[BD] Tatari – Tome 7, de Watari (Glénat Manga)

Il y a, dans la longue mémoire des yokais, quelque chose qui ressemble à une lente patience : on attend le bon moment, on observe l’humain s’épuiser, et l’on resurgit quand la situation paraît verrouillée. Avec Tatari – Tome 7, Watari pousse sa partition entre chat des rues et démon vengeur dans une zone plus sombre, plus tendue, plus douloureuse aussi — et confirme que sa série compte aujourd’hui parmi les shōnen nouvelle vague les plus singuliers du catalogue Glénat.
Rappel du tome précédent : Tatari a été poignardé par Yuki, sa petite sœur de cœur, contrôlée par un yokai. Avant de s’effondrer, il la confie à Futaba, dernier témoin lucide d’une situation qui s’effondre. La paire, jusqu’ici miraculeusement préservée, est désormais séparée par le sang. C’est sur cette césure presque insoutenable que s’ouvre ce septième volume, sans ménagement, comme un coup porté en pleine page.
Mais Watari ne s’enferre pas dans le drame intime : il rebat les cartes. Setsuna, la mère des neiges, fait un retour aussi inattendu que glaçant, et son apparition redistribue toutes les lignes de force. Pendant qu’Olijigard et Reden affrontent un secret qui les dépasse — celui d’un âge dont ils n’avaient pas mesuré l’ampleur —, la stratégie de Sha Lu place le camp de Tatari en position purement défensive. Le tome avance par retournements successifs, sans jamais relâcher la pression, et l’on referme la dernière planche avec une question simple : Tatari survivra-t-il à ce coup de couteau ?
Côté dessin, Watari maîtrise le grand format pleine page comme il maîtrise les petits gags muets : ses scènes d’action déploient une lisibilité tactile et la mise en scène de Setsuna — entre apparition mystique et menace gelée — restera l’une des plus belles séquences de la série à ce jour. Le découpage joue de la rétention : on attend, on attend, et l’image explose.
Si vous découvrez la série, rappelons l’argument : jadis, dans l’ancienne capitale de Kyoto, vivait Tatari, un grand yokai chat métamorphe qui terrorisait la population. Mille ans plus tard, c’est en simple chat de gouttière qu’il survit non loin de chez Takeru et sa petite sœur Yuki, dans un appartement minable mais heureux. Jusqu’au jour où Takeru est froidement éliminé. Tatari décide alors de prendre la place du garçon pour démasquer ses assassins. Sept tomes plus tard, ce mensonge tendre s’est mué en quête vengeresse à l’échelle d’un clan.
Publié dans la collection Shōnen de Glénat Manga au rythme soutenu d’un volume tous les deux mois depuis le début de l’année — un calendrier rare, qui dit la confiance de l’éditeur dans la série —, Tatari trouve avec ce septième opus son point d’équilibre le plus précieux : après un Tome 6 qui avait posé l’embuscade, Watari livre ici la déflagration, et tient ouvertes toutes les voies du suivant.
A lire !!
Résumé éditeur
Tatari a été poignardé par sa petite sœur Yuki, contrôlée par un yokai. Avant de s’effondrer, il la confie à Futaba… Alors que la situation semble désespérée, Setsuna, la mère des neiges, effectue un retour inattendu. Pendant qu’Olijigard et Reden font face à l’âge stupéfiant que leur révèle un « secret » qu’ils vont apprendre, la stratégie de Sha Lu place tout le monde en position défensive. Tatari survivra-t-il au coup de couteau qu’il a reçu ?!
Fiche éditeur
Tatari – Tome 7
Scénario & dessin : Watari
Éditeur : Glénat Manga (collection Shōnen)
Genre : shōnen, action, fantastique
Format : Souple, 11,5 x 18 cm, 208 pages
Date de parution : 3 juin 2026
EAN : 9782344072905
Prix : 7,20 €