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Precious de Lee Daniels

[ 6 ] 06/03/2010 |

Precious est une ode à la vie et à l’espoir. Véritable succès critique et public, le film de Lee Daniels a reçu de nombreux prix, notamment au festival du film indépendant de Sundance.

Synopsis : Precious, 16 ans, vit à Harlem. Enceinte de son père pour la deuxième fois, la proviseur de son lycée lui conseille une école alternative, où elle va apprendre à lire et à écrire pour parvenir, peut-être, à devenir libre…

Le père incestueux et violent est un fantôme. Il n’est qu’une silhouette que l’on entrevoit uniquement dans les premières minutes du film. La vraie ordure irresponsable, c’est la mère de Precious. Il est impossible de lui pardonner quoique se soit, même quand elle finit par s’expliquer. Cette mère indigne est ADMIRABLEMENT interprétée par Mo’Nique (voir photo ci-dessous), qui a d’ailleurs reçu l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle et dont on ne peut même plus supporter la vision à la sortie de ce film choc.

Car ce que le pitch de départ ne dit pas, c’est que Precious est également violentée par sa mère, qui la traite comme une esclave, la force à manger, lui répète à longueur de journée qu’elle ne vaut rien et se défoule sur elle physiquement. Et lorsque Precious sort dans la rue, c’est le regard des gens qui est insupportable.

Cette maltraitance permanente est le vrai départ du récit. Comment vivre lorsque l’on est quotidiennement humiliée, battue, violée ? Comment avouer que le géniteur de son enfant est son propre père ? Les barrières sociales sont parfois infranchissables. Son échappatoire est le rêve. S’évader dans un monde de paillettes et de glamour à chaque fois que la vie lui fait un nouveau cadeau…

L’interprétation on ne peut plus juste des actrices est l’argument principal de Precious, filmé avec un style documentaire, au plus près des personnages et avec les petits recadrages « zoom / dézoom » qui s’imposent. Mariah Carey est largement à la hauteur, tout comme Lenny Kravitz. Qui l’aurait cru ?

Un film qui fait pleurer, ça c’est sûr. Mais pas tant que ça. Lee Daniels n’a pas choisi la descente aux enfers mais plutôt la remontée difficile. On rencontre Precious au fond du trou puis on en sort avec elle, doucement. Grâce à cette prof géniale qui lui montrera que l’amour, c’est autre chose.

Et plus elle avancera dans son parcours scolaire, plus elle s’éloignera de sa mère et de son foyer toxique et moins elle aura besoin de rêver pour survivre. Car quelque chose de primordial s’installera : l’espoir.

- Caroline Mrowicki -


Commentaires (6)

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  1. avatar Benedicte dit :

    C’est la misère humaine vue à la loupe. Plutôt démoralisant, non ?

  2. avatar Caro dit :

    Et bien forcément un peu… Mais comme je le dis dans mon papier, pas tant que ça. Car le film se concentre vraiment sur la sortie du tunnel et donc se termine sur une note d’espoir. Même si effectivement, tout est très dur dans ce film, je ne peux pas dire le contraire! Il faut avoir le coeur bien accroché ^^

  3. avatar predator37 dit :

    « Precious » est dur et touchant. Superbement bien filmé, dans le style indépendant. Une description juste de la misère sociale a proprement parlé d’une vie dans laquelle règne l’humiliation constante. Des secrets, des non-dits, des hontes. Les acteurs sont fabuleux. La mise en scène est très bonne notamment tous les moments d’absence dans lesquels Precious rêve à une vie meilleure qu’elle ne pourra jamais attendre car notamment analphabète. De l’espoir, il y en a. C’est justement ce qui peut faire la force du film qui est à la base très sombre. Precious ne baisse jamais les bras, c’est ça l’espoir, se relever malgré les coups (physiques ou psychologiques). Les dialogues sont poignants et très durs parfois notamment les insultes à répétition de la part de sa mère. Enfin, la bande originale dans le style soul américaine est très sympa. Un véritable coup de cœur plein d’émotions.

  4. avatar bart666777 dit :

    Trop de malheur décrédibilise ce film, c’est le genre de chose qu’on verrait chez un Kidnappeur d’enfant (& encore juste une parti de ces malheurs), pas dans la vie de tout les jours

  5. avatar Caro dit :

    Malheureusement, bart666777, je pense que tu crois vivre au pays des bisounours!! Car ce genre de chose arrive en vrai, dans la vie de tous les jours comme tu dis.

  6. avatar ginger dit :

    @ bart666777 visiblement tu ne sais absolument pas de quoi tu parles, j’ai vu pire dans la réalité.
    Le monde est loin d’etre un compte de fée, et dans les milieux prolétaire en particulier on voit des choses qui nous font regretter d’etre « humain ».

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