Home / C. / E. / Neuvième Art / Retour sur le Festival International de la BD d’Angoulême

Inutile d’aborder les lauréats du 37e Festival International de le Bande Dessinée d’Angoulême, autrement appelé le FIBD, . Parce que vous pouvez consulter le palmarès à cette adresse mais également parce que le FIBD a été le premier évènement BD qu’une partie de l’équipe de Publik’Art a foulé, l’air enjoué, avant un week-end chargé, sans qu’un seul mauvais tour ne puisse être déjoué… Il fallait donc bien que l’on fasse ce petit retour en arrière, histoire de vous en donner un aperçu.

Le FIBD et ses quelques 200.000 visiteurs (pour une ville qui ne compte que 100.000 habitants) est connu pour être le premier salon européen dédié au neuvième art. Et comme vous pourrez le lire dans le petit pêle mêle de C. qui suit, il fut difficile pour nous de trouver un accueil ou même une place auprès de nos chers angoulemois en surpopulation manifeste (que ce soit sous les chapiteaux, les restaurants et bars, les spectacles….).

Le leitmotiv du FIBD était biensûr d’afficher « COMPLET ».

Mur de Magasin Général de Loisel et Tripp

Nous avions bien au programme quelques petites festivités prévues, comme la projection , en présence de Loisel et Tripp (co-auteurs, dessins et scénario, de Magasin Général, en compétition pour le tome 5…) que nous avons manquée, la faute à un restau bondé. On se souvient également de la performance du très grand Makoto Yukimura (auteur de l’ineffable Planetes et de la série Vikings  Vinland Saga) qui affichait complet à nos dépens samedi après midi (quand je dis « on s’en souvient », c’est juste des vigiles nous refoulant en vérité…).  Heureusement, lot de consolation, Comarin avait pu apercevoir le Maître le matin même lors d’une conférence riche en discussions. L’auteur exposait également quelques planches originales de son dernier manga Vinland Saga qui, a-t-il dit, est bien parti pour atteindre la trentaine de tomes (?!).

Planches originales de Vinland Saga exposées au Manga Building

Si nous avons également manqué la table ronde  One Piece, les secrets d’un succès, nous sommes passés par la petite exposition sur le manga du même nom, où était également mis à disposition du public un petit nombre de planches de Eiichiro Oda. C’est là que nous avons retrouvé non contents  C. et Lore (dixit « Les Basques » plus loin dans le texte) de retour de leur non-entretien convenu avec RUN, l’auteur de Mutafukaz des éditions Ankama que nous suivions jusque là très assidument (voyez donc le récit de C. pour en savoir plus sur son épopée…).

Planches originales de One Piece exposées au Manga Building

Après un passage intéressé sous le chapiteau des éditeurs indépendants où l’on a croisé le regard fou de Dash Shaw et son pavé déluré Bottomless Belly Button qui avait été sélectionné au festival de 2009, ravissant les meilleures critiques. Une petite dédicace plus loin, le Mister nous laisse ahuris avec une photo bien sympatique et un album qu’il a stabilobossé de jaune fluo au hasard d’une page et dont il a recouvert la tranche d’un demi visage sans oublié le petit mot en début de BD, plus classique cette fois. Un personnage complétement barré mais qui ne semblait pas méchant, bien au contraire.

Dash Shaw devant sa pile de Bottomless Belly Button

C’est enfin sur le spectacle de Bill, Gobi et Fabien M. (auteurs de l’univers des Lucha Libre et notamment pour Fabien M. des Tikitis, que l’on s’est calmé les nerfs avec une performance présentée au Manga Building, : Golden Fist Of Apocalypse.

 

Le lendemain (dimanche), après un repos bien mérité à quelques kilomètres de là, on revenait sur place pour une petite rencontre improvisée avec Manu XYZ, auteur des éditions Manolosanctis, qui a collaboré notamment à  l’écriture de Phantasmes et qui s’occupait également de mettre en images ses impressions sur le FIBD dans les tribunes de l’Express (voir ses planches ici ou sur son blog). Un humour décalé plein de dérision et d’auto-dérision. Très sympa ! Et une très belle dédicace avec ça!

Laissons maintenant la parole à C. qui saura apporter toutes les précisions sur les sujets qui ont pu être abordés ci-dessus :

Samedi 30 janvier – pluie matinale maussade, drue et infatigable avec sa T°C à 1 chiffre. Temps prêté pour se terrer sous la couette à avaler d’la bulle bien au chaud ! Justement, on en sort pour aller la traquer (la bulle) – se persuadant que l’occasion se renouvellera bientôt (de pouvoir s’emmitoufler dans sa geignardise fainéante sous l’édredon épais). Direction donc Angoulême surplombant la Charente juchée sur son plateau rocheux. Passage obligatoire aux environs de la voie ferrée où on récupérera une partie de l’équipe (et non pas la moindre puisque s’agissant de la Direction P’Art débarquée fraîchement depuis Nancy).

