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Mémoires d’une féministe iconoclaste, un livre de Yvonne Knibiehler

[ 4 ] 04/06/2010 |

Yvonne Knibiehler est née en 1922, à Montpellier. Autant dire qu’elle a vécu toute l’évolution de la femme du XXème siècle, en tant que femme, en tant que mère, en tant qu’intellectuelle, en tant qu’historienne. Elle est Professeur émérite de l’Université de Provence, et grande spécialiste de l’histoire des femmes, mais aussi de la famille, de la santé. Elle a passé son agrégation d’histoire en 1945.

Elle s’est mariée, a eu trois enfants et a continué à enseigner. Elle disait même, comme bon nombre de femmes, que son métier d’enseignante lui permettait de se reposer de son métier de mère de famille ! Elle parle déjà de « double-journée » de la femme, et en sort épuisée. Et voilà ce qui a toujours passionné Yvonne : comment faire pour être femme, devenir mère tout en restant femme, tout en continuant à travailler ? Et jusqu’où peut aller l’épuisement de la femme ? Yvonne est à contre-courant des féministes post soixante-huit. C’est une « féministe pacifique » qui est convaincue qu’une femme n’est totalement femme qu’en passant par la case maternité.

Pour elle, la maternité est primordiale et permet à la femme de se définir. Mais elle pose beaucoup de problèmes à la mère, mais aussi au père et à la société tout entière. D’ailleurs lorsqu’on son livre parut en 2007, il s’intitulait : « Qui gardera les enfants ? » et « Mémoires d’une féministe iconoclaste » était le sous-titre. Oui, Yvonne s’intéresse au problème crucial de la garde d’enfants lorsque la mère travaille. Elle dénonce notre société qui ne fait pas suffisamment pour aider les jeunes parents, dans leur rôle d’éducateurs.

Yvonne retrace toute l’évolution de la femme au cours de ces dernières années, qui fut presque une révolution. Mais contrairement à certaines féministes, l’auteur crie haut et fort que la maternité est au centre de l’identité féminine, ayant fait une étude historique de la femme. « Je suis devenue féministe pour apprendre à repenser la maternité, qui restait à mes yeux une pièce maîtresse de l’identité féminine. Pour cela, on m’a présentée parfois comme l’anti-Elisabeth Badinter », s’amuse-t-elle. Yvonne est féministe mais avec le masculin. Telle est sa philosophie de vie qu’elle exprime tout au long du livre.


Je suis intimement convaincue qu’Yvonne a raison, et ce depuis que je suis mère, cad depuis plus de 30 ans. A nous de trouver les moyens d’aider les jeunes mères, dans leur rôle de mère, sans les culpabiliser d’exercer leur métier. A nous de trouver des relations de travail plus humaines, de la solidarité, à tous les niveaux. La jeune mère qui vient d’accoucher, découvre son bébé, tout un monde s’ouvre à elle, pas toujours simple à déchiffrer. Elle est très entourée durant sa grossesse, jusqu’à la naissance. Ensuite, elle se retrouve seule, et doit faire face à tout, comme si être mère était inné.
Sans aide. Seule. Heureusement le père a droit à des congés paternité pour soutenir sa femme.

Mais ensuite, que se passe-t-il ? L’allaitement ? Facile ? Pas si facile ! La reprise du travail après 2-3 mois ? La culpabilité ? La fatigue ? Qui se soucie alors de la jeune mère ? Merci Yvonne Knibiehler de nous donner les bonnes voies de réflexion. Quelle est la place des jeunes mères dans notre société ? Quelle est la place du père ? Et l’enfant, où est-il ? Comment vit-il ? Autant de questions essentielles, et autant de réponses personnelles…à trouver !

Dans son livre, Yvonne nous transmet sa philosophie, son héritage. Elle nous raconte sa propre vie, son vécu au Maroc (qui me touche particulièrement), ses choix, ses révoltes, les relations mères-filles, la transmission générationnelle. Bref, un livre passionnant. « Au-delà de l’intimité familiale, la collectivité est concernée, les pouvoirs publics peuvent intervenir. Une pression sans relâche exercée sur les élus pourrait produire des réformes utiles », nous dit Yvonne.
A nous de jouer !

- Bénédicte -


Commentaires (4)

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  1. avatar C. dit :

    A croire que tu aurais pu participer à l’écriture de ce livre !! A recommander pour les jeunes mamans?!…

  2. avatar Bénédicte dit :

    Tout à fait ! En tout cas, je ne suis pas de la même génération que l’auteur mais tout à fait en accord avec elle, ce qui est très inquiétant. Il reste encore beaucoup de travail à faire pour la femme, dans notre société.

  3. avatar E. dit :

    Ouiiiiiiiiiiiii ! Plutôt interessant même si c’est féministe, je ne suis pas en désaccord non plus.

  4. avatar E. dit :

    Alors C., tu l’as acheté pour ta femme?

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