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Amaury Jacquet

Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

« Africa Fashion » : la mode comme récit d’un continent

Au musée du quai Branly, "Africa Fashion" ne se contente pas de défiler : elle habite. Elle palpite comme une archive vivante, tendue entre mémoire textile et fièvre contemporaine. Dès les premières vitrines, quelque chose se déplace, non pas un regard exotisant, mais une bascule. Le tissu cesse d’être décor : il devient langue, manifeste, territoire

Paul Nizon, au point vif de l’existence

Chez Paul Nizon, 97 ans, persiste quelque chose d’irréductible, une manière de vivre l’écriture comme une écharde enfoncée sous la peau. Avec "Le clou dans la tête", dernier volet de son journal publié chez Actes Sud, il ne se contente pas de consigner le temps qui passe. Il le fore, il le creuse, il le met en perspective à l’aune d'une vie d'écriture.

« L’Art d’avoir toujours raison » : quand la novlangue prend le pouvoir

Le spectacle commence comme une conférence. Il finit comme un constat imparable. Dans "L’Art d’avoir toujours raison", Sébastien Valignat et Logan de Carvalho ont la bonne idée de transformer le théâtre en salle de formation pour candidats en campagne.

« Le Misanthrope » hors cadre de Tigran Mekhitarian

Chez Molière, la colère a souvent les habits du rire. Tigran Mekhitarian choisit de les déchirer. Son Misanthrope ne s’ouvre pas comme une pièce, mais comme une irruption. Quelque chose déboule, moteur encore chaud, et vient heurter de plein fouet l’ordre feutré du théâtre. Le classique n’est plus un sanctuaire. C’est un terrain de friction.

Yasmina Reza : chroniques à vif d’un monde sans fard

Il y a chez Yasmina Reza une manière de saisir le réel comme on attrape une ombre à la volée, avec ce mélange d’instinct et de précision qui relève presque de la prestidigitation. Dans « Récits de certains faits », elle avance à pas feutrés dans des territoires minuscules en apparence, mais où tout tremble, où tout s’expose.

Brion Gysin, la vision en éclats

Il flotte sur cette exposition "Brion Gysin, Le dernier musée" une sensation étrange, presque anachronique, comme si l’on pénétrait dans un musée qui aurait oublié de devenir sage. Brion Gysin n’y apparaît pas tant comme une figure historique que comme une secousse persistante, un artiste qui n’aurait jamais accepté de se laisser refermer dans la vitrine du XXe siècle.

« L’Ordre du jour », ou la fabrique silencieuse du désastre

Il y a, chez Éric Vuillard, une manière de faire vaciller l’Histoire en la regardant de biais, par la couture impeccable des détails. Et il fallait un orfèvre du souffle collectif pour transposer "L'ordre du jour", cette prose acide au plateau. Jean Bellorini relève le défi avec une gravité joueuse, presque musicale, porté par la troupe de la Comédie-Française.

Calder ou la gravité enchantée à la Fondation Vuitton

Il y a chez Alexander Calder une manière de défier le monde sans jamais le contredire frontalement. À la Fondation Louis Vuitton, l’exposition "Calder. Rêver en équilibre" ne cherche pas à monumentaliser l’artiste, elle le met en apesanteur. Littéralement

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