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[MANGA] Arbos Anima – Tome 6, de Kachou Hashimoto (Glénat)

Couverture Arbos Anima Tome 6 Kachou Hashimoto Glénat [MANGA] Arbos Anima, T6, de Kachou Hashimoto (Glénat)

Le tome 5 d’Arbos Anima est sorti en France en mai 2019, et rien n’a suivi pendant sept ans. On pouvait raisonnablement croire la série abandonnée. L’explication est venue du Japon : Tokuma Shoten avait arrêté les frais après le tome 5, publié là-bas en décembre 2018. Kachou Hashimoto, autrice de Cagaster, a terminé son manga seule, en auto-édition, et l’a sorti en avril 2026, d’abord en numérique et en conventions. Glénat le publie le 26 août 2026 : 212 pages pour conclure le voyage botanique de Noah.

Lao, la maison Diva et les roses de l’impératrice

Le volume s’ouvre sur une traque. Le contrebandier Lao suit Noah à la trace, avec un objectif plus large : prendre le contrôle de la maison Diva pour le compte des Ascham. Hashimoto ne s’attarde pas à réinstaller la situation. Noah, de son côté, part chercher les « roses de l’impératrice », une dernière commande qui l’entraîne là où il vaudrait mieux ne pas aller.

Le don du chasseur de plantes — cette faculté de se synchroniser avec la mémoire des végétaux — trouve ici un vrai usage narratif, au-delà des séquences contemplatives. En plongeant dans ce que les plantes ont vu, Noah découvre l’histoire de son propre métier, peu reluisante. La série avait effleuré ce versant colonial sans vraiment s’y arrêter : les collectes du XIXe siècle, les serres européennes garnies au prix d’expéditions qui tenaient souvent du pillage. L’autrice choisit son dernier volume pour l’aborder frontalement.

Le père, l’angle mort de la série

L’autre fil, c’est la figure paternelle, présente en arrière-plan depuis longtemps et jamais tout à fait nommée. Le tome 6 la met au centre, sans coup de théâtre généalogique : les informations arrivent par petites touches, sur la longueur. Ce que Noah apprend ne le libère pas, ça lui donne plutôt des obligations.

On regrettera que Rudyard, l’ancien pirate devenu garde du corps, soit un peu sacrifié dans cette dernière ligne droite. Le duo qu’il formait avec Noah faisait beaucoup pour l’intérêt des premiers tomes ; il reste ici en retrait, cantonné à la logistique. Le tome 5 avait pourtant relancé la série autour d’Eve et de la famille Lescott. Six volumes, c’est peu pour tout mener à bien, et ça se voit.

Un dessin entre shonen, seinen et shôjo

Le dessin de Hashimoto reste difficile à ranger dans une case. Publiée dans Comic Ryû, magazine habitué aux auteurs atypiques, elle mêle les codes du shonen, du seinen et du shôjo sans que l’ensemble paraisse hétéroclite : traits fins et regards très travaillés côté shôjo, décors denses côté seinen, découpage nerveux dans les scènes de fuite. Restent les plantes.

Elles sont dessinées avec une précision d’herbier et occupent souvent des pages entières, où les personnages ne sont plus que de petites silhouettes. Ce rapport d’échelle est ce qui identifie le mieux Arbos Anima, et il sert le propos de la série : le végétal précède l’humain et lui survivra. On retrouve là ce que faisait Hashimoto dans Cagaster, dont nous avions chroniqué le dernier tome, avec les insectes.

Ce qu’il restera d’Arbos Anima

La question posée en quatrième de couverture — quelle marque Noah et ses amis vont-ils laisser derrière eux ? — vaut aussi pour la série elle-même. La critique ne l’a jamais placée au niveau de Cagaster. « Séduisante mais pas passionnante », lisait-on en 2019, et le reproche se comprend : l’intrigue mettait du temps à démarrer, le concept l’emportait sur le récit. Arbos Anima est restée un titre secondaire, y compris pour ses lecteurs fidèles.

Ce tome 6 ne compensera pas sept ans d’attente, mais il éclaire les longues collectes des débuts : ce qu’on avait pu trouver poussif prend son sens une fois la série terminée. On notera au passage que Hashimoto avait publié Cagaster sur son propre site, de 2005 à 2013, avant que Tokuma Shoten ne le reprenne en volumes ; elle achève Arbos Anima dans les mêmes conditions, en auto-édition. Une intégrale chez Glénat serait bienvenue : la série gagne à être lue d’une traite.

📖 Résumé de l’éditeur

Lao, le contrebandier, traque Noah et menace de prendre le contrôle de la maison Diva pour le compte des Ascham. Déterminé à accomplir sa mission, Noah se lance à la recherche des « roses de l’impératrice » malgré le danger. Plongé au plus profond de la mémoire des végétaux, il se confronte à la sombre histoire de son métier et à la figure mystérieuse de son père. Ce sixième volume conclut ce récit d’aventure et de collecte botanique. Quelle marque Noah et ses amis vont-ils laisser derrière eux ?

📚 Fiche éditeur

Scénario et dessin Kachou Hashimoto
Traduction Karine Rupp-Stanko
Éditeur Glénat Manga — collection Shonen
Date de sortie 26 août 2026
Prix 7,20 €
EAN 9782344076828
Pagination 212 pages
Format Souple, 133 × 181 mm, noir et blanc — tome final
NOS NOTES ...
Originalité
Scénario
Dessin
Plaisir de lecture
Gaël a créé Publik'Art en 2009. Notaire de formation, il est responsable de la rubrique BD et gère l'administration du site (webmaster). Il vit dans le sud de la France d'où il anime le webzine avec les membres de la rédaction, présente sur la majeure partie de l'hexagone : Paris, Bayonne, Montpellier, Lille, Lyon.
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