The Dark Knight Rises, un film de Christopher Nolan
Sorti le 25 juillet 2011
Synopsis :
Il y a huit ans, Batman a disparu dans la nuit : lui qui était un héros est alors devenu un fugitif. S’accusant de la mort du procureur-adjoint Harvey Dent, le Chevalier Noir a tout sacrifié au nom de ce que le commissaire Gordon et lui-même considéraient être une noble cause. Et leurs actions conjointes se sont avérées efficaces pour un temps puisque la criminalité a été éradiquée à Gotham City grâce à l’arsenal de lois répressif initié par Dent.
Mais c’est un chat – aux intentions obscures – aussi rusé que voleur qui va tout bouleverser. À moins que ce ne soit l’arrivée à Gotham de Bane, terroriste masqué, qui compte bien arracher Bruce à l’exil qu’il s’est imposé. Pourtant, même si ce dernier est prêt à endosser de nouveau la cape et le casque du Chevalier Noir, Batman n’est peut-être plus de taille à affronter Bane…
Dire que ce dernier volet de la trilogie Batman est attendu est un euphémisme. C’est en véritable messie cinématographique qu’est perçu le long-métrage de Christopher Nolan avant sa sortie. Fort de l’aura de l’exceptionnel Dark Knight, de très nombreuses attentes pèsent sur le réalisateur et son équipe. Peut-être même trop quand on a pu voir le précédent volet, juste exceptionnel et maitrisé de bout en bout. Une seule question flotte dans les esprits : pourront-ils égaler le précédent ? Ce dernier marqué par la disparition du génialement déstabilisant Heath Ledger, demeure difficile à dépasser. Depuis, le 25 juillet dernier, après des attentes interminables, des théories à ne plus en compter, la réponse se trouve dans toutes les salles obscures.
Admettons-le tout de suite, le dernier volet de l’homme chauve-souris est un uppercut. Ni plus ni moins. Véritable coup-de-poing, le film laisse groggy. On en prend plein les yeux, au sens littéral du terme, et ce pendant plus de 2h30. Le scénario, comme souvent avec la fratrie Nolan est d’une extrême densité. Désirant offrir une conclusion à la hauteur de son héros, il l’enfonce dans une spirale apocalyptique et destructrice via le nouveau personnage de Bane. Iconique au possible, l’homme chauve-souris subit la vengeance de son antagoniste. Offrant une suite directe au film précédent mais dans une époque quelque peu différente (8 ans se sont écoulés entre les deux), Nolan injecte ainsi de la profondeur à son histoire. Avec un Bruce Wayne boycottant son costume et incapable de s’échapper d’une profonde désillusion. Ou un commissaire Gordon fatigué d’un perpétuel mensonge. Les péripéties et rebondissements du précédent volet ont laissé de profondes séquelles sur Gotham City et ses habitants.
Pour un blockbuster, TDKR offre une densité émotive rare. On ressent au plus près les péripéties des personnages. Également lors des scènes de combat à la douloureuse violence, jamais aussi bien retranscrite dans la franchise. Plus qu’une confrontation entre deux protagonistes, l’histoire implique la ville même de Gotham City. Frappée chirurgicalement par Bane, la cité est au cœur même du conflit l’opposant à Bruce Wayne. Bien plus qu’un lieu d’action, c’est en véritable personnage qu’elle et ses habitants apparaissent. Permettant ainsi des scènes de très grand spectacle. Car c’est aussi l’un des buts du film. Divertir et apporter son lot d’effets pyrotechniques et cascades. Et de ce côté, aucun souci, avec un scénario en béton (malgré quelques faiblesses) le propos du film est renforcé par les nombreuses scènes de grand spectacle assurant un show cinématographique digne de ce nom. Le public a droit à son lot de courses-poursuites et autres combats d’une grande qualité esthétique.
Ce Batman c’est également un casting en or. Christian Bale en tête. Plus torturé que jamais, il livre une interprétation de milliardaire désabusé très juste. Bien plus convaincant d’ailleurs que dans le précédent volet où il ne parvenait pas à sortir de l’ombre des magnétiques Aaron Eckhart et Heath Ledger.
La force de Nolan réside dans ses scenarii riches, travaillés. Apportant à chaque fois son lot de personnages secondaires plus captivants. Et la recette fonctionne à nouveau avec en tête une Anne Hathaway étonnante. Malgré de nombreux à priori, l’actrice, pourtant vue dans des rôles souvent plus légers (le Diable s’habille en Prada), s’impose comme LE personnage féminin fort du film. Envoutante à souhait, sa performance en Catwoman est la bonne surprise du film. Restent les toujours impeccables Gary Oldman, Morgan Freeman ou encore un Michael Caine émouvant à souhait dans ses quelques apparitions. Du côté des nouveaux venus : Joseph Gordon-Levitt campe un excellent side-kick du commissaire Gordon au parcours riche en rebondissements. Le personnage a droit à une vraie évolution et une véritable trame narrative captivante. Apportant, un angle supplémentaire au film, du début à la fin. Enfin, comment ne pas parler d’un Tom Hardy qui s’abandonne totalement dans le rôle de Bane, bad-guy du film. Le comédien parvient à donner vie à toute la violence et la brutalité que représente son personnage. Même si, reconnaissons-le, il ne parvient pas à égaler l’ahurissante performance du regretté Heath Ledger avec son incarnation d’un joker psychotique. Pour finir, on notera la présence d’une Marion Cotillard pas dérangeante. Sauf dans la dernière partie du film où le cabotinage prend le dessus de son jeu pourtant sobre dans le reste de ses scènes.
Et pourtant, malgré tout ça, l’équipe ne parvient pas à atteindre le niveau du précédent opus. C’est dans sa conclusion que Nolan empêche le long-métrage de surpasser son prédécesseur. Avec un twist final anticipé par une partie des fans et à l’utilité plus que discutable, TDKR perd en intensité. The Dark Knight était un quasi sans-faute. The Dark Knight Rises loupe son sprint final. Les toutes dernières scènes apportent une conclusion qu’on aurait préférée différente. Le cinéaste ne franchit pas la limite, préférant le convenu au vraiment osé pour son héros. Malgré tout, on ne tient guère rigueur des ces quelques écarts tant TDKR atteint des sommets cinématographiques. Il se hisse haut la main au statut de blockbuster de 2012 et entend bien le rester.
Là où Joss Whedon proposait un univers coloré et teinté d’humour avec Avengers, Nolan y répond par une noirceur chaotique. Symbole même d’une icône héroïque désenchantée, ce Batman s’impose comme l’un des meilleurs films du genre réalisé depuis longtemps. Une production qui nous prouve que blockbuster peut rimer avec profondeur et qui apporte (enfin) un regard réfléchi sur les héros costumés. Incontestablement, LE film de cet été.
Prochain pari pour le cinéaste : redonner un second souffle à une autre icône : Superman. Mais cette fois en tant que producteur/scénariste. Et pour juger ce nouveau défi, rendez-vous en 2013.
Florent
Categorie: Cinéma, Critiques Films















Je reste dubitatif. De mon côté, j’ai un peu de mal avec le Batman de Nolan (je m’étais un peu lâché à l’époque d’ailleurs : http://publikart.net/batman-the-dark-knight