Punisher Max T.2 : Bullseye, un comics de Jason Aaron et Steve Dillon
Avec cette suite pondue par l’imagination de Jason Aaron, Punisher Max gagne ses galons de prometteuse série adultes Marvel.
Après un premier tome confrontant deux antagonistes aux camps opposés (le Caïd et Franck Castle a.k.a Le Punisher) mais aux méthodes finalement similaires, Aaron continue sur sa lancée. Et cette fois, il amène un personnage bien connu des aficionados de comics : Bullseye (connu aussi sous le nom du Tireur) et va en tisser une intrigue surprenante.
Premier constat, Aaron a définitivement mis au placard les excentricités scénaristiques qu’a pu subir Franck Castle par le passé (super-pouvoirs, humour trash) pour apporter une vision réaliste du héros. Son Punisher se veut crédible, vieillissant (qui ne se remet pas miraculeusement de ses blessures, bien au contraire) et surtout rempli de doutes.
Quant à Bullseye, oubliée la vision du bad guy, prodige du tir, capable de tuer un individu avec un cure-dent (Aaron se moque d’ailleurs de ce passage honteusement culte du film Daredevil). Ici, Bullseye se « limite » à un tueur psychotique et ultra violent, prêt à absolument tout pour atteindre sa cible.
Une vision plus réaliste qui sied parfaitement à l’univers torturé du Punisher. Pas de place pour des super-héros ou autre justicier costumé. Ici, si les personnages sont hors du commun, c’est dans leurs capacités à être écorchés et psychologiquement instables.
Le récit d’Aaron apporte des questionnements particulièrement audacieux sur le héros, notamment via la confrontation Punisher / Bullseye. Les deux personnages, malgré leurs camps opposés, restent autant l’un que l’autre des psychopathes en puissance. En choisissant le meurtre comme modus operandi, Franck Castle est-il finalement bien différent de son adversaire ?
Autre élément amené ingénieusement, les origines du héros. Et pour ce faire, Aaron reprend un élément d’intrigue développé par Garth Ennis (précédent scénariste sur la série) dans la mini série Born. Celle-ci racontait comment le Punisher n’était pas né suite au massacre de sa famille mais pendant son service militaire au Vietnam. L’auteur exploite ce filon via un Bullseye désespéré de comprendre la psychologie du héros. Une obsession qui poussera le tueur à se glisser dans la peau de Castle et à comprendre ce qu’il a vécu (on ne vous en dit pas plus pour ne pas spoiler). Bref, un psychopathe en puissance, face à un héros qui l’est tout autant. Le récit crée un sentiment ambigu pour le lecteur : un présumé héros peut il se révéler finalement aussi psychotique que les criminels qu’il poursuit ?
Ce second volume amène une confrontation dérangeante ( qui des deux est le plus ravagé ?).
Et encore une fois, le bouquin est d’une violence prononcée qui le destine uniquement à un public averti.
Un livre noir, provocateur, prenant. Mais qui prouve surtout que comics ne rime pas forcément avec aventures de super-héros en collants pour les enfants. Et ça, ça fait du bien. 
Florent
Categorie: BD, Neuvième Art







