Un SDF glacé au Louvre
En cette période de canicule, le musée du Louvre ne désemplit pas. Rue de Rivoli, les touristes venus des quatre coins du monde se bousculent, souvent précipités par la hâte d’apercevoir Mona Lisa ou de sillonner les murs de l’ancien Palais Royal. Sonnés par la chaleur, certains ne se sont peut-être pas aperçus qu’au centre de la Cour Carrée, un visiteur improbable tournait le dos à la pyramide de verre.
Jeudi dernier, la fondation Abbé Pierre a voulu sensibiliser la population au travers d’un projet aussi humaniste que curieux : un homme de glace grandeur nature était assis là, sous la chaleur accablante d’un soleil de plomb, prêt à fondre pendant qu’autour les visiteurs auraient du être impassibles, comme beaucoup le sont face aux sans-abris. C’est un message de solidarité qu’a voulu faire passer la fondation, car même lorsqu’il ne fait pas -10 degré dehors, les SDF meurent dans des conditions aussi miséreuses que l’est cette parcelle de leur vie. Aux pieds translucides de cet homme de glace, une pancarte (accompagnée d’une casquette pour recueillir les oboles) indiquait « l’été les SDF meurent autant que l’hiver, agissons ». Le message est clair, presque aussi limpide que les os de la sculpture éphémère, qui selon les organisateurs, aurait fondu en moins de 4heures.
D’un point de vue purement esthétique, l’homme de glace laisse de marbre par les détails saisissants de ses vêtements et les traits expressifs de son visage. Intriguant, le regard du sans-abri attire celui des passants, il les appelle à faire enfin un geste envers ceux qui croulent sous l’ardeur étouffante de la chaleur pendant que d’autres se pavanent sur leur yacht à Saint-Tropez. Bien plus qu’un projet artistique, l’action de la fondation Abbé Pierre constitue une réflexion profonde sur la condition humaine et l’individualisme qui prévaut bien trop souvent en cette période de crise.





Quand l’art nous invite à ne pas rester de glace, l’oeuvre se fait humaniste…
Après le commentaire d’Amaury, difficile de ne pas fondre !
http://www.marketing-alternatif.com/2009/01/20/fiftyfifty-delit-dexistance-marre-de-la-transparence/
Comarin, toujours branché sur Tribeca ;-) ! L’idée de la transparence est aussi géniale!
Voilà un projet qui valait la peine d’être relayé, Charlotte ! Merci
Plus que jamais fan de leur Blog sur le market alternatif.
Merci Charlotte pour la découverte.