L’incongruité reine dans Orphée et Eurydice à bicyclette au Lucernaire

Orphée et Eurydice à bicyclette
Orphée et Eurydice à bicyclette, mise en scène de Manon ANdersen, Le Lucernaire

L’incongruité reine dans Orphée et Eurydice à bicyclette au Lucernaire

Le Lucernaire laisse libre cours à la fantaisie burlesque de Pierre Lericq dans une pièce aussi charmante que poétique. En invoquant le mythe grec du musicien et poète Orphée, il inscrit son récit dans la plus pure métaphore et y adjoint des tours de chant aux tonalités au contraire bien contemporaines. Accompagné de Marie Réache, ils interprètent  tous deux une foultitude de personnages entre fiction et réalité, humour et tragédie, espoir et désolation. La logique n’a plus cours dans une histoire plus onirique que métaphysique mais toujours sympathique.

Un lâcher prise total

Le titre de la pièce laissait entrevoir une adaptation littérale du mythe d’Orphée,  héros de la mythologie grecque descendu aux Enfers pour ramener sa femme Eurydice dans le monde des vivants mais qui échoue en se retournant un poil trop tôt avant que son aimée ne parvienne à la lumière du jour. Mais le titre est en fait assez trompeur, prétexte à une évocation avant tout métaphorique d’une histoire d’amour longtemps contrariée. La narration plurielle invoque 7 personnages tous représentatifs de catégories humaines très différentes, panorama sans ambages mais pas sans humour de la pluralité complexe de l’être humain, du pire au meilleur. Le déroulé chronologique suit les tourtereaux Orphée et Eurydice de leur naissance à la félicité retrouvée à travers une suite d’aventures plus désopilantes les unes que les autres. Les deux comédiens prennent un plaisir communicatif à évoluer sur scène, enchainant les pièces musicales autant que les niveaux de lecture dans une véritable mise en abime de notre époque. Les parents d’Orphée apparaissent alternativement avec deux narrateurs fantasques et un italien aussi canaille que Méphisto. L’extravagance côtoie le sensible dans une pièce qui se déroule en mode folie douce.

Les bicyclettes sont des artifices plaisants mais finalement secondaires, les deux comédiens tiennent le haut du pavé d’une pièce qui interpelle et convainc. Orphée et Eurydice à bicyclette se joue jusqu’au 10 février, largement le temps d’aller y faire un tour, sans bicyclette!

Dates :  du 13 décembre au 10 février 2018, du mardi au samedi à 21h
Lieu : Le Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Manon Andersen

Avec : Marie Réache, Pierre Lericq

Note
Originalité
Mise en scène
Jeu des acteurs
Texte
Stanislas Claude
Rédacteur ciné, théâtre, musique, BD, expos, parisien de vie, culturaddict de coeur. Fondateur et responsable du site Culturaddict, rédacteur sur le site lifestyle Gentleman moderne. Stanislas a le statut d'érudit sur Publik’Art.

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