La colère d’un homme patient, un revenge movie à la sauce espagnole

La colère d'un homme patient
La colère d’un homme patient, film de Raúl Arévalo, Copyright EOne Films Spain

La colère d’un homme patient, un revenge movie à la sauce espagnole

Le film La colère d’un homme patient offre peu de sourires et de joie de vivre, le ton est plutôt aux mâchoires serrées et aux regards intenses. Le héros José interprété par le toujours excellent Antonio de la Torre a trop attendu pour ne pas laisser éclater sa soif de vengeance une fois que l’occasion se présente enfin. Le réalisateur Raul Arévalo fait naitre une ambiguité retorse dans l’esprit du spectateur tant la folie meurtrière du quidam vengeur interroge sur son aveuglement bestial. Le tout dans un film qui se laisse le temps, au risque de manquer de rythme.

La vengeance est un plat qui se mange froid

Le premier tiers du film a le mérite de dispenser les raisons de cette juste vengeance à doses comptées. Un personnage attend au volant d’une voiture des complices auteurs d’un braquage aux conséquences incalculables. La course poursuite qui s’en suit est un modèle du genre, sans effets spéciaux ni explosions mais avec une vraie tension étouffante au coeur du véhicule, bien loin de ses exemples hollywoodiens style Fast & Furious et compagnie. Le spectateur est un peu perdu mais comprend vite que le hold-up n’est qu’un flashback à l’origine de tout ce qui va suivre. Curro (Luis Callejo) finit seul en prison, pour 8 longues années loin de sa femme et de son fils, et purge sa peine. Un homme mystérieux dénommé José (Antonio de la Torre) va se servir de lui pour éliminer un à un ses complices coupables d’un crime odieux. La colère d’un homme patient rappelle alors tous ces westerns surannés où un homme seul règle leur compte à d’immondes crapules sans foi ni loi. Sauf que ce film ajoute une bonne dose d’ambiguité entre les raisons compréhensibles du vengeur revanchard et l’eau qui a coulé sous les ponts pour les auteurs du crime crapuleux. Jusqu’à interroger sur la moralité de ses actions et la logique de cette ligne rouge qu’il franchit allègrement.

Et le pardon, ça existe?

Le réalisateur Raul Arévaldo commet ici son premier film après de nombreux rôles marquants comme dans Les amants passagers d’Almodovar ou La Isla Minima d’Alberto Rodriguez. 10 ans se seront écoulés entre l’idée du film inspirée d’une histoire vraie et sa concrétisation. Après avoir entendu le client d’un bar réagir vertement à l’annonce d’un crime atroce en proclamant qu’il prendrait un fusil et ferait un carnage pour venger sa famille, l’idée nait et prendra son temps pour se concrétiser. Au final, le film rappelle les bons vieux opus de Sam Peckinpah, avec ses geysers de sang aussi inopinés qu’irrémédiables. Mais l’image du justicier s’évapore devant des excès de violence incontrôlables. Est-ce vraiment de la justice que de régler ses comptes aussi abruptement? La question a le temps de se poser tant le film multiplie les longues plages de langueur, peut être à l’excès. Le parcours de José hypnotise le spectateur, ne laissant de le faire réfléchir à la légitimité d’un comportement plus près de la folie que du discernement.

La colère d’un homme patient a tout de l’exercice de style pour un réalisateur novice s’essayant avec talent à l’exécution de son premier opus. Pour un résultat séduisant même si imparfait. Certains se rappelleront du même Antonio de la Torre dans le Balada Triste d’Alex de la Iglesia où il était déjà sérieusement barré, mais pour d’autres raisons.

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La colère d'un homme patient
La colère d’un homme patient

Un homme attend huit ans pour se venger d’un crime que tout le monde a oublié.

Sortie : le 26 avril 2017
Durée : 1h32
Réalisateur : Raul Arévalo
Avec : Antonio de la Torre, Luis Callejo, Ruth Diaz
Genre : Thriller, Drame

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Note
Originalité
Mise en scène
Réalisation
Jeu des acteurs
Stanislas Claude
Rédacteur ciné, théâtre, musique, BD, expos, parisien de vie, culturaddict de coeur. Fondateur et responsable du site Culturaddict, rédacteur sur le site lifestyle Gentleman moderne. Stanislas a le statut d'érudit sur Publik’Art.

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