Moi je crois pas ! de Jean-Claude Grumbert mise en scène par Charles Tordjman, à Paris
© Giovanni Cittadini Cesi
Théâtre Edouard VII jusqu’au 28/12/2012 à 19h
10, place Edouard VII
75009 Paris
Pierre Arditi (Henri) et Catherine Hiegel (Solange) forme un couple que tout oppose, là où leur désaccord chronique, moteur d’une vie de couple routinière, sous-tend une tendresse et un attachement indéfectibles. Pour un duo d’acteurs au sommet.
Il ne croit en rien, elle veut croire en tout. Et à partir de ce postulat, la discussion s’engage sur différents sujets allant, entre autres, de l’existence du yéti, à une vie après la mort, aux nègres dans la littérature, à la thèse du complot dans les évènements du 11 septembre, au lobby juif, à la théorie de l’évolution ou encore à l’immaculée conception. Le tout étant propice à une contradiction argumentée, mêlant la mauvaise foi caractérisée d’Henri à l’ingénuité et la crédulité de Solange, où chacun des protagonistes défend mordicus son point de vue tout en ébranlant ses propres certitudes.
Entre humour grinçant sur l’usure de la vie à deux et raillerie des idées reçues, c’est le portrait en creux d’un homme et d’une femme avec des heures de vol au compteur auquel on assiste. Lesquels ont juste oublié de se reconquérir, happés par leur égoïsme et l’omniprésence de la télévision, où leur provocation stérile est leur manière de se rappeler encore à l’autre.
Vincent Tordjman a choisi un espace contemporain et lumineux, assorti d’un jeu subtil de couleurs pastels, qui offre une juste distance en assurant fluidité et neutralité à la joute orchestrée.
Les deux comédiens sont excellents et attachants. Catherine Hiegel, toute en intériorité et tendresse à fleur de mots avec une assurance faussement innocente, fait face à la la supériorité péremptoire et définitive campée magistralement par Pierre Arditi, tour à tour coléreux et excédé.
Une scène de la vie conjugale enlevée et mordante…
-Amaury Jacquet-
Categorie: Spectacles/Théâtre








