Sibérie, un film de Joana Preiss
Synopsis officiel : Un couple part en voyage avec deux petites caméras pour faire un film. A bord du transsibérien, ils échangent sur l’amour, le désir, le cinéma. Peu à peu, la caméra devient pour chacun le moyen de traquer les sentiments de l’autre. Au fil des paysages inconnus, la vérité de leur relation se dévoile.
Joana et Bruno sont ensemble, ils s’aiment et se le disent, mais se le prouvent peu. Elle est actrice, lui réalisateur, comme dans la vraie vie. On connait en effet Joana Preiss pour ses rôles chez Christophe Honoré ou Olivier Assayas et sa carrière de modèle (photographiée par Nan Goldin, égérie de Nicolas Ghesquière) et Bruno Dumont pour ses réalisations troublantes (Hadewijch, Hors Satan …). Dans Sibérie, la fiction se mêle à la réalité, peu importe. Au delà de l’autofiction, c’est l’histoire d’un amour déchirant qui interpelle le spectateur.
Si la question de la relation entre un réalisateur et son actrice se pose, c’est plutôt celle des rapports de force dans tout couple qui transparait. La frontière entre l’intime et le non-intime s’amenuise, mais de manière magsitrale Joana Preiss ne tombe pas dans l’exhibition inutile. Ainsi, lorsque Bruno décide de la filmer nue, il le fait dans le noir : tout le film est une mise à nue des personnages, une scène de sexe n’ajouterait rien au propos.
L’utilisation de la caméra DV procure au film son grain si particulier, « on est sur le vif là » affirme même Bruno. Entre le documentaire et l’art video, ce qui aurait être le film de vacance d’un couple en crise se trouve être un bel objet cinématographique expérimentale. L’histoire est décousue mais sublimée par des personnages que les pixels transformeraient presque en fantôme. Le travail sur le montage est primordiale : retour en arrière, moments de flottements…le temps est déconstruit dans la mesure même où les sujets se perdent.
Categorie: Cinéma, Critiques Films












