Les Nouvelles Brèves de comptoir de Jean-Marie Gourio
Jean-Marie Gourio en ethnologue du langage populaire recueille et consigne toutes les phrases prononcées dans les bistrots où aucune n’a été écrite.
Des paroles libératrices et définitives sur l’état du monde, la vie ici-bas, livrées dans leur spontanéité et leur urgence, par des gens ordinaires où le zinc du comptoir se révèle alors d’une inspiration vive, caustique, comique, fulgurante, et authentique.
Jean-Michel Ribes met en scène pour la troisième fois ces brèves hilarantes et incongrues, construites dans les spectacles de 1994 & 1999 respectivement autour d’une journée dans un bistrot, puis autour des quatre saisons, et aujourd’hui en fonction des sept jours de la semaine dans plusieurs cafés avec une tonalité différente pour chaque séquence.
Autant d’ambiances, de situations reconstituées pour égrener ces réflexions qui fusent, s’enchaînent, et se répondent dans une efficacité qui fait mouche. Elles sont incarnées par une équipe de huit comédiens : Alban Casterman, Laurent Gamelon, Annie Grégorio, Patrick Ligardes, Chantal Neuwirth, Marcel Philippot, Alexie Ribes et Hélène Viaux formidables et dont la dynamique du jeu restitue à l’état brut le flux des brèves et leur bon sens expiatoire, entre drôlerie, folie et tragédie.
La direction d’acteurs très fluide et parfaitement équilibrée fait naître une cohésion du groupe où les personnages interagissent naturellement sans effet provocateur des bons mots où leur juste portée n’en est que plus humaine, sincère et salvatrice.
C’est un théâtre de grand burlesque dramatique que donnent à voir et à entendre ces aphorismes où la cocasserie trouve ses racines dans une lucidité douce amère.
On rit tout le temps face à cette humanité de comptoir qui reconstitue en ombres chinoises une image identitaire plus ou moins familière et une vision du monde hurlante et grinçante.
Il y a des tanches de vie à la Queneau, des jeux de mots, des aphorismes sur la solitude, le chômage, l’Amérique, la politique, l’écologie, le réchauffement climatique, l’art, les faits divers, la chirurgie esthétique, le racisme, la mort, le mariage, la violence conjugale, les cons, la mondialisation.
La scénographie très poétique de Jean-Marc Stehlé récrée un bistrot imaginaire qui se transforme selon l’énumération des jours de la semaine et accueille dans un costume qui leur sied : livreur, postière, infirmière, croque-mort, boucher, coiffeur, homme politique, professeur de médecine, interne, écrivain, SDF, mariée en convoquant judicieusement notre mémoire collective.
Ces porte-voix enfin libres et qui crient entre autres : « L’avenir je préférais celui d’avant » ; « Van Gogh, il était peut-être fou, mais quand on voit le tableau de sa chambre, il faisait son lit » ; « C’est bien pour la France que les Américains aient voté pour un président antillais » ; « Quand même la campagne, c’est bien quand on sort, on est dehors » ; « J’aime pas le lundi, ça me gâche le dimanche » ; « Des émissions culturelles en première partie de soirée à la télé, pourquoi pas ? on se couchera plus tôt ! » ; « Le vrai problème de la France, c’est les Français »…
La vie dans tous ses états mais parce que nous sommes au théâtre, c’est encore plus vrai que la vie…
Théâtre du Rond-Point jusqu’au 7 mai 2010 puis en tournée
Loc : 01 44 95 98 21






Du vrai, de l’amusant, du poétique, voilà qui me plairait !
ouiiiiiiiiii Gaël, Paris t’attend…
Voilà une pièce qui mérite qu’on s’y attarde! Je vais tenter le coup aussi!
Assurément Menzo, c’est du lourd et c’est à mourir de rire…
Oui, ça a l’air vraiment excellent ! Et c’est si bon de rire et pas si fréquent!
Oui trop drôle Béné et le rire si libérateur, le spectacle part en tournée et si il passe près de chez toi, c’est à ne pas manquer…