Le temps de célébrer les retrouvailles humides, joyeuses et câlines – on s’empressera d’aller rejoindre un Comarin foulant déjà le sol charentais depuis l’ouverture de l’aurore. Petite tartine micro-ondée accompagnée de sa verte salade rapidement avalée downtown dans une ébullition ambiante naissante et nous portons nos orteils à notre cou afin d’assurer l’interview de 15h de Run (Mutafukaz).

Mur du stand Ankama

Chacun se répartissant un événement à couvrir (E., Fanfan d’un côté, Comarin de l’autre et les Basques chez Ankama). C’est à la Maison des Editeurs sur le Champ de Mars que nous accostons dans un véritable bain de foule qu’il nous faudra braver avec ténacité pour arriver au fond à gauche chez Ankama où ça transpire le débordement. Impossible de se mettre en contact avec l’Organisateur du meeting, qui aura probablement déconnecté son portable (prévention ou négligence ?). Très difficile de savoir où est notre candidat jusqu’à ce qu’on interpelle notre Organisateur (grand hasard chanceux). Grands yeux perdus, compatissants et bourrés de désespoir : « P’Art ? Mmfff, j’avais zappé… à 15h ? En fait l’est super busy – il est dans la salle de réunion depuis des heures et n’en sort pas… ! Oui c’est ça repassez demain matin vu qu’il fait des dédicaces ».

Au même instant 4 ou 5 gars sortent du stand… mais a priori aucun de ceux-là n’est Run puisqu’il ne vit pas depuis son arrivée à Angoulême, enfermé en salle de réunion. Pas même ce jeune homme avec ses lunettes transparentes et son blouson de catch-fan et sa houppette de gentle-neo-punk ?! A la lecture de son badge, non – ça n’est pas Guillaume. Tant pis, on remballe le dict’Archos, le Lore-bridge-camera et toutes les superbes questions qu’on avait concoctées avec amour.

de droite à gauche, côté auteurs : J. Labsolu, le mec de Nerdz/No Life et Run (avec ses lunettes) – cliquez pour agrandir

Le reste de l’équipe aura su aménager son temps avec brio en couvrant le salon de façon efficace. C’est au Manga Building qu’on se retrouvera pour assister à une projection cinématographique Live-Design : les artistes (spectacle de Bill, Gobi et Fabien M.) se donnent en direct en ébauchant de la posture à animer puis à insérer dans le film préconçu. Ambiance chaude à l’humour et au trait fins : yes swing it ! Sur fond de musique électro, les trois artistes préparaient sous nos yeux ces quelques plans séquence d’une petite histoire burlesque qui nous a vraiment détendu le citron.  Le pitch était le suivant :  » Pour que l’humanité puisse profiter de la beauté des couchers de soleil en toute tranquilité, Golden Fist , le poing de la justice, a décidé de mettre ses pouvoirs au service d’une noble cause : taper les voyous !!! Mais attention Golden Fist…. tu sais ce qu’il se passe quand tu t’emportes !!! « 

Spectacle de Bill, Gobi et Fabien M. : Golden Fist Of Apocalypse

Après déambulation du côté des indés et dédicace ésotérique au fluo légendaire (E., t’as du collector !), c’est autour d’une pintasse prépayée que nous peaufinons le débriefing journalier, somme toute mouvementé. Le spectacle Blutch a convaincu la Direction de s’y convier tandis que nous, les Basques, choisissons d’aller se restaurer généreusement avec les locaux. D’un côté comme de l’autre – échec et loose cuisants : Blutch et resto insolemment blindés. Ce qui se solde par une errance glaciale en quête d’hospitalité pour les uns (et finalement opter pour de la Faro dans du gobelet en plastique !) et 2,5 heures d’attente pour se faire servir 2 malheureux sushis et 1 misérable maki… L’espace n’est définitivement pas compressible !

