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Amaury Jacquet

Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

« I will survive » : rire nerveux et malaise garanti

Avec I Will Survive, Les Chiens de Navarre rappellent une vérité simple : quand la réalité devient trop absurde pour être racontée, il ne reste plus qu’à l’exagérer pour qu’elle redevienne audible. Jean-Christophe Meurisse l’a bien compris : l’outrance n’est pas une facilité, mais un outil — une loupe déformante pour mieux scruter les recoins les plus gênants de la société française. Et c’est justement parce qu’il observe si finement qu’il grossit si fort.

Aux Molières, des récompenses qui dessinent un théâtre fertile

La scène, ce soir-là, avait des allures de carrefour électrique où le théâtre français, dans ses contradictions les plus fécondes, venait se regarder en face. La cérémonie des Molières 2026, portée par l’ironie affûtée d’Alex Vizorek, n’a pas tant cherché à célébrer qu’à révéler toute sa diversité. Sous les ors décomplexés de la tradition, quelque chose vibrait, la nécessité de toujours espérer et un désir renouvelé de brûler les planches autrement

« Potiche » ou l’aria secrète d’une femme que l’on croyait docile

Avec "Potiche", la mécanique boulevardière signée Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy trouve sous la direction de Charles Templon une seconde peau, à la fois lustrée et légèrement fendillée, comme ces porcelaines trop parfaites pour être honnêtes. Le vernis brille, mais quelque chose insiste en dessous, une ligne de fracture à peine visible, et c’est là que la mise en scène devient percutante

Le pacte puissant des petites filles modernes de Joël Pommerat

Avec "Les petites filles modernes (titre provisoire)", Joël Pommerat poursuit son exploration de l’enfance et de l’adolescence, mais en en déplaçant nettement le centre de gravité. Là où ses précédentes incursions s’attachaient à démonter les récits fondateurs ou à en révéler les failles, cette nouvelle création assume pleinement le surgissement du fantastique comme réponse à l’insuffisance du réel.

Des vies à contre-jour du silence

Un désir qui se dit avec pudeur, parfois avec une franchise presque désarmante, et qui vient fissurer nos représentations les plus tenaces. Ce que met en jeu Mohamed El Khatib dans "La vie secrète des vieux", c’est moins la vieillesse que notre incapacité à la penser autrement que comme un effacement.

« Africa Fashion » : la mode comme récit d’un continent

Au musée du quai Branly, "Africa Fashion" ne se contente pas de défiler : elle habite. Elle palpite comme une archive vivante, tendue entre mémoire textile et fièvre contemporaine. Dès les premières vitrines, quelque chose se déplace, non pas un regard exotisant, mais une bascule. Le tissu cesse d’être décor : il devient langue, manifeste, territoire

Paul Nizon, au point vif de l’existence

Chez Paul Nizon, 97 ans, persiste quelque chose d’irréductible, une manière de vivre l’écriture comme une écharde enfoncée sous la peau. Avec "Le clou dans la tête", dernier volet de son journal publié chez Actes Sud, il ne se contente pas de consigner le temps qui passe. Il le fore, il le creuse, il le met en perspective à l’aune d'une vie d'écriture.

Notre Sélection

« I will survive » : rire nerveux et malaise garanti

Avec I Will Survive, Les Chiens de Navarre rappellent une vérité simple : quand la réalité devient trop absurde pour être racontée, il ne reste plus qu’à l’exagérer pour qu’elle redevienne audible. Jean-Christophe Meurisse l’a bien compris : l’outrance n’est pas une facilité, mais un outil — une loupe déformante pour mieux scruter les recoins les plus gênants de la société française. Et c’est justement parce qu’il observe si finement qu’il grossit si fort.

Aux Molières, des récompenses qui dessinent un théâtre fertile

La scène, ce soir-là, avait des allures de carrefour électrique où le théâtre français, dans ses contradictions les plus fécondes, venait se regarder en face. La cérémonie des Molières 2026, portée par l’ironie affûtée d’Alex Vizorek, n’a pas tant cherché à célébrer qu’à révéler toute sa diversité. Sous les ors décomplexés de la tradition, quelque chose vibrait, la nécessité de toujours espérer et un désir renouvelé de brûler les planches autrement