
Le Théâtre de Poche Montparnasse a rappelé Pierre Constant pour 3 représentations exceptionnelles du Funambule de Jean Genet. Le seul en scène est accompagné sporadiquement d’un violon pour une confession proche de l’autoanalyse et de la philosophie, le funambule marche sur un fil très tenu, un peu comme chaque être humain qui évolue dans la vie.
Un témoignage personnel qui tend vers l’universel
Le Funambule de Jean Genet est dédié à son ami Abdallah Bentaga, acrobate français d’origine algérienne qui au milieu des années 1950 fut son amant. Cette histoire d’amour se terminera par le suicide du jeune homme, il ne se remettait pas d’un accident survenu lors d’un spectacle au Koweït, il tomba et se blessa gravement, devenant incapable de remonter sur une corde, seul et désespéré, entouré des livres que Genet lui avait dédicacés, il s’ouvrit les veines. Histoire tragique, Jean Genêt écrivit ce texte et voulut le faire disparaitre, ce qui n’advint pas, fort heureusement. Le comédien et metteur en scène français Pierre Constant, né en 1933 quand même, s’offre un seul en scène intense et habité, il déclame le texte brulant du célèbre auteur jusqu’à se l’approprier totalement. Les mots semblent les siens mais ce sont ceux de celui est peint sur le tableau de Jean Marais accroché sur le mur au fond de la scène. Il soliloque et enchaine les réflexions sur le cirque et sur le fil du funambule si proche du fil fragile de la vie qu’il faut tout de même emprunté pour se réaliser et laisser une trace dans ce monde. L’heure de spectacle passe dans un souffle pour une performance qui force le respect, avec des numéros de semi équilibriste qui font s’ébahit les spectateurs.
Encore 2 représentations les 25 et 26 avril, il ne faut pas hésiter à se rendre au Théâtre de Poche Montparnasse pour le contempelr avec admiration.
Synopsis: Jean Genet écrit Le Funambule en 1955 pour un jeune acrobate du cirque Pinder, Abdallah Bentaga. C’est à la fois une déclaration d’amour et une méditation poético-érotique sur l’acte de Création et sur le lien de l’Artiste à la Vie, qui ne tient qu’à un fil… celui de la représentation. Pierre Constant nous délivre ce texte-phare avec une sincérité poignante et une énergie sensible, puisée dans son passé d’homme de piste et de scène. Une expérience unique conjuguant plaisir et danger, jeunesse et mort, grâce et gravité, en un fulgurant rituel.
Détails: LES 24 ET 25 AVRIL À 21H – LE 26 AVRIL À 17H