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Toute la poussière du chemin de Martin et Antunes (Aire Libre/Dupuis)

[ 1 ] 06/03/2010 |

Date de parution : 5 mars 2010

Dessin de Martin

Scénario de Antunes

Album cartonné / 80 pages en couleurs  – Prix : 15,50 €

Toute la poussière du chemin est une BD One Shot de Wander Anunes (scénariste brésilien) et de Jaime Martin (ici aux dessins, déjà remarqué avec Ce que le vent apporte aux mêmes éditions). L’histoire s’installe dans l’Amérique en crise de 1929, au fin fond du sud des Etats-Unis. Un homme devenu sans abri par la vente forcée de son terrain , sillonne les routes poussiéreuses de ce pays gangréné par la misère. Dans un récit retenu, le lecteur devine le lourd bagage trainé par cet homme dont on découvre, à force de le côtoyer, les petits détails qui ont jalonné sa vie passée.

Résumé de l’éditeur :

Bien loin du rêve américain, Wander Antunes et Jaime Martin nous entraînent sur les routes poussiéreuses du sud des États-Unis, à la suite de milliers d’homeless chassés de chez eux par la crise de 1929. L’un d’entre eux, Tom, fuit l’ombre d’un passé que l’on devine douloureux. Misanthrope muré dans le silence et la solitude, il va pourtant accepter de partir à la recherche d’un enfant disparu. Le visage de l’Amérique qu’il va rencontrer, au gré de ses pérégrinations, va être celui de la violence, du racisme et de l’injustice, exacerbés par la crise que traverse le pays.

Un récit âpre, qui raconte la quête d’un homme seul face à l’iniquité des représentants de l’ordre et à la brutalité d’hommes sans foi ni loi, dont la force évocatrice n’est pas sans rappeler les écrits réalistes et politiques de Georges Orwell.

Extrait de Toute la poussière du chemin

Jonché de nombreuses rencontres , tantôt anecdotiques tantôt de premier plan, cet album conçu comme un road movie nous immerge dans un univers violent,  haineux et raciste, bercé de désillusions sur la nature humaine, mauvaise et corrompue, que cet homme bon affronte au jour le jour. Ce tableau noir dressé à quatre mains par des auteurs affranchis de toute concession, laisse toutefois une fenêtre d’espoir, qui vient nécessairement nuancé tout l’environnement d’un scénario habile et sans détour.

Les dessins de Martin sont assez remarquables, soulignant l’atmosphère froide par des lignes marquées et des personnages qui transpirent leurs émotions. Un trait sublimé par une simplicité apparente et une grande maîtrise de la mise en couleur. Un dessin reconnaissable entre mille qui fait toute la force de son auteur (on retrouve la même touche dans Ce que le vent apporte).

Toute la poussière du chemin fait indiscutablement partie des immanquables de ce premier trimestre 2010. L’édition Aire Libre est toujours aussi soignée (pour les collectionneurs, parallèlement à l’édition classique, il existe d’ailleurs une édition numérotée, limitée à 777 exemplaires avec un frontispice inédit imprimé sur papier d’art et jaquette, vendue à 30 euros.). Un seul conseil : courrez vous la procurer !

- E. -


Commentaires (1)

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  1. avatar C. dit :

    Du one shot avec un trait comme ce que tu viens de vendre : I’ve just started running out !

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