Stefan Zweig, adieu l’Europe rend un bel hommage au célèbre écrivain autrichien

Stefan Zweig, adieu l'Europe
Stefan Zweig, adieu l’Europe, film de Maria Schrader, Copyright X Verleih

Stefan Zweig, adieu l’Europe rend un bel hommage au célèbre écrivain autrichien

Stefan Zweig, adieu l’Europe évoque les 6 dernières années de la vie du célébrissime auteur du Joueur d’échecs ou de Amok. Mondialement connu et reconnu, il vit mal sa fuite d’une Europe en plein marasme. La sensibilité le dispute à la mélancolie dans ce biopic quasi onirique.

Européen convaincu et humaniste à fleur de peau, Stefan Zweig est obligé de fuir le péril nazi en 1936. Son ascendance juive le met en grand danger face aux rafles qui se multiplient en Allemagne dès 1933. Précédant l’invasion de l’Autriche en 1938, son entourage l’enjoint à quitter cette Europe qu’il aime tant pour se réfugier sur le continent américain. Le Brésil, l’Argentine et les Etats-Unis accueillent à bras ouvert l’auteur mondialement acclamé de chefs d’oeuvres de la littérature. Mais Zweig vit mal son exil forcé, se torturant dans un auto apitoiement incessant.

De 1936 au tragique dénouement du 22 février 1942, le film suit les différents épisodes du périple américain de Stefan Zweig. Tandis que ses hôtes fêtent l’écrivain partout où il passe, son esprit semble ailleurs, à quelques milliers de kilomètres, dans ces pays qu’il ne verra plus jamais. Loin de le réjouir, les multiples hommages le mettent mal à l’aise, l’éclairant sur l’aveuglement humain face à la tragédie européenne. Plus ses hôtes le fêtent, plus il s’enfonce dans un insondable malaise.

Joseph Hader personnifie physiquement le malaise d’un auteur à la sensibilité exacerbée. Sa fine perception de l’esprit humain le rend d’autant plus vulnérable à la tragédie européenne qu’il la ressent de tout son être. Celui que son entourage loue pour sa sagacité ne supporte pas le déferlement de violence qui s’installe sur son continent. L’acteur prête ses traits perpétuellement mélancoliques et son sourire contrit pour évoquer le trouble d’un homme accablé par les insupportables preuves de la barbarie humaine.

Le film accumule les scènes comme autant de tableaux merveilleusement mis en scène. La scène d’ouverture et le tableau final impressionnent et émeuvent par leur chorégraphie millimétrée. La perfection formelle renvoie à l’art de l’auteur pour décrire la psyché humaine, suscitant autant l’humour que la perplexité face aux imprévisibles réflexes de personnages souvent perdus et abattus. Les nombreux admirateurs de son oeuvre se réjouiront de le voir comme déambuler à l’écran, passant du français à l’allemand en passant par le portugais avec une aisance naturelle, reflet de son inimitable agilité intellectuelle.

Cette évocation de Stefan Zweig fascine et interpelle. La souffrance intérieure de l’écrivain autrichien affleure dans chaque plan, révélant sa profonde honnêteté et son éternelle sincérité.

SYNOPSIS ET INFOS

Stefan Zweig, adieu l'Europe
Stefan Zweig, adieu l’Europe

En 1936, Stefan Zweig décide de quitter définitivement l’Europe. Le film raconte son exil, de Rio de Janeiro à Buenos Aires, de New York à Petrópolis.

Sortie : le 10 août 2016
Durée : 1h46
Réalisateur : Maria Schrader
Avec : Josef HaderBarbara Sukowa, Aenne Schwarz
Genre : Drame, Biopic

BANDE ANNONCE

Note
Originalité
Mise en scène
Réalisation
Jeu des acteurs
Stanislas Claude
Rédacteur ciné, théâtre, musique, BD, expos, parisien de vie, culturaddict de coeur. Fondateur et responsable du site Culturaddict, rédacteur sur le site lifestyle Gentleman moderne. Stanislas a le statut d'érudit sur Publik’Art.

1 commentaire

  1. On peut regretter de ne rien apprendre sur les œuvres de Stefan Zweig. On le voit vivre, évoluer, au Brésil, mais ce n’est pas grâce à ce film de Maria Schrader que vous saurez tout sur Stefan Zweig. Par contre, cela vous donnera sans doute envie de replonger dans un de ces livres… Un bon film sur un grand écrivain du XX siècle.

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