Les hommes qui n'aimaient pas les femmes

C’est aujourd’hui de monnaie courante de savoir que le suédois Stieg Larsson a rencontré un franc succès dans sa jeune carrière d’écrivain grâce à Millenium et ce, après son infarctus mortel le terrassant dans sa 41ème année (certains y verront peut-être un lien). A noter qu’il ne comptait pas s’arrêter en si bon chemin puisqu’aurait prévu une dizaine de tomes à la base ! Ses proches affirment que les ¾ du quatrième opus ont été rédigés (mais le manuscrit aurait disparu) et que les synopsis des 3 suivants auraient fait preuve d’une première ébauche. Stieg Larsson engagé dans le métier du journalisme a toujours eu une attitude proactive dans la lutte contre le fascisme et le racisme. Et excepté les Millenium, Stieg n’a écrit que des ouvrages engagés, politiques et critiques.

Le premier tome de cette trilogie ne déroute absolument pas dans sa forme puisqu’il s’inscrit dans la lignée de tout bon thriller qui se respecte : intrigue mystérieuse et son enquête a priori laborieuse sur un fond coloré d’une palette de personnages tout aussi différents qu’attachants.
Mikael Blomkvist journaliste détrôné vient de subir un échec cuisant contre le monde de l’Economie le condamnant à quitter la scène publique. Henrik Vanger octogénaire est toujours à la recherche d’élucider un mystère dramatique de famille qui l’a rongé toute sa vie. Lisbeth Salander, jeune fille sous tutelle, travaille en freelance dans l’inspection d’informations personnelles et privées pour le compte d’une société active dans la sécurité. Et un fil conducteur qui donnera sens à cet imbroglio : Harriet Vanger.
Une édition Actes Sud généreuse, un style littéraire fluide, modeste et appréciable, une double narration subjective à la troisième personne judicieuse (alternant la vision de Mikael et celle de Lisbeth) – l’utilisation du discours indirect renforçant l’implication du lecteur – et un tempo crescendo habilement construit justifient en tout état de cause le succès de ce chapitre de Millenium au titre évocateur – simplement sensé et un brin mystique – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes. Le sens de la phrase est simple mais le pluriel conjugué au passé interpelle…
Inutile de souligner qu’au-dessus de tous ces petites qualités (rien d’exceptionnel en somme), réside en maître le personnage de cette œuvre : Lisbeth Salander. Un mythe résolument bien dessiné et magistralement redoutable sur papier : originalité, marginalité, brillance, sans détour et véritable – avec ses méthodes et ses analyses de conséquences. Tout lecteur aura avoué s’attacher et voulu s’identifier à certains de ses traits remarquables, uniques et parfois même jouissifs (quelques répliques à retenir !).
Un seul reproche au tableau assez clément : le début peine dans de laborieuses explications tarabisco-généalogiques de la famille Vanger. On finit par vomir par tous les pores cette foutue famille dans une malédiction fatale. Première partie longue et inégalement dosée (un effet peut-être intentionnel de l’écrivain tant on sent que Mikael est tout aussi écœuré que le lecteur).
Au final, un petit polar aux qualités certaines qui saura convaincre le lecteur de poursuivre l’épopée.




Oui, c’est vrai que la première partie est assez longue, mais si on tient compte que l’écrivant avait prévu une dizaine de libres, c’est peut-être comprehensible.
J’invite à continuer avec le deuxième Millenium, qui s’appel « la fille qui revait d’une allumette et d’un bidon d’essence » et qui monte en puissance très rapidement. C’est celui que j’ai préféré des 3.
Lore
Je suis en train de le lire justement et je suis d’accord sur le fait que le début est long… Mais je m’accroche!!
C’est bon ça, j’adore quand ça commente!!!
De retour sur la toile après un long moment d’absence, je me réjouis de voir que ça a bien bougé depuis !
Caro, j’espère que tu t’es accrochée sur ce premier opus un peu laborieux sur le début car en fait je t’encourage vivement à te manger le 2ème, bien plus distrayant et de façon immédiate ! Une valeur sûre (j’essaie de pondre un billet 1 2 C 4). Merci Lore de ton conseil affûté ma foi.