Watership Down, une odyssée de Richard Adams (Monsieur Toussaint Louverture)

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Richard Adams

Watership Down, une odyssée de Richard Adams (Monsieur Toussaint Louverture)

Peu connu en France malgré un succès retentissant dans les pays anglo-saxons, Watership Down de Richard Adams ressort aujourd’hui dans une édition entièrement remaniée par les précieuses éditions Monsieur Toussaint Louverture. Le roman, qui mêle aventures épiques et rêveries lyriques, raconte la fuite d’un groupe de jeunes lapins vers Watership Down, la terre promise. Un voyage loin d’être de tout repos pour un roman immersif qui se lit les sens en éveil et les oreilles dressées.

Rien ne va plus dans la garenne de Sandleford. Fyvver, jeune frère du valeureux Hazel, a le pressentiment qu’une catastrophe menaçant la quiétude des lapins est sur le point de se produire. N’écoutant que son courage, Hazel rassemble une poignée de braves afin de fuir le danger et trouver une terre accueillante où les lapins pourront s’ébattre joyeusement. Hazel et ses compagnons devront braver bien des épreuves et affronter de nombreux ennemis avant d’espérer pouvoir jouir de la quiétude de Watership Down.

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Culte, extraordinaire, magistral : les adjectifs ne manquent pas pour qualifier cette œuvre hors du commun. Si les raisons qui expliquent le succès d’un livre sont bien souvent insaisissables, comme une potion magique dans laquelle on ne distinguerait pas les ingrédients, le secret d’Adams est à chercher dans la prose qu’il met en œuvre. Résultat d’un cocktail entre une narration soutenue qui fait s’enchainer les péripéties et de longs passages purement contemplatifs, son écriture est aussi envoutante qu’addictive.

Formant un récit d’aventures dans la lignée des voyages extraordinaires de Jules Verne ou de Jonathan Swift, Adams construit une intrigue parfaitement ficelée en la saupoudrant d’un suspense savamment dosé. Le parallélisme proposé en quatrième de couverture entre le roman et la série The Walking Dead est loin d’être aussi incongru qu’il y paraît. Dans la pure tradition du roman-feuilleton, chaque fin de chapitre se termine par un cliffhanger ou un retournement de situation qui attise le désir du lecteur de savoir comment l’aventure va se poursuivre

« A cet instant précis, un violent coup sur le côté le cloua au sol. Quelque chose effleura sa fourrure et le piqua dans le dos jusqu’au sang. Il agita ses pattes de derrière, mais ne rencontra que le vide. » p.458.

On vous prévient, Watership Down n’est pas de ces romans que l’on quitte facilement, mais plutôt de ceux dont on aimerait que le monde qu’ils contiennent s’étende encore et encore.

Car à l’instar d’un Tolkien ou d’une Rowling, Adams est un créateur de mondes : en quelques phrases, le romancier nous plonge dans un milieu à la fois proche de nous, mais qui possède toutefois le parfum d’un exotisme merveilleux : « La saison des primevères était passée. Seules quelques taches d’un jaune décoloré subsistaient encore parmi les mercuriales vénéneuses et les racines de chêne à l’orée du bois, là où les arbres laissaient place à une clairière en pente douce. » (p.9). En dépit de cette large place accordée à la nature, tantôt jungle menaçante et tantôt asile rassurant, Watership Down « fait » monde grâce à la société de lapins qui le constitue. L’humanité de ces boules de poils n’est pas seulement décrite par la profondeur de leurs sentiments, mais aussi et surtout à travers leurs croyances.

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À l’aide de récits ou de fables racontés le soir au coin du feu, les lapins tissent un univers de croyance mettant en scène des héros mythologiques, véritables sources d’inspiration pour Hazel et ses compagnons (« Tu veux raconter une histoire ? demanda-t-il à Dandelion. – Oui, oui, cria-t-on. Allez ! Une histoire, et une bonne, s’il te plaît. » p.287). Reprenant à son compte les fameuses théories de Joseph Campbell (les histoires que nous aimons ne seraient que la constante reprise d’un même schéma), Adams fait de son épopée une véritable réflexion sur les mythes et la manière dont ils nous constituent.

La boucle est ainsi magistralement bouclée : Hazel, porté par ces récits, finira à son tour par devenir un héros mythologique dont nous nous sommes appropriés les histoires. On comprend donc mieux la nécessaire réédition de ce grand texte : faire partager au plus grand nombre une histoire que l’on croit connaître, mais que l’on redécouvre pourtant chaque fois avec le même plaisir. Et c’est peut-être ça, au fond, le secret de la recette magique de Watership Down.

RESUME DE L'EDITEUR ET INFOS

Watership-Down_1000px« Avant Harry Potter, il y avait Watership Down de Richard Adams, l’un des plus grands classiques et best-sellers de tous les temps.» — BBC

C’est dans les fourrés de collines verdoyantes et idylliques que se terrent parfois les plus terrifiantes menaces. C’est là aussi que va se dérouler cette vibrante odyssée de courage, de loyauté et de survie.

Menés par le valeureux Hazel et le surprenant Fyveer, une poignée de braves choisit de fuir l’inéluctable destruction de leur foyer. Prémonitions, malices et légendes vont guider ces héros face aux mille ennemis qui les guettent, et leur permettront peut-être de franchir les épreuves qui les séparent de leur terre promise, Watership Down. Mais l’aventure s’arrêtera-t-elle vraiment là ?

Aimé et partagé par des millions de lecteurs à travers le monde, l’envoûtant roman de Richard Adams fait partie de ces récits mythiques et hors du temps, une épopée sombre et violente, néanmoins parcourue d’espoir et de poésie. Vous sentirez le sang versé. Vous tremblerez face aux dangers. Vous craindrez la mort. Et, par dessus tout, vous ressentirez l’irrépressible désir de savoir ce qui va se passer.

Date de parution : septembre 2016
Auteur : Richard Adams
Editeur : Monsieur Toussaint Louverture
Prix : 21,90 € (544 pages)
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Note
Originalité
Scénario
Qualité de l'écriture
Plaisir de lecture
Étudiant en littérature et esthétique de l’image, Alban est rédacteur freelance. Féru de cinéma fantastique et de littérature américaine, Alban mène ses travaux de recherches en parallèle avec ses blogs de cinéma.

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