Paula, un magnifique portrait de femme libre au tournant du XXe siècle

Paula
Paula, film de Christian Schwochow, Copyright Pandora Film

Paula, un magnifique portrait de femme libre au tournant du XXe siècle

Le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris faisait découvrir récemment l’oeuvre moderne et avant-gardiste de la peintre Paula Modersohn Becker pour un véritable choc esthétique. Le film Paula creuse le sujet en présentant magnifiquement la vie brève et intense d’une artiste d’exception. Têtue et déterminée comme seule une novatrice sait l’être, sa vie ressemble à un combat pour la reconnaissance en même temps qu’une quête perpétuelle d’amour. Carla Juri irradie l’écran de sa grâce et chacun de ses sourires fait briller le soleil. Si quelques longueurs s’intercalent de ci de là, le film est une merveille de délicatesse et d’harmonie. Avec 5 minutes de fin qui touchent au sublime, rien que ça.

Un portrait de femme moderne

Au nord de l’Allemagne, un village regroupait peintres et aspirants à la liberté. Quand la jeune Paula Becker rejoint la cohorte des utopistes, elle ne sait pas encore que sa vie va être changée pour toujours et surtout qu’elle va s’épanouir dans une vie sans concessions. La jeune (et éblouissante) Carla Juri prête ses traits (et son magnifique sourire) à l’artiste pour une performance cristalline. Entre naïveté feinte et tête de bois, elle donne une image certainement fantasmée mais ô combien séduisante de la peintre. Sans aucun cri ni trompette, elle semble se focaliser sur une quête personnelle, sortant perpétuellement du cadre pour imposer son regard. Face à elle, les soi-disant progressistes ne s’éloignent guère des traditions et des réflexes grégaires qu’elle rejette pour vivre une vie en accord avec ses aspirations. La rencontre avec Otto Modersohn lui fait aller chercher encore plus loin l’accomplissement, à Paris, pour se frotter à une scène artistique bouillonnante, avec ses espoirs et ses mirages.

Une fin tragique

S’il ne fallait qu’un argument pour donner envie de voir ce film, l’évocation des 5 minutes de fin devrait suffire. Sur l’air du Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ de Jean-Sébastien Bachle destin de la jeune femme de 31 ans s’accomplit, comme craint ou espéré selon les protagonistes. Une mise en scène admirable et une émotion grandiose transforment ce moment de cinéma en une ode à l’éternité. De quoi clôturer le film sur une note certes triste mais aussi universelle, la grâce survit à la mort et les sacrifices nécessaires pour s’élever doivent se payer. Une vie de combat se termine dans le drame mais le principal est acquis, une place dans le panthéon de la peinture moderne aux côtés des plus grands artistes. Le film suit un cheminement derrière l’actrice qui enchaine les poses amusées ou sarcastiques jusqu’à tirer d’inévitables sourires.

Paula rend un hommage vibrant à une artiste d’exception, porté par des comédiens qui retranscrivent parfaitement l’agitation d’un temps qui chamboulait les certitudes. Un film à découvrir absolument sur grand écran!

SYNOPSIS ET INFOS

Paula
Paula

1900, Nord de l’Allemagne. Paula Becker a 24 ans et veut la liberté, la gloire, le droit de jouir de son corps, et peindre avant tout. Malgré l’amour et l’admiration de son mari, le peintre Otto Modersohn, le manque de reconnaissance la pousse à tout quitter pour Paris, la ville des artistes. Elle entreprend dès lors une aventure qui va bouleverser son destin. Paula Modersohn-Becker devient la première femme peintre à imposer son propre langage pictural.

Sortie : le 1er mars 2017
Durée : 2h03
Réalisateur : Christian Schwochow
Avec : Carla JuriAlbrecht Abraham Schuch, Roxane Duran
Genre : Biopic, Drame

BANDE ANNONCE

Note
Originalité
Mise en scène
Réalisation
Jeu des acteurs
Stanislas Claude
Rédacteur ciné, théâtre, musique, BD, expos, parisien de vie, culturaddict de coeur. Fondateur et responsable du site Culturaddict, rédacteur sur le site lifestyle Gentleman moderne. Stanislas a le statut d'érudit sur Publik’Art.

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