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Saint-Omer, un film de procès à ne pas manquer, sortie le 4 avril en DVD

Saint-Omer est un film de procès fascinant. Le film s’inspire d’un cas réel, l’affaire Fabienne Kabou, mère condamnée en 2017 pour infanticide. En obtenant le Lion du Futur du Meilleur Premier Film et le Grand Prix du Jury lors de la 79ème Mostra de Venise, le film a connu un retentissement bien mérité. Il a également reçu le Prix Jean Vigo et a concouru un temps pour représenter la France à l’Oscar du meilleur film international. Il sort le 4 avril pour une séance de rattrapage à ne pas manquer.

La force de la parole

Quel crédit accorder à une mère qui avoue elle-même avoir posé son enfant de 15 mois sur une plage alors que la marée haute s’annonçait? Meurtre prémédité, reflet d’une fragilité enfouie, appel au secours d’une jeune femme démunie? Le film ne propose pas de thèse définitive et laisse la parole aux avocats et à la juge dans un interrogatoire où le personnage de Laurence Coly se dévoile peu à peu. Dans un français châtié à l’extrême, elle raconte son parcours entre un père absent, une mère distante et un amant paternaliste. Au fur et à mesure que ses propos s’égrènent, le spectateur prend conscience de la situation difficile de la jeune mère, sans pour autant valider son acte incompréhensible. Les longs plans séquence montrent une Guslagie Malanda convaincante dans le rôle de l’accusée mystérieuse. Le choix de ses mots transforme lentement le film en quasi pièce de théâtre, ce sont les digressions autour de la romancière Rama spectatrice du procès, à coup de flashbacks, qui donnent une aura toute cinématographique à Saint-Omer. Premier long métrage de la réalisatrice Alice Diop, le film brasse un large scope de ,thématiques. La principale tient en cette inspiration de l’affaire Fabienne Kabou, mère condamnée en 2017 pour infanticide. Le 20 novembre 2013, le corps de sa fille Adélaïde, 15 mois, est retrouvé par un pêcheur sur la plage de Berck-sur-Mer dans le Pas-de-Calais. Sa mère, qui ne l’avait jamais déclarée à l’état civil, l’avait abandonnée la veille sur cette plage à marée montante. Si les autorités envisagèrent d’abord qu’il s’agissait d’une migrante dont l’embarcation avait chaviré, leurs soupçons se tournèrent vers Fabienne Kabou qui reconnaîtra en garde à vue avoir mis fin aux jours de sa fille parce que « c’était plus simple comme ça ». Son procès s’est ouvert en 2016 devant la cour d’assises de Saint-Omer. Alors qu’elle encourait la réclusion criminelle à perpétuité, elle est condamnée en première instance à vingt ans de réclusion criminelle. Jugée en appel à Douai en 2017 devant la cour du Nord, elle est finalement condamnée à quinze ans de réclusion criminelle. Une peine assortie d’un suivi socio-judiciaire de huit ans avec injonction de soins.

Une obsession marquante

Alice Diop a voulu faire de cette tragique affaire un film après avoir vu une photo publiée dans le journal Le Monde en 2015: une image en noir et blanc prise par une caméra de surveillance et montrant une femme noire, gare du Nord, poussant un bébé métisse emmitouflé dans une combinaison. Tout comme le personnage de Rama, la réalisatrice s’est rendue au procès de Fabienne Kabou à Saint-Omer avec le sentiment que son image de noire était d’autant plus mal considérée que les habitants étaient déclassés et soumis à une situation sociale défavorisée, ce qui n’est finalement pas si prégnant dans le film, beaucoup plus concentré sur les histoires personnelles de Rama et Laurence que sur le contexte social de la ville de Saint-Omer. Le sujet des origines sénégalaises de Laurence et de sa situation de jeune noire en France ne prennent pas toute la place, donnant au film une aura universelle qui touche au cœur. La réalisatrice évoque des références admises, comme La Vérité d’Henri-Georges Clouzot, Souvenirs de la cour d’assises d’André Gide et De sang-froid de Truman Capote.

Le film ressemble à un documentaire par son ambiance judiciaire très réglée et ses personnages jetés dans l’arène du tribunal. Le procureur affirme avec véhémence son point de vue très strict, l’accusée est soumise à un flot ininterrompu de questions auxquelles elle ne répond pas toujours très clairement, le film est un moment de cinéma prenant, qui aborde en filigrane le statut des noirs en France avec subtilité.

Synopsis: Rama, jeune romancière, assiste au procès de Laurence Coly à la cour d’assises de Saint-Omer. Cette dernière est accusée d’avoir tué sa fille de quinze mois en l’abandonnant à la marée montante sur une plage du nord de la France.

NOS NOTES ...
Originalité
Réalisation
Jeu des acteurs
Plaisir de la séance
Rédacteur ciné, théâtre, musique, BD, expos, parisien de vie, culturaddict de coeur. Fondateur et responsable du site Culturaddict, rédacteur sur le site lifestyle Gentleman moderne. Stanislas a le statut d'érudit sur Publik’Art.
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