Mickaël Kohlhaas, d’après une nouvelle de KLEIST
Mise en scène
Nicolas Mollard
Musique
Jean-Baptiste Cognet
Lumière
Vincent Monerri-Fons
Avec
Gabriel Lechevalier Jules Jobard Sarah Seignobosc
Synopsis :
« Sur les rives de la Havel vivait, vers le milieu du XVI° siècle, un marchand de chevaux appelé Michael Kohlhaas, l’un des hommes les plus honnêtes et en même temps les plus effroyables de son époque. (…) Le sens de la justice fit de lui un bandit et un meurtrier. »
Fin XVIII°- début XIX° : Heinrich von Kleist utilise l’histoire authentique du maquignon Hans Kohlhaas pour écrire une histoire édifiante, un conte à la fois politique et fantastique, qui interroge la justice en tant que garantie du contrat social. »
J’ai eu la chance d’assister à une représentation d’une ancienne chronique contée par Kleist (1777-1811) et joué par de jeunes acteurs, de la Compagnie de l’Envol, issue du Conservatoire de Lyon.
Leur objectif est de faire partager leur passion, à leur niveau. Ils ont fait du théâtre une priorité, et une nécessité. C’est donner un sens à leur vie en affirmant haut et fort, par les mots, qu’ils ne sont pas si faibles, malgré les apparences et leur « pauvreté ». Leur richesse intérieure est profonde. Ils sont tout simplement vrais. Sans artifices, sans faux-semblant. Et ils aimeraient que la société dans laquelle nous vivons leur ressemble.
Voilà leur message :
« Parce qu’à la source de notre rencontre il y a le désir, notre théâtre est un théâtre de la nécessité, c’est à dire, pour la jeune compagnie que nous représentons, un théâtre de la pauvreté. Le luxe de notre impuissance. Le moteur principal de notre espérance. Jouer et rire comme une résistance au sérieux de nos existences. Aller à l’essentiel, sans tricher, avec les moyens du bord, sans s’encombrer de superflu. Nous sommes trop faibles pour changer les rapports humains mais pas assez pour nous y soumettre. Nos armes : des voix, des corps, des textes : une goutte d’eau dans l’océan… mais il n’est fait que de cela. »
Nicolas Mollard, 24 ans, est metteur en scène. Après avoir fait des études d’anthropologie, il a suivi le Conservatoire de Théâtre de Lyon.
Voilà les convictions de Nicolas : « L’art de l’acteur me fascine. C’est le fondement du théâtre, à mon avis, la seule chose dont il ne puisse se passer. L’acteur, c’est le guerrier de la beauté. Je veux être au service d’une parole subversive. Je veux produire du beau, quelque chose d’amoral, quelque chose qui ne sert à rien, qui ne participe pas de l’effort de consommation. – Même si un spectacle est une production, voire un bien de consommation, je suis persuadé que ce à quoi il doit viser – et qu’il atteint parfois, de manière fugace, sans doute –, la beauté, n’est pas quantifiable. C’est en ce sens, à mon avis, que l’acte artistique est un acte politique. La beauté, à mon avis, est une cause honorable – c’est en tout cas celle que je veux servir : être un guerrier de la beauté. »
« Ce que j’interroge, de manière ludique, dans la mise en scène de cette nouvelle, c’est la justice en tant que garantie de la paix sociale. »
Sarah Seignobosc, 24 ans, joue, entre autres, le rôle de la femme de Mickaël Kohlhaas. Remarquablement ! Elle continue sa formation de comédienne, « en développant un parcours de dramaturge » au Conservatoire de Lyon. C’est une jolie jeune femme, pleine d’énergie et d’une fraîcheur formidable. On la voit se transformer sur scène, changer de coiffure, changer de look, en moins de 30 secondes. Incroyable !
Jean-Baptiste Cognet, 23 ans, compositeur. Jean-Baptiste termine ses études au Conservatoire de musique de Lyon. Il est également guitariste et joue dans plusieurs groupes de musique (Shining Victims, Le Baron Perché, Nico…). Il se tourne vers la composition de musique à l’image et a déjà souvent composé pour de nombreux courts métrages. Il est capable de jouer, de composer, d’improviser, aussi bien le jazz, le rock, la musique contemporaine…
Jules Jobard, durant cette pièce, joue plusieurs rôles, de façon étonnante. J’ai même cru à un moment qu’il s’étouffait réellement, en se mettant du talc sur le visage. Et j’ai eu peur pour lui, prête à lui donner à boire ! Alors, Jules, ne joue pas si vrai, tu nous fais peur !
Gabriel Lechevalier, 21 ans, joue le rôle de Mickaël durant toute la pièce. Il est à la fois acteur, metteur en scène, technicien. Et toujours convaincu et convaincant. Sûr, un homme fait pour la scène. Avec toute la force de la jeunesse ! Il a de nombreux projets en cours, dont un avec le théâtre de la Croix-Rousse, « Richard III ». A suivre, assurément.
La pièce est jouée au Théâtre des Clochards Célestes de Lyon, du 11 au 29 mai 2010, du mardi au samedi à 20h et le dimanche à 17h. Passez-y !







De l’artiste pur sang… au léger souffle ésotérique, probablement du moment sympathique et sincère !