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L’immortel, un film de Richard Berry

[ 2 ] 23/03/2010 |

Date de sortie : 24 mars 2010

L’histoire :

Hors la loi réputé, Charly Matteï a tourné la page. Depuis trois ans, il mène une vie paisible et se consacre à sa femme et ses deux enfants. Pourtant, un matin d’hiver, une bande armée et cagoulée tente de l’assassiner et le laisse pour mort dans un parking du vieux port à Marseille avec 22 balles dans le corps. Contre toute attente, il ne va pas mourir et sa vengeance sera terrible…

L’immortel est le quatrième film de Richard Berry qui, après avoir touché au genre de la comédie et du drame, nous propose aujourd’hui un film policier. Tout au long de ce polar, le réalisateur s’attache à un élément fort : l’importance du lien familial. Il développe en effet celui de Charly Matteï (Jean Reno) avec ses proches, la relation entre le lieutenant Marie Goldman (Marina Fois) et son fils, qu’elle élève seule depuis que son mari a été assassiné, le lien fraternel entre Charly, Tony (Kad Merad) et Martin (Jean-Pierre Darroussin), ou encore un des truands dont le fils est décédé. La famille permet aux personnages de se raccrocher à quelque chose. Le spectateur assiste à la lente déchirure de ces liens au cours du film et observe les conséquences et les réactions des personnages face à ces ruptures.

Malheureusement, à vouloir montrer les liens et problèmes familiaux de personnages trop nombreux, le réalisateur ne fait qu’effleurer ces liens. On aurait aimé voir plus de flash-back de Charly, Tony et Martin adolescents, ce qui aurait apporté plus d’émotion lors de leur confrontation à l’âge adulte. On aurait également apprécié voir plus de scènes de Charly Matteï avec sa famille car il y en a très peu, voire même aucune, notamment lorsqu’il est à l’hôpital alors que ce moment aurait pu apporter beaucoup d’émotion au film. Ou encore une séquence supplémentaire avec le personnage de Marina Foïs et son fils. C’est dommage car le film nous rend témoin de déchirures familiales et fraternelles, mais on est très peu touché émotionnellement car on n’en a pas vu assez pour éprouver de la tristesse et de la compassion.

Une séquence du film réussi pourtant à nous toucher, il s’agit de la scène avec Karim, le bras droit de Matteï. Il est à un repas de famille et le réalisateur prend le temps de présenter les personnages (le père, les fils, la petite fille…), les liens qui les unissent, l’amour qu’ils se portent. Quand soudainement un drame vient frapper cette famille, le spectateur en est affecté. Il est regrettable que le réalisateur n’ait pas fait la même chose pour tous les personnages, ou peut-être aurait-il fallu se concentrer sur les principaux. Le spectateur reste donc très peu touché par ces liens brisés par la violence.

La violence est omniprésente dans le film, sans pour autant être gratuite. Elle est en effet bien mise en valeur par une mise en scène tendue de Richard Berry. D’ailleurs, c’est bien sur la forme que L’immortel impressionne. Visuellement très réussi, la mise en scène de Richard Berry est impressionnante tant dans les moments rythmés que dans les moments plus calmes. En effet, lors des scènes d’action, la caméra virevolte magistralement dans tous les sens sans pour autant perdre le spectateur en route. Bien au contraire, les scènes restent totalement compréhensibles et font monter la pression. La scène où Jean Reno se fait tirer dessus dans le parking est d’une grande intensité grâce à la mise en scène et au montage. Les moments plus calmes nous permettent quant à eux d’observer les personnages. Souvent filmés en gros plan, assez lentement pour être au plus près des personnages, les acteurs ont le temps de nous montrer tout leur potentiel, comme notamment dans la très belle scène où Jean Reno et Marina Foïs discutent dans la voiture.

Jean Reno montre dans ce film toute l’étendue de son talent (que l’on croyait perdu depuis longtemps.). L’acteur en impose tout au long du film, tant par son charisme que par son jeu éblouissant, et ce aussi bien dans les scènes d’actions que dans les scènes intimistes. Le duo qu’il forme avec Kad Merad est surprenant. Richard Berry a fait de bon choix d’acteurs et a su exploiter pleinement leur potentiel en leur laissant le temps d’exprimer leurs talents dans de nombreuses séquences à travers de gros plans judicieux.

Richard Berry prouve une nouvelle fois qu’il est un réalisateur très intéressant de par ses choix et sa direction d’acteur ainsi que par sa mise en scène riche malgré quelques maladresses (plans insensés, quelques séquences inutiles avec Joey Star notamment).

- Anthony Velvelovich -


Commentaires (2)

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  1. avatar E. dit :

    Bah mince alors, petite déception qd même en te lisant. J’espérais bcp de ce film, sans doute comme toi (d’où ta relative déception sur le scénario et l’attachement aux personnages?). Mais si tu dis que la réal est bonne, c’est déjà ça.

    Et puis, bienvenue parmi nous Anthony ! Have Fun parmi nous !

  2. avatar Menzo dit :

    Salut à toi Anthony!
    Un film qui me laisse songeur… des acteurs de comédie pour un film d’action – thriller, étrange non? je ne l’ai pas vu mais tu as l’air de dire qu’il est intéressant, why not? Jean Reno ne me dit rien depuis belle lurette, à voir donc…

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