Les Rustres : la farce de Carlo Goldoni portée par l’incomparable Christian Hecq, ce soir sur France 2

Les Rustres : le manifeste en forme de farce de Carlo Goldoni

Les Rustres : la farce de Carlo Goldoni portée par l’incomparable Christian Hecq

Cette pièce diffusée ce soir sur France 2 (0h05) a été enregistrée en décembre 2015 au Théâtre du Vieux-Colombier.  Il s’agit d’un manifeste en forme de farce de Carlo Goldoni qui n’a rien perdu de son potentiel comique et contestataire sur fond de guerre des sexes et d’une bourgeoisie finissante incapable d’évoluer. Où la clairvoyance des femmes finit par triompher du despotisme conjugal et familial dans un arbitrage jubilatoire entre Christian Hecq et Clotilde de Bayser.

Date : 31 mai 2018 sur France 2 à 0.05
Metteur en scène : Jean-Louis Benoit

Dans l’Italie du XVIIIè siècle, quatre rustres qui incarnent à eux seuls les différentes facettes d’un même caractère : l’autoritarisme, sont à l’œuvre. Brutaux, bornés, bourrus, goujats, c’est une véritable tyrannie qu’ils exercent au sein de leur famille où les femmes, recluses, sont interdites de toute réjouissances en cette fin de carnaval.

[…] Cette pièce aux dialogues épiques et savoureux, entre en résonance aujourd’hui avec notre époque […]

Exerçant leur absolutisme masculin, deux des quatre rustres ont décidé de marier ensemble leurs enfants. Personne ne doit savoir…tout juste leurs femmes maintenues dans la soumission et une obéissance d’un autre âge.

Mais les femmes parlent et se liguent pour que les jeunes gens puissent se voir avant la signature du contrat.

A la découverte du pot aux roses, le dilemme va se poser pour ces hommes jaloux de leur toute puissance : marier les enfants coûte que coûte ou les enfermer à jamais dans des lieux reclus, avec leurs désobéissantes mères ?.

Question à laquelle le plaidoyer d’une femme en quête d’harmonie finira par répondre.

Cette pièce de Goldoni aux dialogues épiques et savoureux, entre en résonance aujourd’hui avec notre époque où l’émancipation des femmes dans le monde reste un combat actuel, tout comme une société éclairée à l’échelle planétaire.

La mise en scène classique mais sur un ton burlesque de Jean-Louis Benoit est au plus près du caractère des personnages et de leur démesure. Elle exploite avec force les enjeux de l’intrigue alimentée par chacun des protagonistes où entre portes qui claquent et rebondissement, s’imprime une mécanique enjouée et bien rythmée.

[…] Une comédie échevelée pour rire mais pas que […]

Une tonalité comique qui laisse aussi entrevoir la face cachée des personnages en y dévoilant leur faille et leur faiblesse.

La troupe du Français se montre au diapason. Elle est emmenée par Christian Hecq en rustre casanier de la plus belle espèce dans le rôle de Lunardo où son jeu ubuesque et singulier fait sensation, tandis que Clotilde de Bayser (Felice) est une parfaite effrontée pour asséner aux Rustres son habile plaidoirie.

Quant à Rebecca Marder qui joue Lucietta, le fille de Lunardo, elle fait une entrée remarquée dans la troupe et Christophe Montenez, son prétendant, se révèle pour sa part désopilant dans l’incarnation de Filippetto, sous l’emprise castratrice de son père Maurizio.

Une comédie vénitienne échevelée pour rire mais pas que ! et qui reste toujours d’actualité.

Note
Originalité
Scénographie
Mise en scène
Jeu des acteurs
Amaury Jacquet
Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

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