Rubber, un film de Quentin Dupieux
Rubber est le dernier Ovni de Quentin Dupieux, récit déjanté d’un pneu psychopate et assoiffé de vengeance qui tue tout sur son passage.
Synopsis Officiel : Dans le désert californien, des spectateurs incrédules assistent aux aventures d’un pneu tueur et télépathe, mystérieusement attiré par une jolie jeune fille. Une enquête commence.
Amis cinéphiles, rangez-vos méninges, le film de Quentin Dupieux est une véritable machine à laver les cerveaux. Mr Oizo (son pseudonyme) crée des ovnis : déjà en 2007, il écrit et réalise Steak, son premier long métrage satirique avec Eric et Ramzy. Si les avis sont mitigés, le cinéaste ne semble pas abattu par la critique et revient en force avec Rubber, encore plus déluré et en décalage complet avec les productions du commun des mortels. Le film a été présenté au festival de Cannes 2010, en séance spéciale de la semaine de la critique.
Le scénario est aussi inhabituel que siphonné : Robert est un pneu, un pneu tueur qui fait exploser toutes les têtes sur son passage, du petit lapin inoffensif au policier de campagne. Robert est aussi un pneu amoureux, animé par un désir de vengeance après avoir assisté à la crémation d’une partie son peuple de caoutchouteux. Si vous croisez Robert, le mieux à faire est de déguerpir avant qu’il ne vous fasse sauter les ciboulots avec ses pouvoirs télépathiques. A quelques mètres du pneu enragé, au beau milieu d’un désert californien, un groupe d’ahuris venus pour l’occasion contemple le spectacle et s’agitent de la moindre péripétie du serial-killer pneumatique.
Ce surréalisme poussé à l’extrême n’est pas sans évoquer quelques scènes de Dali et Buñuel dans Un chien andalou, dont Quentin Dupieux s’était d’ailleurs inspiré pour la couverture de son quatrième album Lambs Anger. Un soupçon d’humour noir vient agrémenter ce cocktail explosif et riche en éclats de crânes et sang de dindon. Le moins qu’on puisse dire, c’est que Mr Oizo a adopté la gore-attitude, mais l’ambiance absurde contre-balance si bien ce trop-plein d’hémoglobine qu’on finit par s’acclimater. Pizza aux boyaux et carcasse de corbeaux, bon appétit bien sûr.
Quoiqu’il en soit, si Rubber peut déplaire par son caractère improbable et complètement déjanté, on lui reconnaît les prouesses techniques d’une qualité d’image indéniable, d’autant plus que le cinéaste s’est contenté d’un unique appareil photo numérique pour réaliser ses séquences. Les promenades de Robert le pneu tueur dans le désert californien sont juste un pur délice, et l’originalité naturelle des méthodes de tournage appelle à la curiosité.
D’ailleurs, Quentin Dupieux a confié à Libération que ses techniques ont suscité les interrogations : « A Cannes, les journalistes m’ont tous demandé comment j’avais fait pour que le pneu roule. Six mois plus tôt ils avaient vu Avatar, des effets spéciaux au-delà du barjot, et les mecs me demandaient comment j’avais fait pour faire rouler un pneu ! C’est une impression relativement agréable, que celle d’avoir réinventé la roue». Et personne ne se questionnera sur le pourquoi du comment il est allé voir Rubber, puisque, qui ira verra, un des personnages répond : « No reason ».
RUBBER : Bande-annonce [HD-VO]
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Charlotte Henry
Site officiel :









Incroyable ! Un film fait sur mesure pour mon background…… un bonne découverte pour le moins innovante !