Simon Werner a disparu…un film de Fabrice Gobert

[ 1 ] 11/09/2010 |

Sorti en Salles le 22 septembre 2010

Présenté au dernier Festival de Cannes dans la sélection officielle « Un certain regard« , ce premier long métrage de Frabrice Gobert mélange savamment les genres ( teen-movie, polar, épouvante, parodie de sitcom) et nous surprend agréablement tant dans sa forme que son intrigue à suspens, prétexte à raconter l’adolescence avec sa quête d’identité.

Dans un lycée de banlieue parisienne, un élève de terminale manque à l’appel et ne laisse plus aucune trace de lui. C’est ensuite un second qui disparait puis un troisième appartenant à la même classe. Fugue, enlèvement, suicide, meurtre ? Toutes les hypothèses sont envisagées par les élèves dont l’imagination fantasmée n’a d’égale que leur recherche d’exister, de positionnement à l’intérieur du groupe et de fuite d’un avenir incertain.

Avec des séquences très rythmées et des dialogues sur le vif, l’atmosphère éclectique et de situation se complexifie où la personnalité stéréotypée des protagonistes est prise à contre pied.

L’enquête sur les disparitions est déclinée non pas de manière linéaire mais suivant une narration déconstruite, sous la forme de quatre chapitres centrés sur les principaux personnages (Jérémie, Alice, Jean-Baptiste et Simon), et qui participe aux effets de surprise en passant d’un genre narratif à un autre tout en servant le ton énigmatique.

On fait des allers et retours dans la chronologie qui, en plaçant les protagonistes sous des éclairages différents, scrutent leurs personnalités et alimentent sous un nouvel angle la résolution de l’enquête dont l’objet véritable est de nous immerger dans un contexte post adolescent où les peurs, le besoin de se démarquer, la pression des parents et de la société sont exacerbés.

Sous une très travaillée et crépusculaire, le lotissement pavillonnaire, sa forêt automnale, le lycée en béton ouvert vers l’extérieur avec de grandes baies vitrées et ses larges couloirs, offrent un écrin étrange et angoissant typiquement US. Elle attise à merveille l’univers de cette banlieue trop ordinaire à l’instar de la vie de ses résidents où l’enfer c’est l’autre avec sa projection ennuyeuse et morose.

La BO très efficace colle parfaitement à cet univers d’insatisfaction où le quotidien se fait menaçant. « Pendant la préparation, j’ai beaucoup écouté Sonic Youth, raconte le réalisateur. Il y avait quelque chose qui correspondait tout à fait à l’univers du film, quelque chose d’évident qui tenait à la puissance, à la singularité et à la mélancolie qui émanent de leurs chansons. Avec mes producteurs, nous nous sommes pris à rêver qu’ils composent la musique. Sans trop y croire, nous les avons contactés, et pour mon plus grand bonheur le projet les a intéressés ».

Un film dont la construction conceptuelle tient toutes ses promesses jusqu’à sa chute inattendue qui marque une rupture avec l’adolescence fantasmée et sa nécessité de s’affirmer…

-Amaury Jacquet-


Categorie: Cinéma, Critiques Films

Commentaires (1)

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  1. avatar C. dit :

    Intriguant… plus ton billet que le trailer d’ailleurs… A tenter.

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