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Public enemies, de Michael Mann

[ 0 ] 18/07/2009 |

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Ce film est une atmosphère forte : un morceau de pellicule sombre aux accents élégants et puissants, au cœur de nuances cuivrées et bronze des années 30. John Dillinger, braqueur de banque au geste mécanique et sûr, sévit aux Etats-Unis, recherché par un détective privé, et un territoire entier.


Public enemies, de Michael Mann

Ce film est une atmosphère forte : un morceau de pellicule sombre aux accents élégants et puissants, au cœur de nuances cuivrées et bronze des années 30. John Dillinger, braqueur de banque au geste mécanique et sûr, sévit aux Etats-Unis, recherché par un détective privé, et un territoire entier. Ce personnage, Johnny Depp se fait le plaisir de l’incarner dans une recette de charisme et de confiance en soi brutale. Bien évidemment, une merveille de jeu, par l’acteur au visage si unique.

L’intérêt du gangster historique animé de cette façon réside dans sa complexité très naturelle : placardé sur toutes les affiches, sans doute…Fier de l’être ? Aussi, un tant soit peu… Mais nous sommes bien loin des super héros habituellement dressés sur grand écran. John Dillinger, ici, ne recherche pas la célébrité, la vérité ou la justice, comme unique valeur et moteur à tous ses actes. S’il se comporte comme il se comporte, les motifs sous jacents sont difficilement palpables, ce qui fait de cet être mécanique capable d’amour, un personnage à appréhender comme un être de chair.

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De même, la beauté de Marion Cotillard dans son rôle de femme aimée et choisie tout de suite par le gangster, ne la cantonne pas au rôle de sourire et paillettes que l’on connaît à la femme fatale. Elle est élégante toujours, et son visage laisse les choses se passer avec distance, sans se précipiter avec émotivité sur l’urgence de la réaction…Elle regarde, elle sourit…Mais elle est aussi fragile, et naturelle, sa petite tête contre la sienne à souffler des mots, ses peurs très justement exprimées qu’il se fasse arrêter ou tuer, son origine modeste et son naturel à le raconter, ses mots incisifs et méprisants face au « gros lard » qui la tabasse pour qu’elle parle… Peut-être aurait-on préféré plus de présence, car à tout bien réfléchir, cette femme-là ne ressemble pas aux autres icônes de ce genre de films, mais reste dépourvue de personnalité bien identifiée.

Toujours est-il que le couple est bien pensé, et bien interprété, complété par un Christian Bale de qualité, détective froid, inconnu et de bonne carrure. Un trio chic donc, pour un film à la caméra réaliste, voire plus que réaliste, qui accompagne petit à petit au creux d’une intrigue que l’on suit avec plaisir malgré les clichés flagrants de l’histoire : peur d’être arrêté, de perdre son amour, rêve de voyage et d’exil, menaces de tueries, morts à chaque coin de rue, gangster traqué et recherché par tout un pays d’images…

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Ainsi, à nous éloigner des points forts atmosphère et trio principal de Public Ennemies, on ne pourra que noter les faiblesses de la chose : aucune dimension historique, documentaire ou sociale et polémique. Et ce, pas même du côté d’une moquerie du capitalisme et d’un héros qui vengerait un peuple victime de la Grande Dépression…Le film est une atmosphère et ça s’arrête là, malgré la plongée dans une autre époque et l’intrigue, percutante. Des personnalités vides malgré des acteurs qui, fort heureusement, communiquent avec prouesse des façons fortes d’être. Une histoire composée de clichés, bien menée heureusement. Quelques maladresses visuelles, dont une caméra qui peut sautiller derrière les arbres en vous faisant perdre la vue…Mais aussi une histoire de second plan sans intérêt aucun et difficilement compréhensible, propulsée au milieu du reste…Histoire au personnage féminin immigrée, celle-là même qui provoquera la mort de John Dillinger…Personnage pour le moins raté…Et bien sûr, la grossièreté miraculeuse et horripilante d’un héros recherché de tous que personne ne voit jamais. Petites erreurs et absence de tout contenu, le film arrive malgré tout à capter l’attention pour ce qu’il est : une ambiance.

Plus d’infos sur ce film

ouimais

Céline Escouteloup
http://spoomette.over-blog.com


Commentaires (0)

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  1. avatar E. dit :

    Une chronique ambigüe mais intéressante. Un bon mauvais film en somme? Une bonne ambiance. Mais c’est tout. Arf. Je sais pas si je vais m’y risquer, même si j’étais bien tenté avant de te lire…

  2. avatar Spoomette dit :

    Un bon mauvais film c’est tout à fait ça :) Un bon moment assez prenant tout de même, et d’une compagnie de bons acteurs…Alors c’est à conseiller. Mais il ne faut pas en attendre le triomphe mordant qu’on aurait pu en attendre, compte tenu du casting, de l’époque et de l’envergure.

  3. avatar C. dit :

    Du MM en somme.

    Et le fait de devoir justifier le choix de Cotillard jusque dans le trailer est pas bon signe…!

  4. avatar E. dit :

    Bon, si tu conseilles quand même, Spoomette, alors je tenterai l’aventure. Soyons fous !

  5. avatar Menzo dit :

    J’ai un peu la même impression que toi Céline, on a de plus l’impression que l’on connaît le film à l’avance… Bon, pas bon, ça n’a pas l’air de déchaîner les passions! J.Depp n’a pas l’air à son fort je trouve dans ce genre de rôle, et n’étant pas un grand fan de Cotillard…
    Je rejoins les avis sur l’ambiance, c’est qd mm M.Mann aux manettes, mais bon, sans plus quoi ;)
    Chronique intéressante cela dit!

  6. avatar abdul54 dit :

    Le jeu des acteurs est bon tout au long du film mais il n’a pas la consistance que j’aurais voulue. De plus, la multiplication des personnages sème la confusion dans les esprits. On se raccroche comme on peut à cette lutte à distance entre Le chef du FBI et Dillinger. Par contre très peu de choses sur le ressort psychologique de Dillinger, une approche très neutre qui ne permet pas d’éprouver de l’empathie ou de l’aversion. Je reste sur ma fin. De même, le rôle de Marion Cotillard est mal défini. Tout se résume par des attaques de banques et des attaques de banques. L’intérêt s’il y en a un ce sont les rapports entre Dillinger et la mafia mais ce n’est pas l’essentiel du film qui est raté, dommage le sujet était pas mal. Maintenant ceux qui admirent Depp y trouveront leur compte, vraiment beau le mec!

  7. avatar C. dit :

    Dans le même genre, préférer mille fois Mesrine.

    MM nous pond sa version du gangster intouchable populaire : une coquille argentée brillamment creuse avec un goût de stereotypes US indigestes comme la BO par exple (et la scène finale du « Bluebird » (pour ceux qui l’ont vue) larmoyante et pitoyable finit de nous achever).

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