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La forme de l’eau, un film furieusement premier degré qui divisera les spectateurs

La forme de l'eau
La forme de l’eau, film de Guillermo del Toro

La forme de l’eau, un film furieusement premier degré qui divisera les spectateurs

Guillermo del Toro a imposé son style auprès d’une audience devenue mondiale. Avec un mélange d’horreur et de comédie, agrémenté selon les contextes d’une touche d’action ou de romantisme, le réalisateur s’est créé un univers gothique et sombre parfois non dénué de quelques éclairs de poésie. La forme de l’eau ne déroge pas à la règle et se veut ici surtout romantique avec une histoire d’attachement inattendu entre une femme de ménage exclue du monde à cause de son handicap et une créature tropicale capturée et devenue l’équivalent d’une bête de foire. Entre ces deux freaks, c’est une véritable résistance qui s’instaure, sans oublier la touche récurrente de sexualité exacerbée et bizarrement omniprésente dans le film pour un résultat plus si fleur bleue. La forme de l’eau remplit-elle le contrat, malgré ses longueurs et son absence quasi totale de niveaux de lecture supplémentaires? Ce sera fonction de la sensibilité du spectateur.

Une comédie romantique gothique

L’héroïne Elisa interprétée par Sally Hawkins a tout au début d’une Amélie Poulain anglo saxonne. Petite vie réglée depuis le réveil jusqu’au couché, ami senior lui aussi en dehors du monde et artiste peintre à ses heures, rêves d’amour qui s’échouent sur les plages désertées de la réalité, les fans de Jeunet verront des similitudes, mais de là à parler de plagiat, il y a un monde. Incapable de parler depuis son plus jeune âge, Elisa s’accommode de la modestie de son existence, s’exerçant seule pour trouver du plaisir sans l’aide de personne et ne se plaignant jamais. Elle vit dans un monde où l’empathie est reine. Cette symphonie quotidienne va être remise en cause par l’irruption d’une créature fantastique qui sera pour elle le passeport vers une vie rêvée, avec les plaisirs qui vont avec. Cette quête du plaisir est d’ailleurs une thématique omniprésente dans un film moins fleur bleue qu’il n’y parait. Car la créature aquatique décelée dans une cuve confidentielle d’un institut gouvernemental où Elisa fait le ménage va se révéler moins sauvage à son contact. Comme souvent chez Guillermo del Toro, un Némesis s’oppose aux rêves des héros et va essayer de contrecarrer leurs plans. C’était Sergi Lopez dans Le Labyrinthe de Pan, c’est ici Michael Shannon. Tout aussi formaté que le général franquiste, le responsable de la sécurité veut suivre les règles et n’admet aucune exception, sa méchanceté est exacerbée par ses rêves de réussite plus importants que l’empathie humaine qu’il peut éprouver.

Une fable sur la libération sexuelle

SI le premier degré prend beaucoup de place dans une intrigue claire comme de l’eau de roche, il est tout de même possible d’y voir une métaphore de la libération sexuelle. Car tous les personnages sont confrontés à des limites inconsciemment insupportables, et ce sera cette modeste employée qui osera mettre en place les ingrédients de sa libération. C’est peut être une thèse un peu tirée par les cheveux mais elle a au moins le mérite de densifier un film apparemment bien trop linéaire pour créer des noeuds au cerveau. Si l’on ajouter la peur engendrée par la menace communiste, un méchant binaire et une alliée (Octavia Spencer) qui figure autant la libération de la femme que de la minorité noire aux Etats-Unis, les bons sentiments se multiplient et il faut bien trouver un peu de complexité pour relever le niveau. Les allusions sexuelles se multiplient tout au long de l’intrigue pour une fable à deux niveaux, c’est peut être peu mais c’est déjà beaucoup. Car les effets techniques sont d’une évidence rare. Que ce soit la lumière perpétuellement obscure qui figure un peu trop visiblement une ambiance gothique chère au réalisateur ou les sourires émus de personnages engoncés dans des rôles définis par la société.

Au final, La forme de l’eau offre un spectacle réglé comme du papier à musique, reprenant les ingrédients chers au réalisateur pour les plaquer sans trop de variations. Ce qui produit un moment agréable, mais de là à attribuer 13 Oscars au film, il y a de quoi hésiter.

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La forme de l’eau

Modeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultrasecret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres…

Sortie : le 21 février 2018
Durée : 2h03
Réalisateur : Guillermo del Toro
Avec : Sally HawkinsMichael ShannonRichard Jenkins
Genre : Drame, Fantastique, Romance

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https://www.youtube.com/watch?v=vP4uPqDj0ZI

NOS NOTES ...
Originalité
Mise en scène
Réalisation
Jeu des acteurs
Rédacteur ciné, théâtre, musique, BD, expos, parisien de vie, culturaddict de coeur. Fondateur et responsable du site Culturaddict, rédacteur sur le site lifestyle Gentleman moderne. Stanislas a le statut d'érudit sur Publik’Art.
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1 COMMENTAIRE

  1. Ce qui me surprendra toujours est la manière dont les Médias sont prompts à relayer les pleurnicheries répétées de Jean Pierre Jeunet et font ostensiblement silence sur les deux courts métrages en lien ci-dessous, pillés par ce même JP Jeunet !
    Les films :
    https://www.youtube.com/watch?v=uFhSa7ltLe0
    pour tout ce qui est autour du photomaton, du personnage principal et de l’esthétique.
    https://www.facebook.com/sebastien.nuzzo/videos/91976629770/
    Pour le nain de jardin et le concept : « réparer les petits malheurs de la vie ».

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