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L’Océan, visions d’artistes du XIXe au XXIe siècle

[ 2 ] 29/08/2010 |

« La mer est sans routes, la mer est sans explications » [Alessandro Baricco]  

Jaume Plensa, Triptych, 2009. Sculpture d’acier et inox.

Ce que l’homme n’a pu trouver dans une goutte d’eau,  l’artiste l’a puisé dans l’océan. Depuis longtemps, ces vastes étendues de larmes intriguent peintres et sculpteurs et sont de poétiques problématiques pour leurs travaux. Sur la place Bellevue, face à l’océan, un géant en lettres d’acier (oeuvre monumentale de l’espagnol Jaume Plensa) contemple l’horizon en scrutant au loin les surfeurs qui domptent l’Atlantique.

Le Bellevue accueille donc cette année une exposition sur le thème de l’océan, un choix minutieux compte tenu du cadre dans lequel elle se visite, au sein d’une architecture particulièrement moderne avec un panorama particulièrement séduisant. On se complait effectivement à admirer, entre deux huiles sur toile, des « images naturelles » (qui ont même droit à leur propre cartel dans l’exposition) du phare de Biarritz et de la Grande Plage.

Outre le cadre admirable qui l’environne, cette exposition, organisée en parcours tripartite (Vision, Action, Re-création), se veut très éclectique puisqu’elle mêle des peintures contemporaines, figuratives ou bien abstraites (comme les suites de gravures Les gens de la mer du céramiste catalan Joan Miró) à divers supports tels que des sculptures, photographies monumentales et installation. Amateurs de paysages élégants et raffinés ou bien amoureux de l’art conceptuel, réjouissez-vous, il y en a pour tous les goûts.

Philippe Ramette, Exploration rationnelle des fonds sous-marins : l’ancre, 2006. Photographie couleur.

On se sent à l’aise dans cet univers mélodieux aux teintes mélancoliques, naviguant de la réalité à la fiction, entre les photos impressionnantes (et sans trucages !) du téméraire Philippe Ramette explorant les profondeurs sous-marines, et face auxquelles on retrouve les paysages féériques et imaginaires du photographe Didier Massard. Une dualité curieuse qui n’est pas sans harmonie. Immergé, plongé au plus profond des eaux,  le visiteur  peut se ravir d’une telle scénographie.

Didier Massard, La méduse, 2004. Photographie couleur cibachrome.

Petit bémol à cette symphonie aquatique, l’espace intitulé « Re-création » (dernière partie de l’exposition) demeure un flou artistique dans lequel on se perd légèrement. Quel dommage pour la Vénus de Robert Combas, cette femme gracieuse aux proportions parfaites et à la coiffe qui en ferait chavirer plus d’un (car elle n’est autre qu’un navire), elle parait si futile perdue dans un coin de l’exposition. Autre remarque, 3 bobyboards de polystyrène (bien qu’il y en ait 5 sur l’image ci-dessous), travail de Gérard Deschamps, sont venus s’échouer sur un mur de l’exposition, au fin fond de la dernière salle, grossièrement exhibés au milieu d’œuvres qui elles, trouvent une place légitime dans l’histoire de l’art. Pincez-moi si ces vulgaires planches sont des œuvres d’art. Avouons-le, elles auraient fait moins tache dans un surf shop ou dans mon placard à balais. A noter que ces soit-disant « objets d’art » ne font l’objet d’aucune explication, ni dans l’expo, encore moins sur le catalogue.

Gérard Deschamps, Requin soleil, bodyboard, 2007.

Bien heureusement, l’aboutissement de l’exposition (en l’occurrence, le couloir avant la sortie) est une réelle réussite artistique comme scénographique. Ce n’est pas un tapis rouge, mais un sol de lettres mouvantes sur lequel on s’aventure, comme surfant sur un océan de lettres, dans une valse avec les méduses luminescentes d’Yves Chaudouët, de véritables créatures flottantes qui accompagnent petits et grands tout droit vers la mer… Enfin, vers la sortie…

Entre une séance bronzing et shopping, c’est l’occasion de plonger sans masque ni tuba, au coeur de l’art contemporain…

Infos pratiques
L’Océan, visions d’artistes du XIXe au XXIe siècle
Le Bellevue, Biarritz
Jusqu’au 3 octobre
www.biarritz.fr

Robert Combas, Au début c’était la Vénus de Venise, maintenant c’est Isis sûr et certain, 2004.

Charlotte Henry

-Pawioli-


Commentaires (2)

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  1. avatar C. dit :

    Comme quoi… je découvre sur la toile alors que j’habite à 2 pas ! Vais probablement suivre ton conseil (en évitant les morey-tout-moche !).

    Et Pawioli, dis moi, tu étais de passage par chez nous ou bien en vacances?

  2. avatar Pawioli dit :

    Quelle chance d’habiter la région ! J’étais bel et bien en vacances à Biarritz, en amoureuse de la côte basque que je suis depuis quelque temps!

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