
Playlist Society a déjà mis à l’honneur une belle ribambelle de réalisateurs destinés à marquer l’histoire du cinéma pour toujours comme Bong Joon-Ho, Gregg Arraki, Steven Soderbergh ou David Cronenberg (à quand d’autres grands réalisateurs ouf malades comme Stanley Kubrick ou Tarkovski?), il était donc prévisible que le tour de Tim Burton arrive un jour. Dans un format un peu plus gros qu’à l’accoutumée (192 pages, ce n’est pas non plus scandaleusement gros), Elsa Colombani propose une analyse minutieuse et documentée des grandes manies du réalisateur gothiquement barré. L’occasion de traverser une carrières riche en moments de bravoure, jalonnée de quelques écueils mais largement passionnante dans sa plus grande partie. Pour ceux qui ont vu tous les films du réalisateur, c’est le moment de se replonger dans des souvenirs éternels et d’activer la manivelle cérébrale pour des flashbacks émouvants. Le livre donne envie de revoir tous ses films et de reconnaitre une fois de plus le génie malade du bonhomme.
Synopsis: Comment l’adjectif « burtonien » est-il devenu aussi éloquent que « kafkaïen » ou « hitchcockien » ? Est-ce grâce aux héros étranges, femme-chat ou barbier sanguinaire, qui peuplent son cinéma ? À l’esthétique de ses films, aux décors biscornus, en noir et blanc ou couleurs arc-en-ciel ? Ce qui fait la signature reconnaissable entre toutes de Tim Burton est sa filiation incontestable avec le gothique. Le cinéaste américain s’empare des codes littéraires et cinématographiques du genre, décline sans relâche le mythe de Frankenstein, croise l’humain et le monstrueux pour décrire un univers machinique, dont il faut s’extraire pour survivre. Tandis que les frontières entre la vie et la mort se brouillent, que passé et présent se confondent, que la comédie devient horrifique et l’épouvante drôle, la création émerge comme le seul moyen d’existence possible.
Tim Burton ou le Prométhée gothique explore les contes de ce cinéaste à la noirceur joyeuse, pour percer les mystères de nos singularités excentriques.
Elsa Colombani est critique de cinéma et docteure en Lettres et Littératures anglophones. Elle collabore régulièrement aux pages cinéma de la revue Études.