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« Un amour qui ne finit pas » porté par la théâtralité enlevée de Michel Fau

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Photo Marcel Hartmann

Enregistrée en 2016 au Théâtre Antoine, la pièce d’André Roussin « Un amour qui ne finit pas » est diffusée ce 11 mai sur France 5, à 22h25.

Il faut se méfier d’une pièce de boulevard car elle peut en cacher une autre et révéler sur un ton faussement léger, un vrai questionnement sur le sentiment amoureux et l’absurdité du bonheur bourgeois. Un réjouissement.

Michel Fau n’a pas son pareil pour s’emparer avec inventivité et exigence de ce théâtre psychologique à l’écriture poétique et captive, teintée de mélancolie et d’amertume révélatrices chez les protagonistes d’une frustration, sous jacente, inquiétante.

Se protéger de l’amour pour le rendre éternel, voilà la condition posée d’entrée par notre antihéros prêt à aimer une femme comme un idéal féminin et sans qu’elle participe charnellement à cette adoration.

Jean ( Michel Fau) est un homme marié à Germaine (Léa Drucker), une femme soupçonneuse et dévoratrice.

Revenu de ses maîtresses, Jean rêve désormais d’un amour platonique où l’élue de son coeur ne serait que l’image et l’inspiration de ses songes et de ses fantasmes.

En cure à Divonne, il rencontre l’ objet de ses rêves, Juliette (Pascale Arbillot), une épouse modèle.

Il l’aborde et lui fait part de son intention de l’ aimer unilatéralement, sans rien avoir à lui demander en échange. Elle consent à l’ expérience.

Mais c’est sans compter sur l’ épouse de Jean et le mari (Pierre Cassignard) de Juliette qui, dans un double jeu d’esquive puis de reprise de leur couple respectif, vont gripper cette quête surréaliste.

A l’abri d’un texte drôle, féroce et ciselé, André Roussin se moque jusqu’à l’absurde de l’hypocrisie conjugale et de l’esprit petit bourgeois qui voient les personnages, ébranler dans leurs certitudes, jouer un double jeu et dévoiler leur part d’ombre.

Michel Fau n’a pas son pareil pour s’emparer avec inventivité et exigence de ce théâtre psychologique à l’écriture poétique et captive, teintée de mélancolie et d’amertume révélatrices chez les protagonistes d’une frustration, sous-jacente, inquiétante.

Photo Marcel Hartmann

Le décor sophistiqué de Bernard Fau (nous sommes dans les années 60) installe judicieusement en miroir et en opposition les appartements des deux couples (classique/design) où ce qui est noir dans l’un est blanc dans l’autre et vice versa.

Dans un jeu très incarné et au service du texte, les comédiens font preuve d’une direction d’acteurs au cordeau. Michel Fau excelle en amant placide et désabusé tandis que Léa Drucker au bord de la crise de nerf, à la fois impulsive et manipulatrice, est irrésistible. Quant au couple Pierre Cassignard et Pascale Arbillot, il est cet homme et cette femme dont la flamme n’aura pas survécu à ce marivaudage surnaturel.

Une théâtralité enlevée, toujours à bonne distance d’une fine dérision, propice à aiguiser toute la force comique, spirituelle, et noire de la brillante satire.

Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

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