Live Report : Wax Tailor à Nancy (L’Autre Canal)
Wax Tailor tourne énormément et affiche salle comble partout où il passe. En témoignent ses statuts facebook qui affichent pour chaque date un très fier « sold out ». Fort du succès commercial et critique de son 3e album (« In the mood for life« ), ce taux de remplissage n’a rien d’étonnant. Mais quand on n’a jamais assisté à un de ces concerts, on s’interroge : Wax Tailor sur scène, ça donne quoi ? Parce que Wax Tailor, c’est avant tout un dj, un beatmaker, un chef d’orchestre, qu’on voit mal tenir une scène seul. Surtout si on prend en considération que sur son dernier opus, il y a des invités sur presque tous les morceaux. Alors concrètement, Wax Tailor sur scène, ça vaut quoi ?
Et bien Wax Tailor sur scène, c’est une équipe de saltimbanques super doués qui sort des sons pas comme les autres. C’est sans doute ce qui explique son succès. Le trio de musiciens qui accompagne notre dj assure : un violoncelle, une flûte traversière et une chanteuse à la voix suave à souhait nous embarquent totalement dans leur univers décalé et « underground », tout ceci sur fond des pistes folles du maestro. Parfois, un autre chanteur les rejoint pour balancer quelques phrasés hip hop… Jubilatoire!
La force du concert réside en effet, le talent de Wax Tailor mis à part, dans la présence de ce melting pot d’artistes et d’influences. La musique de notre protagoniste prend clairement ses racines dans le hiphop. Les habituels emcee qui accompagnent le tailleur de cire, depuis ses débuts pour Mattic (The Others), assurent la performance à de nombreuses reprises. Les anglais d’ASM (A State of Mind) donne l’ambiance dès leur première partie, dont on se souviendra pour leurs voies d’ogre qui s’associent à merveille avec les cuivres live (1 saxo et 1 trompette). La voie enchanteresse de Charlotte Savary arrive toujours à point nommé. Ces sauts entre hiphop orchestral et électro pop mystérieuse donnent du rythme et de l’intérêt au show. Autre point fort : Wax Tailor mêle à merveille l’utilisation moderne des platines (mix et scratches) aux plus traditionnels instruments que sont le violoncelle et la flûte traversière.
Par moment, cette flûtiste détiendrait presque « le son Wax Tailor » à elle toute seule tant ce qui s’échappe de sa flûte est inhabituel et vibrant. Dans un décor scénique urbain qui rappelle les films noirs et les années 50, sur des lumières aussi sophistiquées qu’envoûtantes, ils font le show, vidéo à l’appui. Sur l’écran central, la silhouette noire du patron se dessine en contre-jour. C’est là que tout s’arrête : problème technique! Le Wax y va de sa blague et on est reparti de plus belle. Une dimension d’autant plus humaine pour un concert électronique.
Effectivement, outre le hiphop, la soul et le funk, Wax Tailor est aussi énormément influencé par le cinéma des années 50, 60. On n’oubliera pas qu’il a samplé Hitchcock sur « Que Sera », son premier grand succès, terriblement efficace lors du concert. Le jeu des écrans prend tout son sens lorsque les dialogues de films utilisés et scratchés s’affichent : prenant ! Je pense aussi à l’hommage rendu à RUN DMC. On plane et on s’étonne, Wax Tailor transporte et joue avec son public avec une facilité déconcertante. Oui, on est en plein coeur d’un concert électronique des plus humains. JC Le Saoût donne de sa personne. Pour dire, après 1h30 de concert, il nous a offert un rappel d’une demi-heure, et notamment le classique « Say Yes » avec ASM, un grand moment.
Oui, et un grand concert !





Et ben joli duo de critiques – nouveau concept bien sympa !!
ASM en première partie?! Et alors ça vaut le détour?!
C’était qui la charmante damoiselle qui l’accompagnait (Charlotte Savary?)?
Et Caro tu connaissais Kint ou bien c’est une première?! Comment vous êtes vous retrouvés là bas??
Verbal et moi c’est une longue histoire tu sais… C’est juste le mari de la Vava quoi !!
On ne s’est pas vus au concert… Magie!
Voilà de la belle énergie qui nous fait vivre un concert digne de la qualité de l’artiste. ça devait vraiment être bon tous ces gens sur scène et ces écrans en fond ! Au passage, j’ignorais (gros mauvais que je suis) qu’il avait samplé Hitchcock sur « Que Sera » ;-(