Submarino un film de Thomas Vinterberg
Sorti en Salles le 1er septembre 2010
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Le réalisateur de Festen (Thomas Vinterberg) signe avec « Submarino » un film bouleversant, très noir, tragique, à l’humanité exacerbée qui nous prend aux tripes et affirme la puissance incroyablement émotionnelle du cinéaste Danois.
Le titre du film fait référence à une technique de torture dans laquelle on enfonce la tête de la victime sous l’eau et induit la trame narrative où deux frères auxquels rien n’a été épargné pendant l’enfance se retrouvent après plusieurs années de séparation et raconte comment leur passé dans la pauvreté matérielle et affective, l’alcool, la violence les poursuit et les détruit.
Dans la première séquence, qui évoque l’enfance de Nick et de son frère, on comprend d’emblée que ces personnages portent un très lourd fardeau. Les deux enfants livrés à eux mêmes, très proches, sont forcés de s’occuper de leur petit frère que leur mère alcoolique est incapable d’élever et qu’ils baptisent de manière improvisée dans l’appartement familial. Scène très forte qui constitue entre eux un moment symbolique de renaissance et rendue par une lumière très pure de Charlotte Bruus Christensen où Nick est le soutient affectif et protecteur de la fratrie.
Puis le bébé décédera, image cauchemardesque immortalisée par la caméra et qui imprime la conscience du spectateur comme celle des deux frères à jamais séparés.
Après cet épisode radical, le film se poursuit sur le destin contrarié des deux protagonistes et une errance autodestructrice. Nick, l’aîné, ancien taulard qui vivote dans un foyer après une rupture sentimentale non cicatrisée et dissimule sa détresse derrière une violence instinctive. Le cadet toxicomane, incapable de décrocher et anéanti par la mort de sa femme, qui se raccroche éperdument à l’éducation et au bonheur de son fils, Martin. Et les rôles secondaires à l’instar du duo participent aussi à cette mise en abîme de la marginalité et de son fatalisme pour lesquels une forte caractérisation laisse transparaître leur vulnérabilité et les rend particulièrement attachants.
Dans le cheminement sensible des deux personnages et cette possibilité d’être dans une tentative avortée de rapprochement entre les deux frères, le film atteint des sommets de vérité et d’intensité émotionnel associé à l’innocence et à la maturité du jeune Martin.
Le charisme incomparable de Jakob Cedergren (Nick) crève l’écran avec son regard intense et sa voix posée. La présence très fébrile de Peter Plaugborg dans le rôle du frère et son attachement salvateur à son fils avec sa maladresse à être un père modèle est poignante.
Par delà la noirceur du film et son inexorable déterminisme social, il nous parle d’humanité, de deuil impossible, d’humilité et de la force viscérale du lien familial.
Avec des plans rapprochés et en clairs-obscurs qui illustrent l’enfermement qui se joue et des instantanés lumineux notamment dans l’introduction et la conclusion comme un possible échappatoire, l’image esthétisante est une écriture évocatrice et métaphorique.
Un très grand film au réalisme désenchanté et porteur d’un humanisme époustouflant…
-Amaury Jacquet-
Categorie: Cinéma, Critiques Films












Encore une fois Amaury, tu nous donnes vraiment envie d’aller voir ce film.
Ouah, paraît bien noir tout ça… on retrouve la cellule familiale de Festen – sans dessus dessous à l’avenir peu prometteur… Mais à travers une contruction / image plus conventionnelles? Que dire de la mise en scène?
Ce cinéma n’a rien de conventionnel, c’est un film « coup de poing » aux images travaillées servi par une mise en scène fluide qui laisse toute sa place aux personnages et à leur odyssée poignante. Un seul mot d’ordre, cours y vite Cher Ami, tu n’en ressortiras pas indemne…
Je ne peux que te recommander Béné d’aller voir ce film, c’est un choc cinématographique rare…