Petite nuitée sympathique dans les terres – à l’abris de la cohue indéniable de la ville. Breakfast bien dosé au bord de l’eau sous un soleil bas, perçant une lumière de cristal gelé. Planant de se retrouver en espace serein ! Dommage que Comarin ait du s’éclipser la veille au soir…

Une matinée ensoleillée et moins chargée que l’après 14h. Re-petit tour chez Ankama, au cas où… Jérémie Labsolu – en pleine dédicace passionnée de son tome à lui (MétaMuta) – nous apprend gentiment que Run n’est autre que l’homme aux lunettes transparentes. Celui qui s’est échappé odieusement la veille devant nous – prétextant un surmenage journalistique. Mais attention, pour approcher cet homme à la carrure de renommée, il aura fallu se procurer des tickets-à-dédicace (ce qui n’a pas été notre cas), édités au nombre très limité puisqu’à 11h il n’y en avait plus un ! C’est que le Môsieur n’aime pas les dédicaces (ah oui ?!), même lorsqu’il est annoncé au planning « d’astreintes » de 10h à 12h. On oubliera vite ce personnage probablement aussi intéressant que son pote Nerdz qui trouve un malsain plaisir à trasher ses fans (« tu fais quoi dans la vie ? Putain du marketing ? Un putain de sale boulot mon gars, c’est super laid ! »). On passe notre chemin en saluant le seul gars attachant du stand, Jérémie L.

S’ensuit une saga de dédicaces/achats – surtout dans l’underground où on découvre du bon personnage ultra sympathique (l’équipe de Phantasmes valait le détour !). On remplit les sacs à dos avant d’avaler une complète et sa bolée familiale pour se diriger vers l’ultime looserie tapie sournoisement à la SNCF. C’est avec un gentil retard de pas moins de 5h que les nancéens pourront repartir en surbooking, fessiers-martyrs sur strapontins – même châtiment que Mitterrand, de passage au festival.

- C. et E. -

Quelques dédicaces :

dédicace de Dash Shaw pour Bottomless Belly Button

dédicace de Manu XYZ pour Phantasmes

« Tu viens dormir chéri? »

« Non, je prépare ma pige pour Publik’Art »

 

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7 Responses to “Retour sur le Festival International de la BD d’Angoulême”

  1. Amaury Amaury Dit:

    Ca c’est de la couverture journalistique et le retour sur expérience particulièrement précis et enlevé, bravo aux envoyés spéciaux et aux garçons rédacteurs, hip hip hip hourra :)

  2. Lore Lore Dit:

    C’est vrai qu’on ne va pas facilement oublier le passage par le coin d’Ankama, mais comme ça au moins, on sait à quoi il faut s’attendre. Impressionnée moi aussi avec le monde qui avait par tout et surtout, même si l’expérience était bonne, on sort de là-bas avec l’impression que le festival est trop gros pour cette ville, comme si ils n’arrivaient pas à gérer le tout…
    On a en tout cas vu des choses que je pense qu’on ne voit que là-bas et cette impression d’avoir vu des choses uniques est toujours bonne.
    Merci pour l’article!
    Lore

  3. E. E. Dit:

    Merci Amaury pour ces encouragements! C’est très sympa ;-)
    Et je suis d’accord ac toi Lore: on a vu des choses uniques, dont 200.000 personnes reparties sur 5 rues! C’est vraiment dommage que cette ville soit si petite!

  4. Benedicte Benedicte Dit:

    Eh ben dites donc ! Quelle aventure !
    J’ai l’impression que dans l’ensemble, vous avez été très déçus par ce festival. Beaucoup trop de monde et l’accueil pas vraiment à la hauteur. Pourquoi faire le festival en tant qu’auteur, sil n’aime pas les interviews et fuit lamentablement ses rv ? Assez lamentable tout ça.Essayez de lui envoyer, par mail vos questions… On ne sait jamais !
    Heureusement que vous en avez approchés d’autres, très intéressants et sympa.
    Je pense, comme dit Lore, que ça valait le coup d’œil, mais juste une fois !
    On imagine, en plus, les longues files d’attente, et la fatigue, sans compter l’estomac bien mal traité…
    Bravo pour votre persévérance (moi, je serai partie !) et votre patience. J’espère que vous avez ramené de bonnes BD… Et je ne parle pas des péripéties de la SNCF, nous sommes en France, ne l’oublions pas !
    Merci pour votre écho !

    PS : Les habitants de la commune d’Angoulême sont des « Angoumoisins, Angoumoisines »

  5. C. C. Dit:

    Un festival probablement victime de son succès… Mais on en garde qd même de très bons souvenirs ! Et pour ce qui est de l’aventure manquée, ce n’est peut être que chose remise… wait&see !

  6. C. C. Dit:

    Angoumoisi : Dickcben tu nous offres à chaque fois d’la bonne documentation ! Merci à toi !

  7. Benedicte Benedicte Dit:

    Désolée : ce doit être une déformation professionnelle !!!

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