We want sex equality, un film de Nigel Cole

[ 2 ] 09/03/2011 |

Sortie le 9 mars 2011

Nigel Cole réalise une très belle performance avec ce film tiré d’un fait divers authentique où la femme prend une fois de plus toute sa place (voir « Calendar Girls »).
Nous sommes en 1968, en Angleterre, à Dagenham, près de Londres. L’usine Ford emploie des milliers d’hommes et seulement 187 femmes qui cousent les banquettes des voitures. Leurs conditions de travail sont lamentables (il pleut dans l’usine, ou il fait tellement chaud, qu’elles se mettent toutes en soutien-gorge pour travailler !) et en plus, elles gagnent beaucoup moins que les hommes (à l’époque, le salaire moyen d’un homme est de 18-20 livres par semaine et celui de la femme du même grade, entre 11 et 12 livres par semaine). Elles décident de faire grève et de faire valoir leurs droits. Ce sont toutes des femmes ordinaires, des ouvrières, très peu soutenues par leur syndicat, et menées par Rita O’Grady, excellente Sally Hawkins, qui est convaincue très justement de son combat. La grève va durer trois semaines et va obliger l’usine à fermer. Plus de banquettes, plus de voiture finie ! Ces femmes n’imaginaient pas ces conséquences-là.


Mais elles continuent leur humble et courageux combat. Elles ne sont pas féministes. Elles n’entendent rien à la politique. Elles réclament juste plus de justice. C’est pour cela qu’on les aime : tout sonne juste et on les admire pour le courage qu’elles ont et tout le bon sens qui s’ensuit… On aurait envie de faire partie de leur équipe tellement on les sent unies, solidaires, et l’ambiance qui règne dans cet atelier est une vraie ambiance de femmes !
Elles finissent par être reçues par Barbara Castle, Miranda Richardson, première femme britannique en poste en tant que secrétaire d’Etat à l’emploi et à la productivité, avant Margaret Thatcher. Elle va les soutenir et créer un projet de loi sur l’égalité salariale qui sera voté deux ans plus tard. Elle n’est pas féministe, elle non plus, mais elle lutte pour le droit des femmes.
Ces simples ouvrières réussissent un tour de force : changer la vie des femmes de toute l’Angleterre . Elles vont réussir à être payées 92% du salaire des hommes. Inimaginable à l’époque !
Elles sont très représentatives des femmes de cette époque avec un prix tout spécial pour les costumes : on a la nostalgie des années sixties : les robes à coupe-droite, les mini-jupes, les couleurs criardes et bariolées, les chaussures vernies, les coiffures gonflantes, les bigoudis, et les dessous des femmes, le tout combiné : extraordinaire !

Ce film est sorti en avant-première, le jour de la femme, au Comoedia à Lyon, et la salle était archi-pleine… de femmes ! Il a déjà remporté trois prix au festival du film britannique de Dinard : le « Hitchcock d’Or », le Prix du meilleur scénario, et le Prix du Public ! Et ça ne fait que commencer !
C’est un film drôle, plein d’humour, avec des réparties sifflantes et aussi très émouvantes !
Bref, on se régale du début à la fin !

Bénédicte

PS. A titre d’information : voilà ce que l’on peut trouver sur Wikipédia aujourd’hui :
« Avec un salaire net annuel moyen de 18.730 euros dans le secteur privé et semi-public, les femmes gagnent globalement 20% de moins que les hommes (23.315 euros). L’écart est de 14% dans la fonction publique (Insee). Chez les cadres, les femmes gagnent 23% de moins que les hommes, chez les ouvriers 17% et chez les employés 7% (Insee). A poste et expérience équivalents elles perdent 10% du salaire masculin (Observatoire des inégalités). »
Le combat continue ! Quarante trois ans après ces évènements, les femmes doivent encore se battre !


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Commentaires (2)

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  1. avatar Pawioli dit :

    Quelques longueurs, un peu trop cliché par moments, mais très agréable moment. Je suis d’accord avec toi sur la nostalgie des sixties !! J’aurai tellement voulu porter des robes comme ça :D

    Merci Béné (et pour l’info en Post Scriptum, all right, le combat continue… WE WANT SEX EQUALITY!)

  2. avatar Bénédicte dit :

    Bravo Charlotte !
    Prête pour LA révolution :)

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