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STORY OF JEN, de François Rotger

[ 0 ] 21/06/2009 |

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Jen, jeune adolescente d’une quinzaine d’année, introvertie et peinant dans la souffrance innocente et meurtrie, se cherche – perdue entre les déboires de sa mère et la disparition de son père. Le demi-frère de son père propose ses services et vient habiter la grange de la reculée et fantomatique mansarde familiale.

Ce second long-métrage de François Rotger (The Passenger) situe les personnages dans un espace-temps difficilement palpable aux abords de LA, espace tangent aux grandes réserves du Nord. Le ton de voix off de la jeune Jen se fond dans la mélodie minimaliste brumeuse et magnifique (composée par le réalisateur lui-même !) et sublime l’annonce d’un mystère animal qui habite les lieux (parfois même difficilement décryptable dans son chuchotement).

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Si l’histoire est inspirée de faits réels (d’une amie du réalisateur qui s’est désistée finalement du projet trop lourd à gérer), on navigue à travers des flots à la turbulence douce sur lesquels Laurence Leboeuf règne en maître avec le très étonnant Tony Ward (a priori un ex de Madonna !). Ce jeu des langues français-anglais (le famille de Jen est française) renforce la sensation de confinement et d’isolation et paradoxalement poétise la pureté virginale de Jen. Si le jeu de la mère incarnée par Marina Hands ne convainc pas toujours (laide, éreintante et dépassée), celui des rôles secondaires comme celui du grand-père Melvin (Daniel Pilon) est interprété avec justesse, sans fioriture ni excès – un ton silencieux à l’impact fort.

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Il y sera abordé sous fond de western moderne à l’espace bestial et à l’immensité angoissante la relation mère-fille, l’identité adolescente, la famille sous un angle plus large et la souffrance sous-jacente (le seul mot retrouvé après le drame du père résume à lui seul une malédiction contagieuse flippante puisqu’il s’agit d’un très court mais évocateur  Fuck you) et bien sûr l’animosité de l’homme qu’il soit civilisé ou non. Une toute spéciale mention à Tony Ward qui perce l’écran de son caractère solitaire, mystérieux, attirant, charismatique, impénétrable qui n’appartient qu’à lui-même.

Un voyage curieux, à la détente visuelle artistique et à l’interpellation intelligente et non singulière.

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C.

coupdecoeur1


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