Deadpool
Deadpool : Photo Ryan Reynolds, ©Twentieth Century Fox

Deadpool, le film régressif de Tim Miller

Deadpool débarque sur les écrans avec son costume rouge sang et ses répliques qui tuent. Il fanfaronne non stop dans une farandole de sauts périlleux et de gunfights meurtriers. Ca tire dans tous les sens, ça dézingue… pendant 2 heures. Répétitif ? Oui, un peu. Les fans de la BD retrouveront l’impertinence du héros et son langage fleuri. L’esprit super héros est quelque peu égratigné par ce lone wolf en quête de vengeance. Le sort du monde n’est pas à l’ordre du jour. La salle se gausse en continu dans un esprit de légèreté assumée. Il faut juste être prévenu. Le film est violent et vulgaire. C’est la mode…

Wade Wilson est un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Il enquille les missions et rencontre la belle Vanessa pour une existence de volupté. Quand il apprend qu’un cancer incurable se propage dans son corps, il ose l’opération de la dernière chance pour devenir un mutant indestructible. Défiguré par le responsable de sa transformation, il décide de se venger avec fracas.

Deadpool est un vrai moment de vacuité revendiquée.

Deadpool est un vrai moment de vacuité revendiquée. Les réparties fusent, les références s’accumulent, les “crampes” font la loi. Anti-héros assumé, Deadpool ne sert pas la justice mais sa propre cause. Les dégâts collatéraux sont quantité négligeable et les morts s’accumulent dans une sarabande de blagues graveleuses. Ryan Reynolds semble beaucoup s’amuser dans ce rôle inconséquent et scatologique. Les fans se plieront en 4 devant des boutades pipi caca… Séance de détente dans un univers Marvel toujours trop sérieux avec ses luttes planétaires. Les amis du Professeur Xavier débarquent, Colossus et Negasonic Teenage Warhead jouent les utilités, participant allègrement à la distribution de tatannes. Deadpool est comme une sucrerie, il apporte du réconfort mais il fait mal aux dents.

L’univers Marvel regorge de héros mythiques mais compte très peu de vilains petits canards. Loin de l’image héroïque généralement associée aux braves super héros combattant les mutants scélérats, Deadpool se positionne en lone wolf solitaire aux méthodes assez particulières. Forcément sommaires et expéditives. La BD ravit les fans amateurs de trash, le film leur en mettra plein les yeux. Le scénario pêche par une facilité confondante. Le premier degré fait la loi et la subtilité est restée au vestiaire. Et comme le héros est aussi indestructible que le méchant Francis, la distribution de coups dure aussi longtemps que le combat final de Man of Steel. Avec là aussi un dernier coup de pistolet aussi complaisant que l’étranglement de Superman sur Zod. Tout ça pour ça…

La grande différence entre Deadpool et ses amis mutants tient dans la trashitude assumée des situations et des dialogues. Les personnages multiplient les mots d’humour sous la ceinture et s’invectivent constamment à grands coups de Ass / Fuck / Butt / Bottom et j’en passe. Les 5 premières minutes sont surprenantes, le ton est aux insultes continues. A la longue, la lassitude pointe… Quant à la violence visible et exacerbée, Kick Ass est déjà passé par là, pas vraiment d’originalité dans ces images de cerveaux qui giclent et de geysers de sang. Les effets spéciaux auront du mal à aller beaucoup plus loin. Le fond vert règne sous ces images de porte-avions qui s’effondre. C’était impressionnant il y a 10 ans, un scénario plus profond fait maintenant la différence.

Pas beaucoup de profondeur dans ce moment de récréation régressive et addictive. Le contrat est rempli niveau coups dans la face. Mais ce Deadpool n’est pas vraiment la révolution attendue. Il aurait fallu payer un meilleur scénariste que ça…

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Deadpool

Deadpool, est l’anti-héros le plus atypique de l’univers Marvel. A l’origine, il s’appelle Wade Wilson : un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d’un humour noir survolté, Deadpool va traquer l’homme qui a bien failli anéantir sa vie.

Date de sortie: le 10 février 2016
Durée : 01h49
Réalisateur : Tim Miller
Avec : Ryan Reynolds, Morena Baccarin, Ed Skrein

 

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1 COMMENTAIRE

  1. Hélas ça fait 8 ans que le scénario ne fait plus la différence. Celui de Deadpool est vraiment très simple, et la structure du récit sympathique a déjà été vu des dizaines de fois… oui, mais depuis combien de temps on ne fait que voir bien pire ? Civil War est hyper linéaire par exemple, et réussit pourtant à être incohérent… et malgré 1/2h à nous assurer que l’enjeu est important, c’est très bien fait techniquement avec des acteurs qui font des tronches de 6 pieds de long pour nous embobiner, ça reste basé sur “c’est mon copain”.
    Ce qu’on peut espérer c’est que ce film, même aussi simple qu’il est, soit copié par les plus grosses productions qui dépensent tout leur argent pour pouvoir éviter de faire un scénario contenant des enjeux clivants. Le matériau de base de Deadpool est très léger (on pourra peut-être voir plus dans un 2è film sur les gros troubles psychologiques du personnage), alors que le thème de la divinité chez DC, le thème de la mort dans la saga Infinity reprise par les Avengers sont très riches sur le papier. Ce qui est anormal c’est que ce tout petit film sur Deadpool, sans aucune prétention, dise plus que toute la production de super-héros depuis The Dark Night, Watchmen et même The Incredibles (écrit pour des enfants… Civil War a manifestement été écrit PAR des enfants), avec des acteurs qui jouent à être sérieux et un ton extrêmement prétentieux (prétention justifié par le matériau de base d’ailleurs, ce qui est d’autant plus décevant).

    C’est la seule chose qui manque à cet article : Deadpool est un tout petit film, et pourtant il est 3 fois meilleur que les grosses productions qui l’entourent.

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