Robert Combas : derniers jours au MAC à Lyon

[ 0 ] 15/06/2012 |

Publik’Art a participé à une visite au Musée d’Art Contemporain de Lyon, sur la rétrospective de Robert Combas, commentée par l’artiste lui-même.

Combas dit faire une peinture assez radicale. Il choisit des thèmes principaux qu’il exprime sur grands formats, voire très grands formats. Avec les moyens du bord, souvent limités. Combas s’explique : « C’est du mal fait, bien fait ». Il est le créateur de « La figuration libre », c’est à dire : « Faire ce qu’on veut le plus possible, le plus personnellement, le plus librement ».
Combas peint avec sa culture, sa connaissance parfaite de l’art contemporain. Il exprime sa culture à travers des supports pauvres, très bruts. Ses thèmes préférés reviennent souvent : les batailles, thème de son enfance, la BD, Mickey, l’amour, la religion ou plutôt la spiritualité, les fleurs, la violence, la souffrance, la société, le sexe…
A deux ans, il dessinait déjà des batailles avec un stylo à bille. Il passait son temps à dessiner, c’est pourquoi ses parents l’ont inscrit aux Beaux-Arts, dès l’âge de 7 ans et jusqu’à 23 ans !
Adulte, il dit refaire la même chose que quand il était enfant, en plus grand, plus coloré.

Robert COMBAS, Couple psychopatex, 1995
Masque dentier, pointe phallus, serpent vagin, saint soldat d’opéra. Le regard affûté, prêt à se mordre ou à s’embrasser.
Acrylique sur toile – 135 x 135 cm
Collection Sophie Reynaud, Paris
© Adagp, Paris, 2012

Combas est né à Lyon, par « accident du travail » et a passé toute sa vie d’enfant et d’adolescent à Sète.
Il s’est fait réformer de l’armée pas parce qu’il n’aimait pas l’armée, mais plutôt parce que déjà à 20 ans, il n’avait pas de temps à perdre. Son objectif était de faire de la peinture tout en faisant un travail intègre, réaliser des tableaux expressionnistes. Toujours avec une grande liberté : liberté de supports, liberté totale, mais Combas dit subir des contraintes quand même. Il met l’accent sur le côté radical des ses œuvres, mais aussi sur le fait qu’elles sont accessibles à tous, qu’on n’a pas « besoin de se prendre la tête en les regardant ! ».
Il a déjà réalisé des multiples tableaux, en a donné beaucoup. Mais il n’a jamais fait le même. Souvent cela peut paraître absurde, mais pas pour lui, sa peinture est toujours réaliste. Il est le témoin de son époque et travaille les grands thèmes de la société, le sexe par exemple, mais avec esthétisme. Il se dit immature, mais ce serait plutôt l’âme d’enfant qui continue à exister en lui.
Tout est énergie. Combas dit avoir du mal à parler, même à écrire, du coup, à travers la peinture, il s’exprime totalement, en toute liberté.
Et bien sûr, on sent l’énergie considérable de Combas à travers chacun de ses tableaux. Souvent, on voit des scènes un peu « dégueu », d’après lui, mais ce serait plutôt une espèce de caricature de la BD, BD qu’il n’aime pas !
Ses thèmes ne sont pas forcément drôles, exprimant beaucoup de violence, il y a trop de violence dans le monde, donc Combas fait des choses qui font grincer mais en restant toujours poétiques.

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Plusieurs choses sont cachées dans ses tableaux, mais Combas ne dévoilera rien tout en disant que chaque tableau raconte toute une histoire qu’il ne comprend pas lui-même !
Le Commissaire de l’exposition voulait faire des thèmes, donc Combas a exposé ses œuvres en essayant de les réunir par thèmes. Une salle est réservée à tout ce qui touche au sexe, donc « porno » et interdite au moins de 18 ans. Et c’est un témoignage de notre époque, commente l’artiste. C’est à la fois du dessin et de l’écriture : « Pas besoin de toucher pour avoir des envies » !
Certains tableaux comportent des coulures. Combas précise qu’il n’est pas le premier à faire des coulures, mais lui, le fait différemment.
Combas aime la magie et à travers certains de ses tableaux, il réalise sa passion : un jeu de lumière va donner des effets magiques aux couleurs. Il crée des tableaux hybrides : du dessin, du verre sans reflet, il dessine dessus et dessous le verre. Pour Combas, cela relève de la magie avec presque rien !
Un superbe vitrail raconte toute une histoire avec des couleurs sublimes. Combas le juge très très étrange et il ne le comprend pas lui-même.
Au centre de l’exposition, se trouve un atelier où Combas travaille. Il dit d’ailleurs que cela lui pose un problème : « Ca fait une semaine que je fais le cabotin, mais avec le plaisir d’y être, mais créer dans cet atelier me pose des problèmes aujourd’hui et je dois y rester 2 mois ! Pour créer, il me faut le bordel ! »
Le 3ème étage est consacré à la musique, c’est « l’Art total », un mur rempli de ses œuvres, toutes en rapport avec la musique. « La peinture, le rock : 30 ans de passion acharnée ».
Greatest Hits, c’est « Robert Combas qui peint comme on fait du rock ».
Cette magnifique exposition montre bien que chez cet artiste peinture et musique sont indissociables et forment l’unité radicale de Combas, et son énergie transperce aussi bien ses œuvres que sa musique.

http://www.combas.com/

Bénédicte


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Categorie: Art Contemporain

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