
[BD] La Nacha, T1 – La Reine du Crime, de Philippe Richelle & Jorge Miguel (Glénat)

Mexique, milieu des années 1920. Ciudad Juárez, ville frontière avec les États-Unis, s’érige en capitale du crime et du vice : la Prohibition y envoie des milliers d’Américains venus boire et se divertir. Très loin de cet argent-là, Ignacia Gonzalez, surnommée La Nacha, tente de nourrir ses deux enfants et leur père, Pableto, petit truand charismatique, infidèle et porté sur la boisson. Philippe Richelle au scénario, Jorge Miguel au dessin et aux couleurs ouvrent cette série publiée par Glénat le 7 octobre 2026, 64 pages à 16 €.
La Nacha T1 : Ciudad Juárez et le trafic de morphine
Le récit commence par un petit trafic. Pableto et ses complices volent de la morphine dans les pharmacies pour la revendre dans la rue, notamment à des vétérans américains. Ils empiètent sur le territoire du chef de la communauté chinoise, qui contrôle alors la drogue à Juárez. La riposte détruit le réseau de Pableto et lance toute l’histoire.
Ce premier tome raconte une prise de pouvoir par la violence. Pableto en sort héros populaire, mais l’album ne le présente jamais comme un modèle.
Ignacia Gonzalez, dans l’ombre de Pableto
Le titre annonce une reine du crime, et le tome montre une femme encore en retrait. La Nacha compte, anticipe et comprend que la loyauté et la protection s’achètent. Elle pense la stratégie que son compagnon applique.
Le récit s’inspire librement de faits réels, et le contexte historique est traité avec sérieux : la Prohibition, l’économie de la frontière, les rapports entre communautés. L’ascension de Pableto prend beaucoup de place et laisse peu de pages à l’héroïne. L’album s’adresse à des adultes, avec de la violence, de la prostitution et de la drogue.
Le dessin et les couleurs de Jorge Miguel
Jorge Miguel signe un dessin réaliste, fin et bien documenté sur l’époque. Ses couleurs à l’aquarelle, dans des tons de terre et de poussière, donnent une ambiance de chaleur et de pauvreté. Le découpage est dense, avec beaucoup de petites cases et peu de grandes images.
Faut-il lire La Nacha T1 ?
L’album s’adresse aux lecteurs adultes de bande dessinée historique et de polar. Le contexte est bien rendu et les couleurs sont réussies. L’héroïne reste discrète dans ce premier tome et la lecture est dense. À 16 € pour 64 pages en grand format, c’est un bon début de série.
📖 Résumé de l’éditeur
« La Nacha » ou comment une femme ordinaire est devenue la première chef de cartel de l’histoire du Mexique. Mexique, milieu des années 1920. Ciudad-Juarez, ville frontière avec les États-Unis, s’érige en capitale du crime et du vice. À la faveur de la Prohibition (1920-1933), la ville connaît un essor sans précédent. Des milliers d’Américains viennent s’y divertir et, surtout, s’enivrer dans ses innombrables bars et boîtes de nuit… Très loin de cet univers où l’argent coule à flots, Ignacia Gonzalez, surnommée « La Nacha », tente tant bien que mal de nourrir sa famille : ses deux enfants et leur père, Pableto, un petit truand charismatique, infidèle et porté sur la boisson. […] À la suite d’une tuerie nocturne savamment orchestrée, Pableto succède à ses victimes et devient un véritable héros populaire. Mais cette ascension fulgurante n’aurait pas été possible sans un personnage de l’ombre : la Nacha.
📚 Fiche éditeur
| Scénario | Philippe Richelle |
| Dessin et couleurs | Jorge Miguel |
| Éditeur | Glénat |
| Collection | 24 × 32 |
| Date de sortie | 7 octobre 2026 |
| Prix | 16,00 € |
| EAN | 9782344071083 |
| Pagination | 64 pages |
| Format | Album cartonné, 241 × 320 mm, couleurs |