American Nightmare 4: les origines, l’épisode de trop?

American Nightmare 4
American Nightmare 4, film de Gerard McMurray, Copyright Universal Pictures International France

American Nightmare 4, les origines, l’épisode de trop?

Le principe de la franchise American Nightmare a toujours mis en avant les plus basses pulsions humaines au coeur du pays le plus riche du monde. En autorisant les habitants des Etats-Unis à tuer sans vergogne 12 heures durant sans qu’aucune poursuite ne soit engagé contre quiconque, le gouvernement ultra conservateur des Nouveaux Pères Fondateurs garantit autant la baisse de la criminalité que la disparition d’une grande partie de ceux qu’ils considèrent comme inutiles et nuisibles. Ce qui a très bien fonctionné dans le très bon premier volet et un peu moins bien dans les deux suites sent maintenant le recyclé, voire la formule vacharde. Toujours le même psychopathe de service, le chevalier blanc, les victimes expiatoires et les méchants dirigeants. La métaphore est un peu éculée, sauf peut être pour ceux qui verront cet épisode sans avoir vu les précédents. Et il y en a.

Un film horrifique au principe de base passionnant

L’île de Staten island à New York sert de contexte à une première expérimentation de la Purge. Avec ses cités mal famées, son trafic de drogue et ses pauvres en pagaille, le gouvernement sent le bon filon, avec ce ressentiment chevillé au corps qui permettrait la plus pure expression de la violence cachée en chacun. Et les Nouveaux Pères Fondateurs ne se trompent pas, dès le premier crime perpétré, c’est une escalade sans fin. Le réalisateur Gerard McMurray déjà auteur de l’excellent Fruitvale Station quitte les terrains du film d’auteur surpuissant pour une réalisation qui reprend les codes mais sans rien n’apporter de nouveau, avec le risque de frôler la caricature. Les milices blanches se mêlent à la partie pour supprimer violemment les habitats cloitrés chez eux pendant que les serial killers en puissance hantent les rues revêtus de leurs masques horrifiants. Le film n’évite aucun écueil, les pauvres sont noirs, les milices sont blanches et les cagoules du Klu Klux Klan se mêlent à la fête. Plus d’ambivalence du tout et une réflexion sociologique réduite à sa portion congrue. Surtout que le chevalier blanc est un dealer notoire qui a fait fortune dans le commerce de la drogue, mais cette Purge met à mal à son business, il se rebiffe et casse du milicien. Difficile de croire à une maxime au final tant le film quitte les rivages de la projection hypothétiquement crédible pour se complaire dans un conflit binaire entre riches bancs et pauvres noirs.

American Nightmare 4: Les Origines tente de relancer la franchise, sans succès. L’intrigue se résume à un survival movie où quelques individus se battent pour ne pas finir en chair à pâtée. C’est du déjà vu et l’originalité bienvenue des premiers épisodes n’est plus qu’un lointain souvenir, hélas.

SYNOPSIS ET INFOS

American Nightmare 4
American Nightmare 4

Pour faire passer le taux de criminalité en-dessous de 1% le reste de l’année, les « Nouveaux Pères Fondateurs » testent une théorie sociale qui permettrait d’évacuer la violence durant une nuit dans une ville isolée. Mais lorsque l’agressivité des tyrans rencontre la rage de communautés marginalisées, le phénomène va s’étendre au-delà des frontières de la ville test jusqu’à atteindre la nation entière.

Sortie : le 4 juillet 2018
Durée : 1h38
Réalisateur : Gerard McMurray
Avec : Y’lan Noel, Lex Scott Davis, Joivan Wade
Genre : Thriller, Epouvante-horreur

BANDE ANNONCE

Note
Originalité
Mise en scène
Réalisation
Jeu de acteurs
Stanislas Claude
Rédacteur ciné, théâtre, musique, BD, expos, parisien de vie, culturaddict de coeur. Fondateur et responsable du site Culturaddict, rédacteur sur le site lifestyle Gentleman moderne. Stanislas a le statut d'érudit sur Publik’Art.

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