Tetro de Francis Ford Coppola
Le dernier film de Francis Ford Coppola ne nous a pas convaincu malgré une interprétation enlevée et un propos personnel sur une fratrie aux rivalités artistiques dévastatrices.
Angelo (Vincent Gallo) a quitté dix ans plus tôt les États-Unis pour s’installer dans le quartier de La Boca à Buenos Aires et rompu avec toute sa famille notamment son père (Klaus Maria Brandauer), un monstre d’égoïsme, chef d’orchestre célèbre, despote et cruel, qui lui a, un jour révélé : « Il ne peut y avoir qu’un génie dans la famille ». Angelo, écrivain fragile à la sensibilité exacerbée qui a abonné toute ambition littéraire, se fait désormais appeler « Tetro » et mène une existence bohème auprès de Miranda (Maribel Verdu), son amoureuse.
C’est alors que son jeune frère, Bennie (Alden Ehrenreich) débarque chez lui pour renouer le lien interrompu et comprendre leur histoire identitaire commune. Mais Tetro s’y refuse obstinément et de leur confrontation ressurgit un passé encombrant avec des secrets de famille enfouis qui éclatent au grand jour et rouvrent des blessures jusqu’à la révélation ultime d’un non-dit expiatoire.
Nous avons été gênés par le maniérisme protéiforme (cadre, lumière, découpage) du cinéaste pour filmer, en noir et blanc, ce mélodrame familial dont la recherche à tout prix de l’éclat des images, certes esthétisant, n’en reste pas moins très démonstratif et ce au détriment d’une narration qui ne décolle pas, car prisonnière d’une rigueur esthétique dénaturant l’action proprement dite. C’est frustrant pour le spectateur car ce récit intime notamment sur la saga familiale et la célébrité ne manquait pas de possibilités d’explosions ni d’exploration subtile.
Si la maîtrise technique du cinéaste est indéniable, son artifice prend le pas sur l’expression narrative de l’œuvre et donc sa vérité essentielle. Elle en gomme les aspérités et la profondeur par des effets de mise en scène gratuits, des références culturelles, des plans surdimensionnés, et en livre une lecture amputée, comme cette vision très kitch de ces montagnes traversées de Patagonie qui scintillent en noir et blanc sous les yeux hallucinés de Tetro. Il en résulte des séquences qui s’étirent et non justifiées qui troublent la cohérence de l’histoire.
Concernant les acteurs, Vincent Gallo incarne avec conviction cet artiste fatigué et un peu barré. Sa compagne (Maribel Verdu) est très juste en femme protectrice et magnanime qui fait penser à l’univers féminin d’ Almodovar. Quant au jeune frère, Alden Ehrenreich à la beauté juvénile et nostalgique, il est la révélation de ce film par un jeu d’une sobriété étonnante.
Ce film aux accents autobiographiques nous renseigne sur la personnalité du cinéaste et sa construction en tant qu’artiste.
On regrettera que de belles images ne suffisent pas à elles seules à réussir un grand film, il faut aussi parvenir à ce juste équilibre entre la forme et le fond où la rencontre des deux doit opérer une transcendance naturelle et magique, cet élan là que le réalisateur n’est pas parvenu à insuffler, dommage !






Moi qui pensais pouvoir espérer un Grand Retour de Coppola avec ce Tetro… J’ai qd même envie d’aller y jeter mon grain voir comment ça fait. Te confirmerai mon ressenti.
J’crois qu’Amos-Perros l’a vu – à voir s’il commente ton papyrus moderne?!
Un bon film, très beau esthétiquement parlant, qui retrasncrit les émotions d’une famille qui se retrouve dans la Boca, quartier des artistes de Buenos Aires. Malgré une fin hasardeuse et certainement quelques effets de trop qui empiètent sur le reste, j’ai vraiment accroché à l’ambiance et aux personnages d’où résulte un film original par sa mise en oeuvre et son contexte. l’univers un peu barré de Coppola est bien présent, et les acteurs très bons! Mention spéciale au petit nouveau, futur grand?
Je le conseille en tout cas, ça reste un moment de ciné sympa ;)
oui cours y vite avec tes yeux grands ouverts et réceptifs…
Tu dis tout comme moi ou presque Menzo…sauf que de Coppola je m’attendais à plus qu’un film sympa o)))
Arf, je me retrouve tout a fait dans le commentaire de c.
J’irai le voir avec le pied sur le frein, Grace a Amaury. Ce qui limitera une possible déception. J’imaginais un très bon film… On verra bien!
Oui Gaël pas de conduite automatique stp…!!!
Après il ne peut pas faire que des chefs d’oeuvre… Sa patte est bien présente et il ne m’a pas plus déçu que ça!
il est excellent ce film !! Le coup du noir et blanc est génial . Les deux freres sont tops, l’histoire tient toutes ses promesses..Une sensibilité rare.
Et mon Dieu que c’est beau (une dernière prise superbe, des dialogues construits autour des miroirs et ombres..). Allez y !
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TROP NUUUUUUUUUUUUUL