Most recent articles by:

Amaury Jacquet

Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

« I will survive » : rire nerveux et malaise garanti

Avec I Will Survive, Les Chiens de Navarre rappellent une vérité simple : quand la réalité devient trop absurde pour être racontée, il ne reste plus qu’à l’exagérer pour qu’elle redevienne audible. Jean-Christophe Meurisse l’a bien compris : l’outrance n’est pas une facilité, mais un outil — une loupe déformante pour mieux scruter les recoins les plus gênants de la société française. Et c’est justement parce qu’il observe si finement qu’il grossit si fort.

Le couple, cette maison hantée au Théâtre du Rond-Point

Avec "Scènes d’intérieur", de Mélanie Leray et Édouard Delelis, l’ombre portée de Henrik Ibsen plane sans jamais s’imposer frontalement. La pièce se dit « librement inspirée » d’"Une maison de poupée" — et c’est peut-être dans ce mot, librement, que réside tout l’enjeu : non pas refaire Ibsen, mais sonder ce qu’il reste aujourd’hui de cette maison trop bien rangée pour ne pas être déjà fissurée.

« Clair-obscur » — quand l’ombre éclaire le présent à la Bourse de Commerce

À la Bourse de Commerce, l’exposition « Clair-obscur » s’apparente à une étonnante traversée crépusculaire où une centaines d'oeuvres d'artistes de la Collection Pinault s'y dévoilent. Pour une traversée d’une matière première presque métaphysique, organique : la lumière. Ou plutôt cette part d’ombre qui la rend visible aux confins perceptibles de l’inconscient.

Julie Deliquet s’empare de la Colline

Depuis sa fondation, "La Colline" s’est voulue le bastion des écritures contemporaines — un théâtre qui regarde le présent droit dans les yeux plutôt que de le contempler dans le rétroviseur. Confier l'instituion à Julie Deliquet revient à pousser cette logique un cran plus loin. Car son théâtre n’a jamais été celui du commentaire mais celui de l’immersion : une manière de faire surgir la politique à même les corps, dans la friction des voix, dans la vibration très concrète du collectif

« L’Art d’avoir toujours raison » : quand la novlangue prend le pouvoir

Le spectacle commence comme une conférence. Il finit comme un constat imparable. Dans "L’Art d’avoir toujours raison", Sébastien Valignat et Logan de Carvalho ont la bonne idée de transformer le théâtre en salle de formation pour candidats en campagne.

Josef Albers : la patience du visible

Josef Albers : la patience du visible L’exposition "Duets" à la galerie David Zwirner s’inscrit dans une continuation naturelle de l’exploration albersienne à Paris après la...

Comédie pop et guerre des nerfs : « Les Femmes savantes » en direct au cinéma

Emma Dante s’empare des "Femmes savantes" comme d’un matériau instable, à la fois sacré et explosif. Entre esthétique pop, débordement des corps et férocité comique, la metteuse en scène fait vaciller le salon moliéresque pour révéler ce qu’il contient de violence, de plaisir et de chaos. Pour un classique remis en danger — et donc, pleinement vivant.

« Cochons d’Inde » : Sébastien Thiéry fait vaciller la normalité

l existe un théâtre du rire. Et puis il existe ce territoire plus trouble où le rire devient un symptôme. C’est précisément là avec "Cochons d'Inde" que s’installe l’écriture de Sébastien Thiéry : dans cette zone incertaine où la comédie ne cherche plus seulement à divertir, mais à révéler la mécanique invisible qui régit nos vies.

Notre Sélection

Avec « Satyagraha », l’Opéra de Paris ouvre un champ de bataille intérieur

À l’Opéra de Paris, "Satyagraha" de Philip Glass entre enfin au répertoire dans une production qui déplace radicalement ses lignes de force. En confiant la mise en scène et la chorégraphie à Bobbi Jene Smith et Or Schraiber, l’œuvre quitte le territoire du récit pour devenir une expérience physique et sensorielle, où la non-violence se conquiert dans la tension, la répétition et l’épuisement.