Suivez le flux RSS

Oncle Boonmee un film de Apichatpong Weerasethakul

[ 4 ] 26/08/2010 |

Sorti en Salles le 01 septembre 2010

Palme d’or audacieuse et méritée à Cannes, Apichatpong Weerasethakul propose un cinéma expérimental, contemplatif, empreint de fantastique où avec « Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures », il poursuit ses digressions entre rêve et réalité, science fiction et tradition, et embarque le spectateur dans un monde débordant d’imagination et de sensations. Introspectif et envoûtant.

Oncle Boonmee souffre d’une insuffisance rénale aiguë et décide de finir ses jours auprès des siens à la campagne. Étrangement, les fantômes de sa femme décédée et de son fils disparu lui apparaissent et le prennent sous leurs ailes. Méditant sur les raisons de sa maladie, Boonmee va traverser la jungle avec sa famille jusqu’à une grotte au sommet d’une colline – le lieu de naissance de sa première vie…

Et à partir de cette trame narrative qui prend la forme d’un voyage onirique peuplé de fantômes, de singes aux yeux rouges qui luisent dans la nuit ou de représentations hypnotiques afin d’appréhender la mort, le cinéaste ne suit pas un récit linéaire. Il organise une rupture temporelle, une divagation sensorielle, une méditation mystique grâce à des images poétiques ou métaphoriques qui stimulent l’imagination et convoquent la mémoire ancestrale du personnage ainsi que les influences hindouistes et animistes du réalisateur Thaïlandais.

Grâce à une lumière sublimée et une ambiance particulière, il instaure une véritable communion avec les éléments naturels, source de vie et de contemplation.

Et Apichatpong Weerasethakul invite tout naturellement le spectateur dans son univers où les sons à la fois enveloppants et captivants ainsi que la durée des plans et la texture des images obéissent à un rythme incantatoire. L’épopée est aussi agrémentée de scènes de la vie quotidienne d’une sérénité apaisante et souriante.

Au travers une vision surnaturelle du héros, le réalisateur convoque une princesse et un poisson dans une séquence à la beauté cinématographique fascinante et d’une portée fantasmagorique.

D’une grande force suggestive et sensorielle, le propos aux interprétations multiples et ouvertes, où l’esprit de l’Oncle Boonmee est aussi celui du cinéaste, s’immisce profondément en nous et opère un cheminement à l’instar du passage habité du protagoniste vers une autre dimension.

Un film unique dont la résonance universelle et spirituelle sonde notre intériorité et nous transporte. Une expérience de cinéma à l’état pur…

-Amaury Jacquet-




Commentaires (4)

Trackback URL | Flux RSS des commentaires

  1. avatar C. dit :

    Bien vu Amaury, bien plus rapide que moi ! A film to be seen… on respire le bon cinema Thaï à travers ton billet, je trouve bien là mes marques ! Et Burton a aimé (même si lui-même se trouve aux antipodes avec son style exacerbé…)

  2. avatar Amaury dit :

    Oh yes C le magnifique et ces marques là on en redemande…

  3. avatar E. dit :

    Rooo. Il y a de quoi en décontenancer plus d’un d’après ce que je lis. Les rythmes non linéaires et lents ne me dérangent pas mais je ne sais pas si je suis capable d’adhérer à la forêt des esprits. J’ai parfois du mal à me laisser aller dans ce registre :-(

  4. avatar Amaury dit :

    J’aime trop ce « Rooo » mais tu sais Gaël la forêt des esprits comme c’est joliment dit j’adore….n’est nullement ombrageuse mais d’une inspiration infinie et je suis sûr qu’à l’instar de Cédric, tu y trouverais tes marques, et si…

Laisser un commentaire




Si vous voulez montrer une photo avec votre commentaire, aller chercher Gravatar.