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Amaury Jacquet

Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

Christos Papadopoulos transforme le souffle en ivresse collective

Christos Papadopoulos transforme le souffle en ivresse collective Il y a chez Christos Papadopoulos une manière de faire surgir le vertige à partir de presque...

Au Reno Sweeney, les oubliées deviennent des icônes

Dans le cabaret spectral imaginé par Pierre Maillet, les fantômes ne reviennent pas hanter les vivants : ils chantent, se maquillent, délirent et transforment leur propre ruine en cérémonie pop. Deux anciennes mondaines new-yorkaises, Edith Bouvier Beale et sa fille « Little Edie », tante et cousine germaine de Jackie Kennedy, vivent recluses dans leur manoir délabré de Grey Gardens. Entre souvenirs aristocratiques, chansons, disputes et rêveries fantasmées, elles transforment leur chute sociale en cabaret halluciné.

Adya et Otto van Rees, l’avant-garde en perpétuel mouvement

Dans les salles du Musée de Montmartre, les couleurs semblent arriver avant les œuvres. Elles flottent, avancent par vagues, par fractures, par éclats successifs, comme si tout le premier XXe siècle européen s’était dissous dans une même vibration picturale. "Adya & Otto van Rees. Au cœur des avant-gardes" ne raconte pas seulement le parcours d’un couple d’artistes ; l’exposition donne à voir un art en état de mutation permanente, un art qui refuse obstinément de se fixer. Ici, chaque toile paraît quitter une esthétique au moment même où elle s'en appart.

Anne Teresa De Keersmaeker et Solal Mariotte sous le ciel battant de Brel

Dans la pénombre nue du plateau, quelque chose d’emblée résiste au musée. Il aurait été si facile de transformer Jacques Brel en relique nationale, en bloc de nostalgie francophone livré aux trémolos convenus. Or, avec "BREL", Anne Teresa De Keersmaeker et Solal Mariotte accomplissent exactement l’inverse. Ils désossent le monument pour retrouver le battement intérieur de la langue, sa nervure physique, son urgence presque animale. Ici, Brel n’est jamais illustré. Il circule dans les corps comme une fièvre rythmique.

« Sèvres, une passion Rothschild » : l’emblème d’un raffinement absolu

À travers les vitrines feutrées de l’exposition « Sèvres, une passion Rothschild. De la Villa Ephrussi à Paris », la porcelaine cesse d’être un art décoratif pour devenir une cartographie d’une histoire en art majeur. Chaque assiette, chaque vase, chaque service semble porter la trace d’une civilisation de l’œil où collectionner relevait moins de la possession que d’une forme de mise en scène du monde.

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