Comancheria
Comancheria, photo : Chris Pine et Ben Foster

Comancheria : braquer sa banque pour solder ses comptes (Festival de Cannes 2016)

Réalisé par David Mackenzie, Comancheria (titre original : Hell or High Water) faisait partie de la sélection “Un certain regard” de cette 69e édition du Festival de Cannes. Un film où des cowboys braquent leur banque pour solder leurs comptes.

Ils sont frères. Tanner (Ben Foster) sort tout juste de prison et retrouve le ranch familial. Durant son séjour carcéral, son petit frère Toby (Chris Pine) a dû gérer les mauvais coups du sort, notamment la maladie qui a emporté leur mère. Endetté jusqu’à l’os et pour se venger de sa banque d’avoir tiré parti de la détresse de sa mère, Toby décide de braquer les agences de l’établissement. Les plus petites d’entre elles. Que des petites coupures pour ne pas être traçables. Avec ça, il pourra éponger ses dettes et lever l’hypothèque prise sur le ranch. Comme pour se racheter de son absence, Tanner accepte avec plaisir de participer au plan pour aider son frère.

Dans ce Far-West des temps modernes, Comancheria orchestre une chasse à l’homme entre rangers et braqueurs. Les premiers attendent que les seconds commettent le casse de trop, l’erreur qui les perdra. Alors que l’enquête piétine, le vieux Marcus veut faire confiance à ses intuitions : le ranger magistralement interprété par Jeff Bridges (True Grit, The Big Lebowski) semble avoir flairé le profil des criminels. Il décide de les attendre à la prochaine agence du coin.

Avec un sens de la formule hors pair, le scénario offre des dialogues aiguisés, drôles et percutants. L’ornement idéal pour un récit qui demeure noir. Bien que l’on devine une issue dramatique, tout est fait pour cultiver les sentiments. Que l’on soit flic ou voyou, on s’attache à ces personnages au verbe haut. Et on aimerait presque que tous rentrent à la maison sains et saufs.

Abordant de nombreux sujets avec l’air de ne pas y toucher (l’histoire de ces terres qui appartenaient aux indiens, l’exploitation des sols qu’on y fait, le capitalisme aveugle et absurde, le port des armes….) Comancheria ne manque pas de fond. Mais c’est surtout la forme et le soin apporté aux dialogues qui convainquent. Entre rires et suspense, ce western surprend autant qu’il séduit. David Mackenzie (Les Poings contre les murs, Citadel, Perfect Sense) est décidément un réalisateur sur qui il faut compter.

Le film aurait mérité une récompense, mais c’est le film The Happiest Day in The Life of Olli Mäki de Juho Kuosmanen qui a été préféré pour le prix Un Certain Regard.

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ComancheriaAprès la mort de leur mère, deux frères organisent une série de braquages, visant uniquement les agences d’une même banque. Ils n’ont que quelques jours pour éviter la saisie de leur propriété familiale, et comptent rembourser la banque avec leur propre argent. A leurs trousses, un ranger bientôt à la retraite et son adjoint, bien décidés à les arrêter.

Sortie : indéterminée
Durée : 1h42
Réalisateur : David Mackenzie
Avec : Jeff Bridges, Chris Pine, Ben Foster
Genre : Drame, thriller

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NOS NOTES ...
Originalité
Scénario
Réalisation
Jeu des acteurs
Gaël Bissuel
Gaël a créé Publik'Art en 2009. Notaire de formation, il est responsable de la rubrique BD et gère l'administration du site (webmaster). Il vit dans le sud de la France d'où il anime le webzine avec les membres de la rédaction, présente sur la majeure partie de l'hexagone : Paris, Bayonne, Montpellier, Lille, Lyon.

5 Commentaires

  1. Je viens de voir Comancheria et je suis admiratif. Ce film d’hommes, aride et crépusculaire, suscite des émotions puissantes et variées. Au plein coeur du Texas, deux cow boys écument les banques tandis qu’un vieux Marshall les poursuit tranquillement, attendant leur premier faux pas.

    Evocation de la misère sociale des petites gens et de la désespérance généralisée, hommage aux vénérables commanches premiers possesseurs de terres désolées, ce Comancheria est véritablement impressionnant.

    Quant à Jeff Bridges, Ben Foster et la surprise Chris Pine (souvent plongé dans des rôles plus que moyens), ils sont parfaits. Vraiment une pépite à découvrir. Bien content de l’avoir rattrapé. Article prochainement sur Publik’Art. 4/5.

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