairement à bon escient, est peut-être le seul écueil de la mise en scène mais ne gêne absolument pas la lecture du coeur de l’histoire.
Le dessin est servi avec beaucoup de caractère (on aime ou on n’aime pas), par Matteo, architecte de formation mais installé dans le monde de la BD depuis 2003 déjà (avec Mèche Rebelle). Le style se marie parfaitement au contexte et nous a immédiatement plu. Mais il peut sans doute en rebuter certains.
L’édition offre quelques pages « documentaire » sur le travail des auteurs (on voit notamment des photos des lieux hantés, et quelques petites notes d’auteurs…). Un petit plus très agréable.
Les gardiens des enfers offre de belles sensations digne d’un Shining. Flippant, glauque, froid… et salé. A découvrir !
- E. -




