Suivez le flux RSS

Stupeflip : « The Hypnoflip Invasion » fait trembler la rédaction

[ 6 ] 12/02/2011 |

Invasion : depuis le 07 Février 2011

http://www.myspace.com/stupeflip

Je triture la jaquette rouge habitée de créatures encéphalo-flippantes et aperçois l’homme central masqué à la redingote imprimée « Bien Pensant » qui annonce l’Hypnoflip Invasion de son sourire sadique et narquois. En haut à droite, on rallie le label Stupeflip, vidé de son contenu au contour blanc piquant.

J’extirpe la galette noire au titre jaune Star-Wars like et l’insère toutes écoutilles ouvertes dans mon lecteur. Les premières secondes semblent naître là où d’autres ont fini… puisque le son disparaît en fading pour mieux laisser place au célèbre adage « Le Stupeflip CROU ne mourra jamais ». Puis de la saturation de guitare arrosée d’orgue macabre sous fond de palabres et rires inquiétants annonçant en britannique (à moins que ça soit de l’américain) une Invasion.

On découvre à la fin de cette courte introduction une liturgie pastorale énigmatique puisqu’on y intercepte une suite de mots impénétrables mais qui me plaisent bien « Bien heureux serez-vous si les hommes […] parlent d’exclusion et tressaillez d’allégresse car votre récompense sera bonne dans le ciel…..». Un paradigme profond qui assure radieusement la liaison avec le véritable préambule de l’aventure : Stupeflip vite !!! Et là ça tape fort, hardcore « Mon sourire te glace comme un clic-clac qui grince » et on retrouve les pourritures du CROU, gueulant et déversant leur verbe subversif annonçant leur retour, en force et autoproduit. Ca scratch, bouge-sa-tête et le chorus est monté musclé, percutant et jouissif (…tu l’as séquestré, bâillonné, ligoté…oh ouiiiiii). Le tout est fourré à l’instrumental qu’on pourrait assimilé aux riffs Logilo inspiré de l’animalité Lordz of Brooklyn.

On atterrit ensuite en 2999, annonçant la mort du CROU mais où la terrifiante Mesuiserie exerce toujours son activité luciférienne. Bruit de briquet qu’on allume, sifflement de scie vigoureuse et soudaine inhalation de stup… et on entre dans l’antre de la Mesuiserie – beat lent irrésistible à la sauce 3 notes / 1 cri ponctué de chuintements d’outillage. Leur bricolage à eux c’est de prendre des p’tits bouts d’trucs et puis les assembler ensemble et c’est un orchestre magistralement bien construit.

S’ensuit – Radio Flip 72.8 – un disco voyage cérébral qui annonce Pop-Hip avec son érotico  Gaëlle. Se lance dans une tirade amoureuse au refrain chanté sur un beat kitcho-dance. Tout ça pour conclure que Pop-Hip pose un sérieux problème au sein de la Menuiserie… On retourne aux choses sérieuses avec un bon son HH sorti direct from NYC (son digne des premiers House of Pain ou du Wu-Tang du temps où étaient ninjas) pour Chack da Crou. Une tonalité égo-trip satirique où le freestyle débile c’est super cool ça sert à rien. Après ce morceau lourd et saturé, on débarque joyeux dans la cour d’école avec Le spleen des petits. C’est gentil (jusqu’à la fin où vengeance est réclamée) et pourrait très bien s’inscrire dans le dernier Klub des 7.

Hater’s killah met en exergue le membre caché du CROU qui expectore sa haine de ceux qu’ont du Flanby dans le slop et y accole sa vision du Stupeflip qui n’est pas n’importe quoi. Instru au piano acide et au lyric qui t’handicape quand tu l’as pas. Gém Lé Moch’ vient compléter la vision de Pop-Hip du romantisme dans un registre plus léché… c’est plus fin que la philosophie ICPienne de la femme mais on n’en est pas loin, au travers cet amour inconditionnel pour ces monstres qu’ont pas besoin d’antivol.

Plus loin, on gravit le Sinobe Pibouin, la religion du Stup qui ne s’éteindra jamais (n’est-ce pas Joël ?). Un son proche de celui d’un Necro qui annonce l’étincelle des fidèles. Rien ne vaut une grave prière avant d’aller faire un tour à Chatelet avec le léger et chantant Petit blouson en daim. On retrouve ensuite un nouvel épisode déclaration d’amour avec la lettre à Mylène, ésotérique et délirante. Apocalypse 894 retiendra plus notre attention où ça s’égo-trip et s’égosille toujours dans une dimension HH à la résonance sympa mais au triste sort : Pop-Hip se fait tuer. Le Cœur qui Cogne clôt l’épisode amoureux-litigieux dans lequel on réclame de la sensualité et de la chair de poule. Habillée de féminité exacerbée, ce morceau ravira les fans de Mylène. Dans Region est, de longs big-ups sont déblatérés auxquels s’ensuit un épilogue hurlant caractéristique d’un groupuscule mythique de cette dimension : « Je vais vous stupéfier avec mon crayon Titi !! ». Nous aussi on veut s’en procurer un !

Stop – Eject. Je range le CD et vais me coucher. Pas mécontent de ce que je viens de bouffer par le conduit. Du léger épais, plutôt rare et super bienvenu. Joli boulot La Menuiserie, venez nous envahir plus souvent.

 

C.


Commentaires (6)

Trackback URL | Flux RSS des commentaires

  1. avatar VOlsky dit :

    bien sympa ton article ;) longue vie au stup!

  2. avatar Lmdk dit :

    Le CROU CRACRA qui creuse comme une pelleteuse !
    Longue vie au Stup

  3. avatar Golio-Krado dit :

    Super article Lapin !
    Le crou ne mourra jamais !

    Un truc pathaphysique, qui pique comme un aspic.

  4. c est vrai !!!!

  5. avatar Hadry dit :

    Enfin une critique positive et éclairée sur le CROU!

    « Truc qui fracasse la tête à base de caisse claire qui claque! »

  6. avatar Monsta dit :

    je fais mes 60 prières parterre dans la poudrière !!

Laisser un commentaire




Si vous voulez montrer une photo avec votre commentaire, aller chercher Gravatar.