Oscar Wilde, l’impertinent absolu au Petit Palais

Oscar Wilde Petit PalaisOscar Wilde, l’impertinent absolu au Petit Palais

Le Petit Palais présente la première grande exposition française consacrée au célèbre écrivain Oscar Wilde et rend hommage à ce parfait francophone et ardent francophile.

« La vraie valeur d’un homme réside non dans ce qu’il a mais dans ce qu’il est »

Oscar Wilde était bien né. Mais sa bonne fortune sociale et financière ne prouvait pas sa valeur. Dandy, esthète, orateur, écrivain, provocateur… C’est le personnage qu’il s’est créé, hors-norme, à la plume et au bagout admirés, que le Petit Palais a mis à l’honneur avec l’exposition « Oscar Wilde, l’impertinent absolu » qui lui est entièrement dédiée.

Structurée en période de sa vie qui s’étale de 1854 à 1900, on change donc de salles au rythme des années qui défilent. Sa jeunesse d’abord, studieuse et rangée. Puis ses débuts peu connus en tant que critique d’art. Vient ensuite une période délicieuse où il se fait une place solide dans la haute société londonienne… En tout, sept tranches de vie. C’est ainsi que le Petit Palais a divisé l’existence de Wilde. Livres, lettres, photos, tableaux, extraits vidéo et courts textes les éclaircissent.

« Le public fait preuve d’une tolérance étonnante, il pardonne tout sauf le génie »

Alors Oscar Wilde, génie ou plus modestement génial ? Il a laissé quelques œuvres à la postérité et des centaines d’aphorismes que les plus passionnés d’entre nous s’échangent encore lors de joutes verbales. L’importance d’être constant est son plus grand succès théâtral et Le Portrait de Dorian Gray son unique roman, peut-être son plus grand succès tout court ! Mais difficile d’accrocher des livres sur les murs du Petit Palais. Alors, quelques ouvrages dédicacés trônent dans des vitrines accompagnés de tableaux ou de photos à-propos sur les murs pour orner le tout. Mais on s’attarde peu sur les chefs-d’œuvre du dandy. En effet, le lieu ne s’y prête pas, si un tableau s’admire publiquement, un livre se lit dans la solitude. C’est donc sur sa personnalité que se concentre l’exposition.Oscar Wilde photo

« Je peux résister à tout sauf à la tentation »

Oscar Wilde esthète mais surtout provocateur à la conversation exquise parce que piquante, aux bons mots sans cesse dégainés, à la plume trempée dans la controverse et la beauté. La vie n’a d’intérêt que si on la bouscule un peu et il est doué, très doué à ce jeu. Salomé, une de ses pièces a d’ailleurs été interdite par la censure en Angleterre. Il était connu pour son effronterie que beaucoup ont (re)qualifié d’indécence pour lui nuire.

…un malin génie dans ses formulations

« Je peux résister à tout sauf à la tentation » : c’était un malin génie dans ses formulations. Avec beaucoup d’élégance, il se plaisait à dépouiller les gens de leurs certitudes et de leur manteau moral. Bien que le titre de l’exposition indique effectivement ce trait de caractère extrêmement saillant chez le personnage : « L’impertinent absolu », excepté les aphorismes qui agrémentent les murs des salles, il n’est pas flagrant que cet homme fut un provocateur hors-pair. N’y avait-il pas d’autres moyens de le mettre en avant puisque c’est bien là le thème de l’exposition ? La dernière salle est sûrement celle qui fait le plus hommage à son impertinence.

« Les femmes sont faites pour être aimées non pour être comprises »

Ah les femmes ! Voilà un sujet dont Oscar Wilde a beaucoup parlé et pourtant, ce n’était pas là son penchant. L’écrivain est marié à Constance Lloyd lorsqu’il se prend d’une passion amoureuse pour un certain Alfred Douglas. Ils entament une liaison. Le père de l’amant, homophobe, aura sa peau lors d’un procès… Oscar Wilde homosexuel condamné, emprisonné puis exilé en France. Oscar Wilde qui meurt en 1900… Ruiné. C’est sûrement la meilleure salle que celle de ses dernières années. Beaucoup de péripéties et peu de joies malheureusement mais le reste de sa vie a semblé si facile que même lui avant ce fameux procès dit à Gide « Il faut qu’il arrive quelque chose ».

C’est un personnage connu de tous dont on ne connaît pourtant souvent que la surface que le Petit Palais célèbre. Si vous voulez creuser un peu ses zones d’ombres et de génies, l’exposition vous intéressera.

 

Dates : du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017
Lieu : Le Petit Palais (Paris)
Horaires : Du mardi au dimanche de 10h à 18h
Tarifs : 10€ (plein tarif), 7€ (tarif réduit), gratuit (moins de 18 ans)

Note
Intérêt
Scénographie de l'exposition
Olivia Bugault
Fraîchement débarquée sur Publik'art en cette année 2016, Olivia goûte bien trop la littérature, le cinéma et le théâtre ... bref la culture ! pour ne pas s'en mêler par la plume. Ainsi elle vous livre ses analyses sans oublier au passage de saluer bien bas chaque artiste que la critique soit bonne ou mauvaise.

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